O divine Vénus de Merwart,
Vous qui exposez en toute gloire
Nue sur fond de grotte pénombreuse
Des formes rondes et généreuses,
D’un docteur vous seriez donc devenue la créature
Et de son régime protéiné vous suivriez une cure
Faite de brocolis, fromage maigre et viandes blanches.
Adieu couscous, rôtis saignants et foie gras en belles tranches !
Souffrez qu’un faible versificateur
Par le détail de ses phantasmes concupiscents
Vous expose sans honte ni pudeur
L’inintérêt à vous voir entamer un régime amaigrissant.
Aussi bien vous êtes déesse de l’Amour
Et de ces choses l’on se doit de vous causer sans détour,
Je n’userai donc point de vaine décence
Devant celle qui inspire aux poètes toute licence.
Songez que sur notre traintrain d’antique célibataire,
Vous soufflez parfois le vent qui pousse vers Cythère,
Un souffle si puissant que cilice, bromure et bains glacés
À calmer notre désir de luxure n’agissent plus avec succès.
Depuis longtemps en vain nous prions Cupidon
De décocher un de ses traits à quelque blonde Didon,
Pour qu’à notre ardeur toute entière elle s’abandonne,
Qu’aux jeux de l’amour ensemble avec passion l’on s’adonne.
Mais lorsque l’on n’est pas pourvu des attraits d’un cador,
Quand bien même l’on serait membré comme l’âne d’or,
Si l’on ne peut hélas les couvrir de l’or de Golconde
Pour qu’elles trouvent du charme à nos traits en quelques secondes,
On peine à faire tomber les filles en pamoison,
À ramener une belle le soir à la maison.
Lorsque l’aiguillon de la chair à ce point nous turlupine
Qu’il ne suffit plus que la main jouant la bonne copine
Expulse par le moyen d’une manipulation solitaire
La semence que l’infortuné Onan répandait sur la terre ;
Ne disposant pas du recours féminin au simulacre
Qu’offre l’utilisation d’un bel olisbo de nacre,
de l’usage de ces ingénieux et jouissifs godemichés
qui débusquent le plaisir là où il est niché,
De ces rondes boules de geishas
Qui vous font pousser des miaulements de chat ;
Et ne disposant pas plus d’une souplesse du corps
Qui autoriserait la gymnastique posture de l’ourobore
Et permettrait ainsi de connaître avec délectation
La jouissance tantrique de l’auto-fellation ;
Si donc, ce que je prie que jamais ne m’advienne,
Il nous arrivait un jour d’aborder une péripatéticienne,
Si l’on se mettait à fréquenter en chaland la cité des femmes
Pour en choisir une avec qui notre âme à jamais se damne,
Si donc l’on recourait à l’occasion au commerce de catins
Pour apaiser ce que l’on nomme la libido en latin,
Et abandonner aux gâteries convenues de leur tendresse tarifée
Un membre à la peau de latex prudemment coiffée,
Ne crois pas Vénus que pour ma part je délaisserais forcément l’emploi
De celles qui en vitrine exposent un peu de poids
Pour provoquer en professionnelles la spermatique émission
Qui calmerait un temps mes envies de fornication.
J’opterais sûrement en position verticale
D’étreindre le corps de pneumatiques vestales,
Et pour l’introduction par le portique arrière
De chevaucher des croupes dignes de juments mulassières,
Ou, le dos bien calé sur une couche moelleuse,
De placer sur moi en guise de cavaleuses
De grandes Andromaque aux formes sinueuses
Pour jouir du spectacle de leurs rondeurs pulpeuses.
Car combien il nous brûle alors de caresser
De beaux globes charnus et des surfaces girondes !
Et combien notre œil toujours cherche à se rincer
de lunes plantureuses et de sphères bien rondes !
Qu’il est vite pardonné le petit ventre bedonnant
Lorsque s’expose en surplomb un beau balcon pigeonnant,
Et arborer de blancs trésors dans un généreux corsage
Sera pour nous toujours le plus capiteux des présages !
