totora
Nouveau poète
« Du silence, du silence, du silence qui puisse encore, à nouveaux engourdir nos sens, rendre flou notre essence, notre existence ! Et le sourire espiègle, malicieux, heureux, malheureux, apeuré par tant d’insubordination face au microcosme de nos pensées… Que du bordel, que des mots, enchaînées les uns aux autres et qui ne répondent de rien ! Que de la rumination de ces métaphores compactes, de ces stéréotypes courroucés par on ne sait quel passé plat, triste, morne pulsation dans l’ambiance moite de nos murs anthracite, pâle, livide. « On est fait que de folie », disait l’autre agglutinant sa masse mouvante, obèse, dans une position inconfortable sur sa chaise de jardin banale. « On est fait que de peine » rugira son compère, les yeux vides, la barbiche grisonnante par trop de décoction étrange… Ah qu’elle faisait mal la Datura quand vos vieux os ne supporte plus la fête des papilles, des convulsions, des nervures striant le ciel et la terre, tout… tout. Moi il m’arrive parfois de confondre le jour et la nuit, quand le cœur aveugle et lourd, agissant sur les paupières et ma vie, tout entière ! Oh et puis ça ne sert à rien, je ne veux pas ruminer. Tu dois comprendre que c’est plus fort que moi… je te vois t’éloigner dans mes rêves, parfois même je t’entends me haïr, me condamner, alors moi… alors moi… je suis d’accord. Pardon milles et unes fois petites étoiles, pardon le ciel de venir te quérir de si mauvaises nouvelles, pardon le sort, et le jours qui bat encore… pardon l’amour et ses folies étranges, pardon le cœur, et tout ces maux là qui dérangent… Pardon, pardon, pardon… oui je me tais. Oui, oui… mon silence est d’or, certes mais… Je te laisse tant que le soleil dort encore. »