totora
Nouveau poète
« Il est bientôt l’heure je crois. J’ai vu le monde s’aplanir dans un soupir silencieux. J’ai vu des désirs s’éteindre jusque dans les sourires, pour s’apaiser… s’apaiser quelques secondes trop éphémères. Il est bientôt l’heure je crois. Dieu a mis son manteau gris-camouflage pour ne plus avoir à être hélé en chemin. Il est bientôt l’heure tu le sais ? J’arriverais par les fenêtres, avec le vent froid. La neige sera mon visage et les odeurs de terres après la pluie seront mes émotions. La fatigue et le temps n’auront plus aucun impact. Plus aucun sens. Nous serons libres tu comprends ? Toi de moi et moi du ciel orageux. J’ai rêvé de cet instant plusieurs centaines de nuits… tu l’as rêvé toi aussi ? Dis l’as-tu rêvé toi aussi, de ce moment unique. De cet appel, de cet appel sourd et puissant pour notre signal-bruit moral. Il est bientôt l’heure je le sens. Les étoiles elles-mêmes couvrent des yeux la saturation de notre éternité. En remontant le fleuve de nos yeux, je crois que tu pourras m’apercevoir. Parfois. De temps en temps. Lorsque j’en aurais l’envie. Lorsque je ne serais plus fumée. Lorsque je pourrais m’évanouir dans ta respiration, me perdre dans les allées sinueuses de tes neurones, m’évader dans ton inconscient ! Quelque chose qui n’aurait plus le goût fade de nos journées moites. Il est bientôt l’heure, je le sais. Je l’ai toujours su. Toujours attendu, même sans le savoir ! C’est un peu de ça qui fait de nous du vivant. S’apaiser… s’apaiser dans un souffle, dans un murmure, le temps d’une unique évasion… afin d’éviter l’entropie. C’est bien ça que tu voyais tonner au loin hein ? L’entropie. Notre entropie. Notre ex-néant qui ne se remplirait inlassablement que de chaos… C’est ça, dis ? L’altération de nos cerveaux. L’hibernation des émotions jouissantes-souriantes. L’indignation de notre corps humain face à la réalité que l’on n’a jamais su vraiment rendre réel. La dégénérescence du beau. L’entropie quoi. Notre entropie.
Il est bientôt l’heure. Le ciel a la pâleur des jours qui ne se lèvent pas. Je crois que le Soleil est trop épuisé de sa folle nuit pour pouvoir veiller sur nous ce matin. Ça manque comme un silence entre nous. Comme un silence entre moi et toute l’humanité. Mais on fera sans, on a toujours su faire sans lui.
J’arrive. Fermes bien les yeux, c’est pour bientôt. Ne m’en veux pas. Il faudra bien un jour s’inonder dans le sommeil ! Que les rêves puissent enfin nous saisir…
Silence – Je m’hallucine tout seul. »
Il est bientôt l’heure. Le ciel a la pâleur des jours qui ne se lèvent pas. Je crois que le Soleil est trop épuisé de sa folle nuit pour pouvoir veiller sur nous ce matin. Ça manque comme un silence entre nous. Comme un silence entre moi et toute l’humanité. Mais on fera sans, on a toujours su faire sans lui.
J’arrive. Fermes bien les yeux, c’est pour bientôt. Ne m’en veux pas. Il faudra bien un jour s’inonder dans le sommeil ! Que les rêves puissent enfin nous saisir…
Silence – Je m’hallucine tout seul. »