Souviens-toi...
Nous prîmes un grand oiseau de fer...
A l'est, le soleil s'élevait timidement
Éclaboussant les nuées du firmament...
Entends-tu encore son bruit d'enfer?
L'oiseau au long corps fuselé étincelait
Parmi les nuances enchantées du matin,
Notre voyage oriental avait un parfum,
Celui de nos jours d'amour et de paix...
Peu à peu une insidieuse excitation,
Se mêlât à l'angoisse de cet inconnu,
Serions nous en ce monde, bienvenus?
L'horloge des cœurs battait à l'unisson...
De trous d'air en délicieuses accalmies,
Nous posâmes les pieds en terre chinoise.
Des odeurs indéfinissables et sournoises
Nous investirent, celles d'une autre vie...
Les rubans de surprises se déroulèrent.
Partout les motos et les vélos chargés
D'une façon complètement insensée,
Roulaient au présent, venus de naguère...
Le pêcheur calmement ferrait le poisson,
Dans le reflet d'un incroyable gratte-ciel,
Où était donc passée la Chine sempiternelle?
Ici aussi l'argent avait déversé son poison...
Riant aux éclats, se demandant avec raison;
Des enfants nous découvraient dans la rue,
Pensaient: " qui sont ces drôles d'inconnus? "
Puis joyeux, s'acheminaient vers leur maison...
" Te souviens-tu du petit village aux toits noirs,
De cette jolie cascade chantant sur les pierres,
De cette vieille femme noueuse venue d'hier,
N'ayant que la terre battue pour seul miroir?
" Icône ces montagnes bleues dans la brume,
Ce pêcheur et son compagnon le cormoran
Glissant en silence sur barque plate dérivant
Vers la corne d'abondance des eaux brunes...
Et la grande muraille, l'as-tu entendu gémir?
Il paraît que les âmes enfermées en ses murs,
Racontent aux visiteurs cette histoire très dure
Celle d'une ambition dont ils vinrent à mourir...
Et les rizières verdoyantes à flanc de montagne,
S'étalant en un dégradé majestueux et périlleux? "
" Oui je revois cette belle Chine, celle des Dieux,
Promise aux hommes tel un mât de cocagne..."
( Pour Catherine et Michel )
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