• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Requiem pour un mort vivant

Abid Hmida

Poète libéré
J'ai commencé à considérer ma vie autrement,
Apprendre à économiser ce qui pouvait rester
De mes jours et de mes nuits, à faire attention,
A marcher dans la rue avec l'air de m'excuser

A bien boutonner ma chemise et mon gilet,
De peur du froid dans une totale résignation.
Me souvenir de qui dans mes joies était bien là
Et qui dans mes peines et tristesses ne l'était pas.

Et j'ai enfin compris les vérités que je connaissais
Et que jusqu’alors j'avais tues ou préféré ignorer.
Quand je me glissais dans mon lit douillet
J'étais certain qu'au matin je m'éveillerais.

A présent dormir relève plutôt du souhait,
Ne sachant si la mort viendrait me faucher
Avant, pendant mon sommeil ou bien après.
Quand j'étais fatigué, éreinté, épuisé

J'étais sûr de pouvoir enfin me reposer,
Et quand désespéré, il m'arrivait de pleurer,
J'étais certain que mes larmes allaient sécher.

Les années se sont succédé inlassablement
Et l'automne de ma vie arriva tambour battant
Et ceux que je croyais être des Anges,
Se sont avérés de vrais démons.

Quoi en cela d'exceptionnel?
Je pensais que j'étais éternel
L'aiguille du compteur montait.
Et les années de ma vie filaient.

Alors que ceux, qui dans ma prime jeunesse,
Étaient la source de mes joies, sans cesse
M'ont berné et m'ont précipité dans la tristesse.

Mes amis qui m'ont largué et oublié par traîtrise
Et ceux qui me sont revenus par pure convoitise,
Croire en leur amitié ne fût hélas que pure méprise.

Je finis par me résigner et admettre pour me consoler
Que les seuls amis capables de donner sans compter
Sont ceux qui très tôt nous ont quittés
Et ne sont plus qu'un petit tas d'osselets.

A celles que j'ai aimées pour leurs sottises,
Et à celles, qui m'ont aimé pour mes bêtises.
Je repense à Annie, à présent sur ses béquilles
Et avec qui je n'ai jamais pu fonder de famille.
Qui fût si belle et que j'aimais éperdument
Et qui maintenant porte des cheveux blancs.

Il n'y a plus rien qu'un vide sans fin,
Je suis assis...seul...dans mon coin
Et me contente de n'être plus que le spectateur
D'une fin de vie dans un monde sans valeurs,
En attendant de me retrouver enveloppé dans un blanc linceul,
Enterré dans un champ clairsemé d'hortensias et de glaïeuls.

Quoi en cela d'exceptionnel?
Je pensais que j'étais éternel!
L'aiguille du compteur montait.
Et les années de ma vie filaient.

Abid HMIDA
 
  • Like
Reactions: zuc
Vous n'êtes pas si âgé que ça, je n'ai jamais entendu une personne âgée usiter le terme largué :) Non, vous n'êtes pas si âgé que ça.
 
l'important n'est pas de durer longtemps
mais d'avoir une vie bien remplie
"Hâte-toi de bien vivre" Sénèque
 
c'est bien aussi de contempler être spectateur, même de sa propre vie
 
Vous n'êtes pas si âgé que ça, je n'ai jamais entendu une personne âgée usiter le terme largué :) Non, vous n'êtes pas si âgé que ça.
C'est pourtant la réalité, j'aurais bientôt 83 ans mais je remercie Dieu de m'avoir fait don d'un coeur jeune dans une vieille guimbarde.
Merci à vous tout de même pour le compliment.
 
Dernière édition:
Retour
Haut