L’on suivra partout alors un joli sourire mutin
Qu’accompagne le chaloupé d’un voluptueux popotin.
Et tant mieux si s’exposent les corps dans des body panthère
Tandis qu’on les observe à la lueur des réverbères ;
Que se contiennent les chairs dans de rouges guêpières
Tandis qu’elles nous incitent à partager leur litière ;
Que de longues jambes gainées de noires cuissardes
Nous précèdent tandis qu’on les suit dans leur mansarde ;
Car on aime que pour nous prendre dans leurs rets
Elles exhibent de leur commerce tous les apprêts,
Que pour pimenter nos étreintes éphémères
Elles respectent un certain code vestimentaire,
Celles qui exposent leur corps sous une lumière cruelle
Quand la nuit nous trouve à arpenter leurs sombres ruelles.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Si seul le soir l’on s’abandonne dans les bras de Morphée
Après avoir à chercher le sommeil la soirée occupée
À relire du grand Ovide les Métamorphoses
Et qu’en songe les dieux de l’Olympe nous proposent
De nous prêter la forme d’un faune, mi bouc mi-homme,
Et d’éteindre le feu du désir qui incendie nos sangs telle Rome
En nous laissant parmi la troupe des Nymphes choisir
Celle à emmener dans les bois y lutiner à loisir,
Il n’est pas sûr que dans leur affriolante sarabande
Vers la plus svelte silhouette à la fin notre index tende,
Pas certain que nous portent nos dilections
À faire d’une fluette sylphide notre terre d’élection.
Nous choisirons plutôt pour l’enlever sur nos jambes velues,
La nymphe dotée des plus belles proportions mamelues,
Celle qui au matin, seul et droit, nous permettra d’observer
de l’onde qu’en rêve l’on aura sans rien en conserver
versée en hommage à ses rondeurs excitantes
sur notre couche froissée les preuves nocturnes abondantes.
Et tant mieux si, bêlant de plaisir tandis qu’on l’embouque,
Ses mains de peur de défaillir s’agrippent à nos cornes de bouc !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Veillez donc à garder une plastique que la rondeur magnifie
Pour que du mâle amoureux la vigueur s’amplifie,
Jusqu’à lui donner les proportions suffisantes
À fournir toute satisfaction de vos légitimes attentes.
Lorsqu’avec des poses de biches, des œillades coquines,
Vous trahissez vos sentiments, usant de vos armes divines,
Puis lentement vous dénudez, portant notre impatience au supplice,
Et l’objet de nos désirs enfin nous dévoilez, ho délice !
Plutôt qu’une taille de guêpe, proposez une croupe qui l’excite,
Exposez de doux appâts aux charmes explicites,
Au mâle que vous invitez à vous rendre ses hommages,
À l’étalon dont vous sollicitez les délicieux outrages.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Parfois nous déployons notre panoplie de petit marquis de Sade :
Fouet, cordes, bougies, pinces, baillons et estrapade ;
Ou nous marchons sur les traces de Masoch Sacher
Pour connaître l’extase que procure le supplice des chairs ;
Nous ne voulons alors confier qu’à une maîtresse callipyge
La tâche de pratiquer la science des douleurs avec tout le soin qu’elle exige,
De manier avec sévérité les verges qui nos muscles fustigent
Et nous mènent lentement de souffrance en jouissance au vertige.
Car à qui d’autre se fier qu’à une belle fin gourmette
Pour faire naître l’alchimie du plaisir des chairs que l’on fouette,
Et faire hurler à notre tour de jouissance une gourmande partenaire
Attise notre zèle de dévoué tortionnaire.
