isa90
Maître Poète
Terre d’accueil
Notre valise, tellement lourde, nous fait courber le dos.
Sous les ténèbres pluvieuses, nous portons notre fardeau
Comme Atlas, jadis soutenait le monde et le faisait tourner
Autour du soleil pour toute la durée d’une si longue éternité.
Nous cherchons tous une terre d’accueil, là où l’aube lumineuse
Offre ses perles de rosées à nos premières heures rêveuses
Au moment où le réveil n’est pas encore venu bousculer
Toutes les belles images de nos plus audacieuses pensées.
Nous trainons nos souvenirs comme une pelisse miteuse
Qui sent la vermine, la sueur de toutes ces années laborieuses
Quand les choix incertains nous menaient d’erreurs en erreurs
Sur la route si compliquée qui conduit vers un utopique bonheur.
Nous cherchons tous une terre d’accueil, là où les matins de printemps
Donnent à nos petits déjeuners un charme désuet, presque enivrant
Quand l’odeur du café chaud et les croissants croustillants
Emoustillent nos papilles et éveillent nos désirs gourmands.
Nous trainons nos échecs comme des boulets aux pieds des forçats
A ne plus oser faire un pas en avant, à rester cloués à nos tracas
De peur du ridicule, du qu’en diras t’on, toutes ces allusions inutiles
Qui rendent nos lendemains aussi arides qu’une terre devenue infertile.
Nous cherchons tous une terre d’accueil, là où le soleil culmine
Dans un dégradé de bleu où les envolées des oiseaux dessinent
Sur la toile de l’infini, des arabesques et des volutes qui s’esquissent
Là où la musique et le silence, tour à tour, nous envahissent.
Nous trainons nos soucis quotidiens de soupirs en soupirs
Tout au long de la journée, ils finissent par effacer nos sourires
Et les rides creusées par l’expression de nos démons intérieurs
Sont le seul miroir que l’on projette sur le monde extérieur.
Nous cherchons tous une terre d’accueil, là où le crépuscule, moment magique
Donne au monde un halo de luminosité mystérieuse, perception mystique
Quand la lueur des réverbères ou la pleine lune offre un ravissement de pâleur
Pour laisser entrer en nous, toute l’énergie d’un premier frisson de douceur.
Pose ta valise dès à présent et court, court jusqu’au bout du chemin
Déleste toi du superflu, ne regarde plus que vers nous, vers demain
Car ce pays tant convoité, se trouve dans une autre dimension, cet ailleurs
Où les portes s’ouvrent sous l’impulsion de tous nos battements de cœur….
…Nos battements de cœur réunis dans un sentiment d’abandon
Où seul l’amour et la paix sont les fondations de notre nouvelle maison.
Isabelle