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Roi sans couronne

Linleyi

Nouveau poète
Beaux messieurs et gentes dames
Vous que l’on nomme tristes faces
Veuillez tendre l’oreille
Et entendre l’histoire
D’un roi sans couronne
Brisé par la souffrance
Dont vous vous faites la parure.


En un monde de peine
Il était la joie
Souffle insaisissable
Dans les brumes du chagrin

Souverain d’un royaume de lumière
Personne n’aurait imaginé
Que le roi sombrerait
Dans un océan de ténèbres.

Son destin fut scellé
En une perle céleste
Larme d’un paradis
Pleurant l’un de ses anges.

Echu sur la terre
Par quelque mystère
Le cœur du souverain
Lui éleva un sanctuaire

Lui qui n’avait jamais connu
Que l’ivresse de la joie
Eprouve désormais
La morsure de l’amour

Sous les feux ardents du soleil
Ou la douce lueur des étoiles
Seule son aimée
Emplit ses pensées.

Et tel un Icare se brûlant les ailes
Un papillon fleuretant avec les flammes
Il s’élance dans le brasier
Et se fait consumer.

Mais comment un roi bouffon
Pourrait-il bien courtiser pareille beauté
Alors qu’il n’a pour mérite
Qu’un eternel sourire

Telle une ombre
Il la suit en silence
Enchaînant ses désirs
L’aimant sans lui dire.

Mais le temps passe
Et si son sourire ne s’efface
Peu à peu il se fait masque
D’un triste sire cachant la face

Car auprès de son aimée
Son cœur saigne de ne pouvoir s’exprimer
Et de voir à son bras
Un autre s’accrocher.

Le destin poursuit son œuvre
Emportant loin du roi
La flamme qui éclairait sa vie
Le plongeant dans une nuit sans fin

Par la joie abandonnée
De sa lumière privé
Il ne lui reste plus désormais
Qu’un pauvre masque fissuré.

Seul en son royaume
Il joue au fagotin
Pour le plaisir d’un peuple
Ignorant tout de son chagrin

Mais ceux qui tissent l’avenir
Du roi n’ont pas fini de rire
Et sur le fil de sa vie
Tressent un nouveau nœud.

Dans son monde embrumé
Ils envoient un nouvel ange
Séraphin aux ailes brisées
Pour jouer avec son cœur blessé

Et pour son cœur tourmenté
Par la perte de son aimée
Les yeux cristallins
Sont tels deux pièges divins

Son masque vole en éclats
Et le roi signe son trépas
S’abandonnant à un mirage
Auquel il ne peut échapper

Il se laisse bercer
Par cette illusion dorée
Tel un Damoclès
Ignorant l’épée

Car le bonheur
En appelle au malheur
Et une breve rêverie
Peut devenir un long cauchemar.

Le mirage s’efface
Et la réalité le terrasse
Jamais il ne pourrait rendre à cet ange
Les ailes qui lui furent arrachées

Tout ce qu’il pouvait lui offrir
Etait un infâme sacrilège
Qui dans son âme meurtrie
Distilla un peu plus de souffrance

Encore une fois abandonné
Désormais seul avec son infamie
Il abandonne sa couronne
Et part en exil

En ce point
La légende se perd
Telles les branches d’un arbre
Se dispersant dans les cieux

Certain disent
Que le poids du chagrin
Ecrasa le roi
Et précipita sa fin

Que dans l’étreinte d’un saule
Il rendit son dernier soupir
Un collier de feuille
Ornant son cou pour l’éternité.

D’autres prétendent
Qu’il ne cessa d’errer
Cherchant la réponse
Qui rachètera son crime.

Mais il est une autre histoire
Que les conteurs narrent le soir
Quand auprès de la cheminé
Les hommes sont rassemblés

Sur le sentier de l’exil
Il aurait vu tant de peine
De larmes et de haine
Que le monarque ressuscita

Car comment pourrait-il
Imposer son chagrin
A un monde déjà plein
D’un sombre désespoir

Il enfouit sa tristesse
Dénigra les ténèbres
Reprit sa couronne
Et redevint souverain

On le destinait au malheur
Il traquerait donc son bonheur
Et retrouvera l’ange
Qu’on osa lui enlever

Puis il partira
En quête de la clé
Qui pourra lui ouvrir
Le cœur de son aimée.


Maintenant à vous tristes sires
A vous de choisir
Quelle branche du destin
Sera votre chemin
Mais sachez bien
Qu’il est des parures
Qui ne devraient se porter
Car elles sont l’apanage
D’un jeu malheureux
Dont seuls les très hauts
Sont capable de jouir.
 
il est trop beau jadore les mot ke tu emploi c génial merci j'ai eu du plézir a le lire
 
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