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Sous quel sapin

Eléâzar

Maître Poète
Sous lequel des sapins s’étendra ma carcasse
Quand j’aurai terminé de passer les saisons
En revue du début jusqu’à la fin car casse
L’os qui tint aux moissons qu’on fait aux fenaisons ?

En pensée, je choisis celui qui est derrière
Le mignon tertre rond qui ombre ma maison
Même si le soleil franchira la barrière
Vers midi sans que j’en connaisse la raison.

Au loin un sapin fin se tient au bord de route
Et paraît mal à l’aise à subir les autos
Qui troublent l’œil morne du doux bovin qui broute
Etonné de les voir emplies de zigotos !

Le troisième a poussé à deux troncs d’un grand charme
Et semble ne vouloir pas d’amis recevoir ;
J’ai toujours essayé de jouer de mon charme
En n’ayant jamais pu ne pas le décevoir.

La vendange ultime a saisi mes ritournelles
Qui plaisaient à l’été et même à la saison
Où volent papillons, abeilles, coccinelles
Joyeux et rassemblés autour de ma maison.

Le tertre de terre laisse le Solitaire
Agiter sa cime pour que j’aille vers lui ;
C’est midi et soudain, l’ombre est minoritaire
Sur le mur et mon banc sur lesquels l’astre luit.

Lentement, je me lève et marche vers mon arbre
Qui écarte une branche et me dit : c’est ici ;
Je serai ta tombe et je resterai de marbre
Si tu me donnes tes rêves et tes soucis.

Mes soucis : les voici ! Tu les prends ? Incroyable !
Je me suis étendu et j’ai fermé les yeux ;
Il avait aussi pris mes rêves mais le diable
Se changea, je le jure, en ange bleu des cieux.
 
Dire en poésie que l'on préfère reposer sous un sapin vivant,
plutôt qu'un, mort, en planches....
Moment de détente, pour moi. Merci Eléâzar
 
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