Car il plait d’autant plus de manier le chat à neuf queues
Qu’il rougit de larges zébrures un corps aux charmes plantureux !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure
Songez que nous enseignent les mythes de l’antique Grèce
Qu’il faut parfois de l’ingéniosité à défaut d’un peu de graisse,
Que l’insatiable Pasiphae, dans sa recherche de taurines étreintes,
Aidée de Dédale, créateur du célèbre Labyrinthe,
Pour jouir des faveurs d’un splendide taureau
Et en concevoir le monstre aux appétits immoraux-
C’est qu’il exigeait son lot annuel de vierges à dévorer
Sans même avant de passer à table daigner les déflorer,
Celui que vainquit Thésée, le héros de l’Attique,
Bien aidé par Ariane dans sa geste erratique-
Pasiphae ne choisit donc point, astucieuse donzelle,
une machine imitant un corps de frêle gazelle,
Mais préféra user pour atteindre son but
De dimensions dignes d’intéresser un solide mâle en rut.
Elle se glissa donc dans le corps d’airain d’une belle génisse
Afin que des délectables saillies du bestiau elle jouisse !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Songez qu’il serait triste pour Don Juan aguiché par une soubrette,
Que dans la glace du bahut où le corps de la belle soumise se reflète,
Le spectacle de cette accorte servante besognée en levrette
Soit gâché du balancement de seins maigres comme piments d’Espelette !
Et qu’au guerrier livré aux derniers assauts d’une Vénus suspendue,
Il plait de soupeser des melons charnus à la peau bien tendue,
Que sa tête à l’heure où enfin, comblé et fourbu, il s’endort,
Aime à se blottir contre une Grâce d’Hespérides aux belles pommes d’or.
Ce n’est pas à vous que le délectable déduit je veux taire,
Que procurent deux beaux seins enserrant une cravate de notaire,
Lorsqu’arquant le buste sous la douceur des caresses,
D’une poitrine volumineuse aux sommets qui se dressent,
Vous créez un défilé soyeux où l’arc bandé au supplice,
Se glisse, s’étire, se prélasse et coulisse,
Et acceptez qu’entre ces monts son plaisir il connaisse,
Augurant de bien d’autres jeux par ces galantes promesses.
Qu’aux yeux du mortel à qui vous vous accordez en offrande,
Soient toujours prodiguées par vos formes de confortables prébendes.
Alanguie sur l’autel de l’Amour, divine séductrice,
Ecartez une paire de fabuleuses cuisses,
Afin d’offrir l’origine du monde en calice,
Où, une fois accompli par lèvres et langue leur buccal office,
Entre elles un dard languide et fiévreux aille au précipice
Et explose en un long feu d’artifice,
Et n’imaginez pas que ce soit envers vous manque d’égard
Si, au creux de vos reins, ensuite quelque temps il s’égare.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Puissiez-vous donc conserver un certain nombre de kilos,
Pour contenter les adorateurs de votre paire de lolos,
Et je vous en supplie aussi quelques livres de graisse,
Pour que jamais ne se tarisse la ferveur des amateurs de vos fesses.
Que toujours l’on observe le culte de vos seins,
et que se perpétue l’adoration de votre chute de reins,
Que se posent de tendres baisers sur vos lèvres purpurines,
Qu’à d’autres de vos lèvres se goûte la liqueur de cyprine,
Que vos fesses charnues, offertes à la sadique alternance
Des caresses et des claques, soient de belle contenance,
Qu’en délicats staccatos, en scherzos effrénés,
Elles ne laissent point de repos aux va et vient des périnées.
Que sourds gémissements, cris de délectation, jouissance sonore,
Saluent les déhanchements dont vos amants les honorent.
Afin que dans une jouissance sans cesse renouvelée,
De plaisir ensuquée et de joie soulevée,
Par le frottement des épidermes à ébullition portée,
Dans de torrides ébats au septième ciel d’extase transportée,
Vous exprimiez enfin de bonheur apaisée :
« Oh oncques ne fus-je aussi bien baisée » !
