79didou
Maître Poète
C’est un après-midi comme un autre
Rien de véritablement extraordinaire
Entre deux piles de dossier à abattre
Je cale sèchement d’avoir trop à faire
Inutile d’insister contre la méforme
Ma tête ne jure que par ses maux
Vite un brin d’air, c’est ma réforme
Je prends ma veste et fais un saut.
Le ciel cantonné dans ses draps gris
Grise la mine déconfite des passants
Le bruit des moteurs vrombissant
Assomme mes pas de pis en pis
Quelques passages cloutés plus loin
Me voici vautré à la table du bistrot
Je n’ai pas trop soif mais la au moins
Je ne sirote pas les chiffres du boulot
La serveuse comme une lettre majuscule
Ébauche dans son petit corps de femme
Un sourire à vous rendre tout minuscule
Un café bien serré s’il vous plait m’dame
Ma commande épinglée sur les murs
Je tâte les touches de mon téléphone
Il est vrai qu’à ne rien faire j’ai fière allure
C’est promis, je repars dés qu’il sonne
La cuillère au rythme d’un sonnet
Touille ma tasse fumante de sa crème
Je m’envoie une goutte dans le palais
Pas trop sucré, bien comme je l’aime
La rue défile sur les grands trottoirs
Sous les klaxons des craches fumée
Allez savoir si c’est bien mon cigare
Que j’inhale dans mes trachées
Telles de vraies horloges, les piétons
Jouent la pendule montre en main
Car rien ne sert de partir mais non
C’est la règle, Il faut courir à point
Je me prête alors à quelques jeux
En leurs inventant une destinée
Une histoire sans grands enjeux
Un scénario écrit à bras levé
A l’image de cette femme au caddie
Qui revient peut être de l’épicerie
Et qui s’en va cuisiner tous ses plats
Pour un mari casé dans d’autres bras
Ou bien cette petite fille qui attend
Qu’on vienne la chercher à l’école
Et qui seule à la sortie ne comprend
Pourquoi son père empeste l’alcool
Et cet homme cassé par le béton
Qui tend la main toute la journée
Et qui déguste pour tous les cons
Arracheurs de porte-monnaie
Ces gens qui se faufilent à l’anarchie
Entre les portes coulissantes du métro
Qui manquent de rejoindre le tombeau
Pour une minute de gagné dans une vie
Sans oublier ce garçon tout sauf trapu
Avec les trois cordes de sa vieille guitare
Troquant sa joie de vivre contre de l’égard
Depuis combien de temps au grand hasard
N’a-t-il mangé de repas à en être repu
C’est un après midi comme un autre
Rien de véritablement extraordinaire
Entre deux tasses de café à débattre
Je cale sèchement de ne rien pouvoir faire
Inutile d’insister contre la méforme
Ma tête ne jure que par ses mots
Vite un brin d’air, c’est ma réforme
Je prends ma veste et rentre au bureau.
Rien de véritablement extraordinaire
Entre deux piles de dossier à abattre
Je cale sèchement d’avoir trop à faire
Inutile d’insister contre la méforme
Ma tête ne jure que par ses maux
Vite un brin d’air, c’est ma réforme
Je prends ma veste et fais un saut.
Le ciel cantonné dans ses draps gris
Grise la mine déconfite des passants
Le bruit des moteurs vrombissant
Assomme mes pas de pis en pis
Quelques passages cloutés plus loin
Me voici vautré à la table du bistrot
Je n’ai pas trop soif mais la au moins
Je ne sirote pas les chiffres du boulot
La serveuse comme une lettre majuscule
Ébauche dans son petit corps de femme
Un sourire à vous rendre tout minuscule
Un café bien serré s’il vous plait m’dame
Ma commande épinglée sur les murs
Je tâte les touches de mon téléphone
Il est vrai qu’à ne rien faire j’ai fière allure
C’est promis, je repars dés qu’il sonne
La cuillère au rythme d’un sonnet
Touille ma tasse fumante de sa crème
Je m’envoie une goutte dans le palais
Pas trop sucré, bien comme je l’aime
La rue défile sur les grands trottoirs
Sous les klaxons des craches fumée
Allez savoir si c’est bien mon cigare
Que j’inhale dans mes trachées
Telles de vraies horloges, les piétons
Jouent la pendule montre en main
Car rien ne sert de partir mais non
C’est la règle, Il faut courir à point
Je me prête alors à quelques jeux
En leurs inventant une destinée
Une histoire sans grands enjeux
Un scénario écrit à bras levé
A l’image de cette femme au caddie
Qui revient peut être de l’épicerie
Et qui s’en va cuisiner tous ses plats
Pour un mari casé dans d’autres bras
Ou bien cette petite fille qui attend
Qu’on vienne la chercher à l’école
Et qui seule à la sortie ne comprend
Pourquoi son père empeste l’alcool
Et cet homme cassé par le béton
Qui tend la main toute la journée
Et qui déguste pour tous les cons
Arracheurs de porte-monnaie
Ces gens qui se faufilent à l’anarchie
Entre les portes coulissantes du métro
Qui manquent de rejoindre le tombeau
Pour une minute de gagné dans une vie
Sans oublier ce garçon tout sauf trapu
Avec les trois cordes de sa vieille guitare
Troquant sa joie de vivre contre de l’égard
Depuis combien de temps au grand hasard
N’a-t-il mangé de repas à en être repu
C’est un après midi comme un autre
Rien de véritablement extraordinaire
Entre deux tasses de café à débattre
Je cale sèchement de ne rien pouvoir faire
Inutile d’insister contre la méforme
Ma tête ne jure que par ses mots
Vite un brin d’air, c’est ma réforme
Je prends ma veste et rentre au bureau.