Sarita A
Maître Poète
Tiens la voilà. Depuis le temps que je l’attends. Enfin non, plutôt que je ne l’attendais plus.
Tu pointes le bout de ton nez, gentiment. Je te regarde avec distance, je ne t’ai pas reconnue. Je t’observe, j’apprécie tes traits. Mais oui, tu es jolie, vraiment tu me plais. Ah tiens, ça y est, je te remets. Mon dieu, toi ! Que tu es belle. Le temps de percuter, je suis saisie, emportée. Enthousiaste, je me sens prête à sauter dans tes bras. Je sens mon cœur qui fond, qui fait boum, qui m’emporte. Ah, je sens que je perds le contrôle. J’ai tellement envie de céder, de te retrouver. Mes sens s’emballent. Aie, j’en redemande. Pourtant je t’ai à peine aperçue, par le truchement de la toile et des mots.
Pourquoi je cours ainsi ? Et si ce n’était pas toi. T’ai-je bien toisée, cernée, interrogée ? Me suis-je bien toisée, cernée, interrogée ? Ou bien serais-je en train de perdre ma raison ?
Peut-être n’es-tu pas celle que je crois ? Tu es si agréable dans tes palabres. Je me sens si bien à t’accueillir. Je perçois ta présence, délicate et douce. C’est chaud, c’est bon. Envie de me lover dans tes bras, de te dire mes plus beaux mots. Je rêve de toi.
J’ai peur. Que ce ne soit pas toi ? Que je me fourvoie ? Oui un peu. Et si je m’étais emportée, trop livrée, trompée, te laissant croire que…, me laissant croire que... ? Si j’avais posé des malentendus ?
J’ai peur. Surtout si c’est bien toi qui me saisit. Peur d’aimer, trop ? Pas assez ? Je frémis de me perdre, de souffrir. Là, je panique. Je me sens mal. Ne serais-je pas mieux à rester terrée dans mon nid ? J’ai envie de tout arrêter. Ne pas savoir. Ne pas tenter.
On s’est donné rdv. C’est l’affolement, la débandade. Le trouble me domine. Envie de reculer me cacher.
Confusion.
Ou plutôt désir de reprendre le pouvoir, m’accorder à la raison. Te rencontrer comme tout autre. Oui, mais comment après nos mots si doux ? Après les vols de mon cœur ? Amour ? Te serais-tu déguisée ? Serais-tu amitié ?
Je m’aimerais posée, telle une statue, sage à observer, attendre, écouter. Mais je suis des naïves qui s’emportent le regard troublé, le cœur en émois, le bouclier en berne.
Je suis perdue.
Sarita 06/01/21
Tu pointes le bout de ton nez, gentiment. Je te regarde avec distance, je ne t’ai pas reconnue. Je t’observe, j’apprécie tes traits. Mais oui, tu es jolie, vraiment tu me plais. Ah tiens, ça y est, je te remets. Mon dieu, toi ! Que tu es belle. Le temps de percuter, je suis saisie, emportée. Enthousiaste, je me sens prête à sauter dans tes bras. Je sens mon cœur qui fond, qui fait boum, qui m’emporte. Ah, je sens que je perds le contrôle. J’ai tellement envie de céder, de te retrouver. Mes sens s’emballent. Aie, j’en redemande. Pourtant je t’ai à peine aperçue, par le truchement de la toile et des mots.
Pourquoi je cours ainsi ? Et si ce n’était pas toi. T’ai-je bien toisée, cernée, interrogée ? Me suis-je bien toisée, cernée, interrogée ? Ou bien serais-je en train de perdre ma raison ?
Peut-être n’es-tu pas celle que je crois ? Tu es si agréable dans tes palabres. Je me sens si bien à t’accueillir. Je perçois ta présence, délicate et douce. C’est chaud, c’est bon. Envie de me lover dans tes bras, de te dire mes plus beaux mots. Je rêve de toi.
J’ai peur. Que ce ne soit pas toi ? Que je me fourvoie ? Oui un peu. Et si je m’étais emportée, trop livrée, trompée, te laissant croire que…, me laissant croire que... ? Si j’avais posé des malentendus ?
J’ai peur. Surtout si c’est bien toi qui me saisit. Peur d’aimer, trop ? Pas assez ? Je frémis de me perdre, de souffrir. Là, je panique. Je me sens mal. Ne serais-je pas mieux à rester terrée dans mon nid ? J’ai envie de tout arrêter. Ne pas savoir. Ne pas tenter.
On s’est donné rdv. C’est l’affolement, la débandade. Le trouble me domine. Envie de reculer me cacher.
Confusion.
Ou plutôt désir de reprendre le pouvoir, m’accorder à la raison. Te rencontrer comme tout autre. Oui, mais comment après nos mots si doux ? Après les vols de mon cœur ? Amour ? Te serais-tu déguisée ? Serais-tu amitié ?
Je m’aimerais posée, telle une statue, sage à observer, attendre, écouter. Mais je suis des naïves qui s’emportent le regard troublé, le cœur en émois, le bouclier en berne.
Je suis perdue.
Sarita 06/01/21