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Tu marches, soucieuse

rivière

Maître Poète
Tu marches, soucieuse,

Tu marches, soucieuse,
les bras noués contre ta poitrine,
ta chevelure de jais volette aux tercets du vent,


ta robe de lin s’accroche parfois
aux épines des roses,
les chênes s’inclinent devant toi,


l’azur te déroule des dais de lumière en ce jour de mai,
parfois, une mare te renvoie l'encens de ta beauté,
tes bas de soie brasillent,


et illuminent les sentes de la forêt,
tandis que sourd la scansion de tes escarpins,
mais peu te chaut ces détails,


des larmes coulent par à-coups sur tes yeux,
tu te souviens de tes cris de Jouissance
quand Jeanne, ton amante, qui n’est plus,


à genoux sur votre couche, glorifiait chaque jour
ta Chair si belle et si douce,
et te psalmodiait des hymnes d’amour et de tendresse


sur les rives de la Maine.
Tu arrives près du lac où tu as découvert, éblouie
les orgues de la Jouissance et de la tendresse.


Tu t’apprêtes à mourir,
quand un oiseau non loin de de toi,
entame des psaumes des liesse,


et récite le magnificat du monde.
Émue, tu renonces à ton funeste projet,
et tu murmures, les yeux vers les flots,


« je reviendrai chaque dimanche,
ma Vénérée,
le temps cicatrisera mes plaies » !


Sophie Rivière
 
Dernière édition:
J'ai foutrement aimé ce texte.
J'aime particulièrement cette idée singulière en forme de promenade.
Je l'ai lu et vu comme une étoile filante dans un ciel sans lune...
Bravo Madame...
Loïc
 
Cher Loïc,

Je te remercie beaucoup pour la joliesse de ton commentaire.

J'ai voulu rendre hommage ici à ma première compagne décédée
prématurément.

Amicalement..

Bisous.

Sophie
 
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