• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Tu as déposé sur mes lèvres l'aile d'un baiser

rivière

Maître Poète
Tu as déposé sur mes lèvres l’aile d’un baiser

Tes cheveux de jais couvrent tes épaules
jusqu’à la taille, ô mon Amante,
tu marches, hiératique, sur la paix des herbes,

en notre province du Maine,
les arbres et les oiseaux te saluent,
je te suis dans l’ombre de tes pas,

moi qui ne suis qu’une humble poétesse,
que ta servante, que l’ombre de ton ombre.
Entends-tu gémir les tercets du vent

parmi les bocages,
les rossignols, tout à l’heure,
ont chanté l’arrivée du printemps,

et face au soleil, tu m’as récité des strophes saphiques
que j’ai reprises, tu m’as souris,
et tu as déposé sur mes lèvres l’aile d’un baiser.

Tu m’as recueillie alors que j’errais deci delà,
fuyant un époux violent,
tu m’as emmenée en ta borde, là où coule l’Anille,

tu m’as appris les mystères des prêtresses de Sappho
à Mytilène, en l’île de Lesbos,
je me suis débarrassée du faix de mes étoffes,

et du port de mon soutien-gorge.
Depuis, je ne supporte nulle entrave,
je n’ai dorénavant pour unique but

que la satisfaction de tes sens, ô mon Epousée,
chaque jour, je te possède,
tu cries, tu halètes, tu brames de liesse,

quand sourd le lait de ton corps que nous buvons,
puis tu te réfugies dedans la crique de mes seins haut plantés,
fiers et lourds,

jusqu’à notre prochain duel d’Eros,
afin que triomphent
les rimes de nos amours si pures et si féminines !

Sophie Rivière

 
Retour
Haut