totora
Nouveau poète
« Ça tourne et ça balance. Ça explose et ça me rend sourd aussi. Crois-tu que l’on aura enfin payé le prix de notre liberté sous condition ? J’ai peur que non parfois, une machine infernale… Pourquoi est-ce que j’ai le cœur léger alors ? Pourquoi est-ce que ce n’est pas pareil ce soir ? Ça tourne et ça balance, ça tangue sous mes pieds aussi. Ça bat, fort et ça ne s’arrête pas ! J’ai du mal à respirer tu sais, j’ai du mal à sentir le souffle se frayer un chemin dans mon ventre… Et puis cette alarme qui ne cesse de hurler ! Ne fais pas ci, ne fais pas ça, baisse les yeux, sens le vent froid, reste calme, ne t’énerve pas, jamais, ne fais pas de vague, évanouis-toi, efface-toi. « Efface-toi », j’ai la sensation de l’avoir entendu toute ma vie. J’ai la sensation que ça ne date pas de toi ! Et pourtant… Et pourtant. Elle avait un sourire immense tu sais ? Le genre de sourire qui faisait fermer les yeux parce que trop intimidant. Un vrai sourire, pas comme les tiens. Le monde tournait autour de ses yeux aussi, je ne l’oublie pas, il ne faut pas oublier ses yeux… On ne peut oublier ses yeux. Ça tourne et ça balance. Ça explose et ça me rend sourd aussi ! Ça pose un poids sur mes épaules et m’épuise, ça brûle, ça consume tout dans ma tête. Crois-tu, que l’on aura enfin payé le prix de notre liberté sous condition ? Crois-tu que j’aurais enfin payé le prix de mes errances et de ma lâcheté ? Imagines-tu, ne serait-ce qu’un instant que ça me serait possible de ne pas avoir son visage dans ma tête après chacune de mes respirations ? J’ai changé… tellement, en si peu de temps, quand je me regarde dans le miroir je ne me reconnais pas. Les cheveux longs toujours mal coiffés sont tombés. La barbe de négligence a été rasée. Le sourire s’est atténué pour être plus réel, plus vrai et je n’ai plus cet air de dépression à chaque instant. C’est tout un monde que mon corps tu le sais ? J’ai le cœur léger de journées chaudes, ensoleillées, et la tête aux éclipses… Mais ça, tu le sais bien, tu me connais je crois. »