rivière
Maître Poète
Tu marchais, hiératique, le long du Loir
Quand je t’ai vue la première fois,
tu marchais, hiératique,
parmi les bocages du Maine,
le long du Loir,
tu marchais, hiératique,
parmi les bocages du Maine,
le long du Loir,
ta longue chevelure brune ondoyait
dans le vent de l’été,
les Aèdes célébraient
la finesse de tes traits,
dans le vent de l’été,
les Aèdes célébraient
la finesse de tes traits,
tes yeux d’azur connaissaient la volupté des langueurs.
Troublée par ta beauté,
je me suis dirigée vers toi, et à genoux,
face au soleil de mon émoi,
Troublée par ta beauté,
je me suis dirigée vers toi, et à genoux,
face au soleil de mon émoi,
je t’ai avoué mon amour, mais, tu as haussé les épaules,
et tu as continué ton chemin,
dépitée, je me suis débarrassée
de mes atours,
et tu as continué ton chemin,
dépitée, je me suis débarrassée
de mes atours,
et je me suis présentée à toi, humble et suppliante,
devant ta demeure de joncs où les oiseaux te révéraient.
Tu m’as souris avec bonté,
tu as fait un pas vers moi, et tu m’as donné
devant ta demeure de joncs où les oiseaux te révéraient.
Tu m’as souris avec bonté,
tu as fait un pas vers moi, et tu m’as donné
ton mouchoir de baptiste, puis le coeur battant la chamade,
j’ai écrit des jours durant une ode saphique emplie d’amour
et d’espérance avec le sang de mes mots,
avec le sonnet de mes soupirs, et je te l’ai remise, tremblante.
j’ai écrit des jours durant une ode saphique emplie d’amour
et d’espérance avec le sang de mes mots,
avec le sonnet de mes soupirs, et je te l’ai remise, tremblante.
Le lendemain, à l’aurore, tu es venue en mon logis,
conquise par la sève de mes vers,
tu as pris ma paume, tu m’as emmenée
en la forêt bordant ton layon,
conquise par la sève de mes vers,
tu as pris ma paume, tu m’as emmenée
en la forêt bordant ton layon,
et à même la joue des mousses, à même le dais des violettes,
tu m’as allongée, tu m’as effeuillée,
tu as goûté l’hymne de mes lèvres, la sève de mes seins fiers et lourds,
et nous nous sommes aimées jusqu’à la brune,
tu m’as allongée, tu m’as effeuillée,
tu as goûté l’hymne de mes lèvres, la sève de mes seins fiers et lourds,
et nous nous sommes aimées jusqu’à la brune,
depuis lors, ma Divine, nous vivons en ton gynécée,
bercées par la joie de notre Passion
si pure
et si délicate !
bercées par la joie de notre Passion
si pure
et si délicate !
Sophie Rivière