• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Si tu meurs en jeunesse, autant as tu goûté

Eléâzar

Maître Poète
Si tu meurs en jeunesse, autant as tu goûté
D'amour, et de douceur durant ce peu d'espace,
Que si de deux cens ans tu par-faisais la trace,
Nul plaisir est nouveau sous le ciel revoûté :

Pour boire plusieurs fois le ventre dégoûté
N'en est de rien plus soul, la corruptible masse
De ce corps que tu traine, est semblable à la tasse
Qui ne retient pas l'eau que l'on lui a jeté.

Partant soit tôt ou tard que le trait de la Parque
Du nombre des vivants au tombeau te démarque,
N'abandonne à regret le monde dépourvu :

Tu vois tout en un an et ce que l'influence
Des saisons, et des temps plusieurs siècles avance,
N'est rien que le retour de ce que tu as vu.


Jean-Baptiste CHASSIGNET
1 571 - 1 635
 
Retour
Haut