Vous qui exposez en toute gloire
Nue sur fond de grotte pénombreuse
Des formes rondes et généreuses,
D’un docteur vous seriez donc devenue la créature
Et de son régime protéiné vous suivriez une cure
Faite de brocolis, fromage maigre et viandes blanches.
Adieu couscous, rôtis saignants et foie gras en belles tranches !
Souffrez qu’un faible versificateur
Par le détail de ses phantasmes concupiscents
Vous expose sans honte ni pudeur
L’inintérêt à vous voir entamer un régime amaigrissant.
Aussi bien vous êtes déesse de l’Amour
Et de ces choses l’on se doit de vous causer sans détour,
Je n’userai donc point de vaine décence
Devant celle qui inspire aux poètes toute licence.
Songez que sur notre traintrain d’antique célibataire,
Vous soufflez parfois le vent qui pousse vers Cythère,
Un souffle si puissant que cilice, bromure et bains glacés
À calmer notre désir de luxure n’agissent plus avec succès.
Depuis longtemps en vain nous prions Cupidon
De décocher un de ses traits à quelque blonde Didon,
Pour qu’à notre ardeur toute entière elle s’abandonne,
Qu’aux jeux de l’amour ensemble avec passion l’on s’adonne.
Mais lorsque l’on n’est pas pourvu des attraits d’un cador,
Quand bien même l’on serait membré comme l’âne d’or,
Si l’on ne peut hélas les couvrir de l’or de Golconde
Pour qu’elles trouvent du charme à nos traits en quelques secondes,
On peine à faire tomber les filles en pamoison,
À ramener une belle le soir à la maison.
Lorsque l’aiguillon de la chair à ce point nous turlupine
Qu’il ne suffit plus que la main jouant la bonne copine
Expulse par le moyen d’une manipulation solitaire
La semence que l’infortuné Onan répandait sur la terre ;
Ne disposant pas du recours féminin au simulacre
Qu’offre l’utilisation d’un bel olisbo de nacre,
de l’usage de ces ingénieux et jouissifs godemichés
qui débusquent le plaisir là où il est niché,
De ces rondes boules de geishas
Qui vous font pousser des miaulements de chat ;
Et ne disposant pas plus d’une souplesse du corps
Qui autoriserait la gymnastique posture de l’ourobore
Et permettrait ainsi de connaître avec délectation
La jouissance tantrique de l’auto-fellation ;
Si donc, ce que je prie que jamais ne m’advienne,
Il nous arrivait un jour d’aborder une péripatéticienne,
Si l’on se mettait à fréquenter en chaland la cité des femmes
Pour en choisir une avec qui notre âme à jamais se damne,
Si donc l’on recourait à l’occasion au commerce de catins
Pour apaiser ce que l’on nomme la libido en latin,
Et abandonner aux gâteries convenues de leur tendresse tarifée
Un membre à la peau de latex prudemment coiffée,
Ne crois pas Vénus que pour ma part je délaisserais forcément l’emploi
De celles qui en vitrine exposent un peu de poids
Pour provoquer en professionnelles la spermatique émission
Qui calmerait un temps mes envies de fornication.
J’opterais sûrement en position verticale
D’étreindre le corps de pneumatiques vestales,
Et pour l’introduction par le portique arrière
De chevaucher des croupes dignes de juments mulassières,
Ou, le dos bien calé sur une couche moelleuse,
De placer sur moi en guise de cavaleuses
De grandes Andromaque aux formes sinueuses
Pour jouir du spectacle de leurs rondeurs pulpeuses.
Car combien il nous brûle alors de caresser
De beaux globes charnus et des surfaces girondes !
Et combien notre œil toujours cherche à se rincer
de lunes plantureuses et de sphères bien rondes !
Qu’il est vite pardonné le petit ventre bedonnant
Lorsque s’expose en surplomb un beau balcon pigeonnant,
Et arborer de blancs trésors dans un généreux corsage
Sera pour nous toujours le plus capiteux des présages !
