J’ai vu de mes propres yeux
Des cochons, des chiens que l’on dorlote
J’ai vu de mes propres yeux
Des Hommes sans culotte
Pour fuir l’ombre de la misère
Gratter de leurs ossements l’aride terre
Dans le dominant de la peine
Chercher l’illusion de la graine
Des Hommes plus maigres que la paille
Broutant la poussière comme du bétail
Des semblants d’Hommes en avarie
Froissés, cassés et de tout taris
J’ai vu de mes propres yeux
Des ânes, des rats que l’on cajole
J’ai vu de mes propres yeux
La misère qui tue, vole et viole
Les âmes de ces pauvres du monde
Fait de macabres sordides immondes
Grand dépotoir de ces sans rien
Qui rêvent de vie de chien
De chat, d’ânes, de n’importe quoi
De l’animalier que l’on choie…
Mon cœur a mal
Il boude, il râle
J’ai vu de mes propres yeux
Que de mets sur d’immenses tables
J’ai vu de mes propres yeux
La misère pourrie vicieuse insupportable
Au revers du splendide monde
La serpe misère immonde
Qui dépérit le maternel des poitrines
Et sème les fosses communes
J’ai vu de mes propres yeux
Et depuis j’ai mal au cœur
J’ai vu de mes propres yeux
Et depuis je meure et me meure