L’on suivra partout alors un joli sourire mutin
Qu’accompagne le chaloupé d’un voluptueux popotin.
Et tant mieux si s’exposent les corps dans des body panthère
Tandis qu’on les observe à la lueur des réverbères ;
Que se contiennent les chairs dans de rouges guêpières
Tandis qu’elles nous incitent à partager leur litière ;
Que de longues jambes gainées de noires cuissardes
Nous précèdent tandis qu’on les suit dans leur mansarde ;
Car on aime que pour nous prendre dans leurs rets
Elles exhibent de leur commerce tous les apprêts,
Que pour pimenter nos étreintes éphémères
Elles respectent un certain code vestimentaire,
Celles qui exposent leur corps sous une lumière cruelle
Quand la nuit nous trouve à arpenter leurs sombres ruelles.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Si seul le soir l’on s’abandonne dans les bras de Morphée
Après avoir à chercher le sommeil la soirée occupée
À relire du grand Ovide les Métamorphoses
Et qu’en songe les dieux de l’Olympe nous proposent
De nous prêter la forme d’un faune, mi bouc mi-homme,
Et d’éteindre le feu du désir qui incendie nos sangs telle Rome
En nous laissant parmi la troupe des Nymphes choisir
Celle à emmener dans les bois y lutiner à loisir,
Il n’est pas sûr que dans leur affriolante sarabande
Vers la plus svelte silhouette à la fin notre index tende,
Pas certain que nous portent nos dilections
À faire d’une fluette sylphide notre terre d’élection.
Nous choisirons plutôt pour l’enlever sur nos jambes velues,
La nymphe dotée des plus belles proportions mamelues,
Celle qui au matin, seul et droit, nous permettra d’observer
de l’onde qu’en rêve l’on aura sans rien en conserver
versée en hommage à ses rondeurs excitantes
sur notre couche froissée les preuves nocturnes abondantes.
Et tant mieux si, bêlant de plaisir tandis qu’on l’embouque,
Ses mains de peur de défaillir s’agrippent à nos cornes de bouc !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Veillez donc à garder une plastique que la rondeur magnifie
Pour que du mâle amoureux la vigueur s’amplifie,
Jusqu’à lui donner les proportions suffisantes
À fournir toute satisfaction de vos légitimes attentes.
Lorsqu’avec des poses de biches, des œillades coquines,
Vous trahissez vos sentiments, usant de vos armes divines,
Puis lentement vous dénudez, portant notre impatience au supplice,
Et l’objet de nos désirs enfin nous dévoilez, ho délice !
Plutôt qu’une taille de guêpe, proposez une croupe qui l’excite,
Exposez de doux appâts aux charmes explicites,
Au mâle que vous invitez à vous rendre ses hommages,
À l’étalon dont vous sollicitez les délicieux outrages.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Parfois nous déployons notre panoplie de petit marquis de Sade :
Fouet, cordes, bougies, pinces, baillons et estrapade ;
Ou nous marchons sur les traces de Masoch Sacher
Pour connaître l’extase que procure le supplice des chairs ;
Nous ne voulons alors confier qu’à une maîtresse callipyge
La tâche de pratiquer la science des douleurs avec tout le soin qu’elle exige,
De manier avec sévérité les verges qui nos muscles fustigent
Et nous mènent lentement de souffrance en jouissance au vertige.
Car à qui d’autre se fier qu’à une belle fin gourmette
Pour faire naître l’alchimie du plaisir des chairs que l’on fouette,
Et faire hurler à notre tour de jouissance une gourmande partenaire
Attise notre zèle de dévoué tortionnaire.
Car il plait d’autant plus de manier le chat à neuf queues
Qu’il rougit de larges zébrures un corps aux charmes plantureux !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure
Songez que nous enseignent les mythes de l’antique Grèce
Qu’il faut parfois de l’ingéniosité à défaut d’un peu de graisse,
Que l’insatiable Pasiphae, dans sa recherche de taurines étreintes,
Aidée de Dédale, créateur du célèbre Labyrinthe,
Pour jouir des faveurs d’un splendide taureau
Et en concevoir le monstre aux appétits immoraux-
C’est qu’il exigeait son lot annuel de vierges à dévorer
Sans même avant de passer à table daigner les déflorer,
Celui que vainquit Thésée, le héros de l’Attique,
Bien aidé par Ariane dans sa geste erratique-
Pasiphae ne choisit donc point, astucieuse donzelle,
une machine imitant un corps de frêle gazelle,
Mais préféra user pour atteindre son but
De dimensions dignes d’intéresser un solide mâle en rut.
Elle se glissa donc dans le corps d’airain d’une belle génisse
Afin que des délectables saillies du bestiau elle jouisse !
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Songez qu’il serait triste pour Don Juan aguiché par une soubrette,
Que dans la glace du bahut où le corps de la belle soumise se reflète,
Le spectacle de cette accorte servante besognée en levrette
Soit gâché du balancement de seins maigres comme piments d’Espelette !
Et qu’au guerrier livré aux derniers assauts d’une Vénus suspendue,
Il plait de soupeser des melons charnus à la peau bien tendue,
Que sa tête à l’heure où enfin, comblé et fourbu, il s’endort,
Aime à se blottir contre une Grâce d’Hespérides aux belles pommes d’or.
Ce n’est pas à vous que le délectable déduit je veux taire,
Que procurent deux beaux seins enserrant une cravate de notaire,
Lorsqu’arquant le buste sous la douceur des caresses,
D’une poitrine volumineuse aux sommets qui se dressent,
Vous créez un défilé soyeux où l’arc bandé au supplice,
Se glisse, s’étire, se prélasse et coulisse,
Et acceptez qu’entre ces monts son plaisir il connaisse,
Augurant de bien d’autres jeux par ces galantes promesses.
Qu’aux yeux du mortel à qui vous vous accordez en offrande,
Soient toujours prodiguées par vos formes de confortables prébendes.
Alanguie sur l’autel de l’Amour, divine séductrice,
Ecartez une paire de fabuleuses cuisses,
Afin d’offrir l’origine du monde en calice,
Où, une fois accompli par lèvres et langue leur buccal office,
Entre elles un dard languide et fiévreux aille au précipice
Et explose en un long feu d’artifice,
Et n’imaginez pas que ce soit envers vous manque d’égard
Si, au creux de vos reins, ensuite quelque temps il s’égare.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Lorsque d’un docteur vous serez devenue la fidèle créature
Et que d’un régime protéiné vous suivrez une cure,
Puissiez-vous donc conserver un certain nombre de kilos,
Pour contenter les adorateurs de votre paire de lolos,
Et je vous en supplie aussi quelques livres de graisse,
Pour que jamais ne se tarisse la ferveur des amateurs de vos fesses.
Que toujours l’on observe le culte de vos seins,
et que se perpétue l’adoration de votre chute de reins,
Que se posent de tendres baisers sur vos lèvres purpurines,
Qu’à d’autres de vos lèvres se goûte la liqueur de cyprine,
Que vos fesses charnues, offertes à la sadique alternance
Des caresses et des claques, soient de belle contenance,
Qu’en délicats staccatos, en scherzos effrénés,
Elles ne laissent point de repos aux va et vient des périnées.
Que sourds gémissements, cris de délectation, jouissance sonore,
Saluent les déhanchements dont vos amants les honorent.
Afin que dans une jouissance sans cesse renouvelée,
De plaisir ensuquée et de joie soulevée,
Par le frottement des épidermes à ébullition portée,
Dans de torrides ébats au septième ciel d’extase transportée,
Vous exprimiez enfin de bonheur apaisée :
« Oh oncques ne fus-je aussi bien baisée » !