Regret à Deux
par Géraud
Brazzaville n'avait jamais été aussi belle aux yeux de Géraud.
Celui-ci se mit à chanter doucement, puis de plus en plus fort, mais cessa de peur d'être ridicule.
Apercevant la photographie d'un palmier, il se prit à rêver à un voyage, un long et beau voyage... aux côtés de celle qu'il rejoignait.
Sans trop savoir comment, il se retrouva devant la porte.
Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une belle voix chanta:
- Qui est là?
- C'est Géraud! Répondit celui-ci.
- Je ne connais aucun Géraud! Dit la voix.
Il y eut un silence.
- C'est toi, Lauriane? Fit Géraud.
La porte s'ouvrit soudain:
- Mais oui c'est moi, mon Géraud! Je t'ai bien eu.
Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps:
- Entre, dit-elle.
Géraud la suivit jusqu'au salon.
- Assieds-toi, fit Lauriane.
Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise.
Il ferma les yeux, et bailla.
- Viens sur mes genoux, dit-il à Lauriane. Je vais te raconter quelque chose.
Celle-ci obtempera, et fit comme si elle ne se doutait de rien. Mais elle savait exactement ce qui allait se passer. D'ailleurs, elle ne fut pas sitôt près de lui qu'il la serra dans ses bras et se mit à l'embrasser fougueusement. Peu après, elle le regarda et lança:
- Tu es tellement prévisible que tu en es touchant!
- Ah oui? Fit Géraud. Ça, c'est ce que tu crois. Car j'ai la preuve du contraire.
- J'aimerais bien voir ça!
- Viens, je vais te le dire en secret... dit-il.
Mais Lauriane, pas dupe, se jeta sur lui avant qu'il n'ait eu le temps de tenter quoi que ce soit, et l'embrassa à son tour.
Ils se regardèrent. Géraud approcha sa bouche de l'oreille de Lauriane et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Depuis maintenant onze longs mois que nous nous sommes rencontrés, je n'ai jamais aimé une femme autant que toi. Car les autres étaient des femmes ordinaires.
- Oh... c'est bien vrai?
- Oui, c'est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi élegant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Géraud rougit. Il se sentait bien. Au loin, un chien criait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
- Ma puce... Lauriane...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un sapin, en train de aimer à l'air libre. Près d'eux, Gan chantait ''Regret De Deux'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Géraud fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Guénolé, Lauriane réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Géraud rouvrit les yeux.
- Marions-nous...
- Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
Ils rirent. Ils étaient heureux.
Ils restèrent ainsi toute la nuit à se regarder dans le blanc des yeux. Parfois, ils s'embrassaient. Parfois, ils parlaient.
- Ne me quitte jamais, disait Géraud.
- Je ne te quitterai jamais. Tu es bien trop galant pour que je te quitte, répondait Lauriane. Tu es l'opposé de la bêtise, de la brutalité... tu vaux bien plus que ce rustre de Aristin. Je ne sais pas comment j'ai fait pour lui trouver du charme.
Et ils s'embrassaient. Puis ils s'embrassaient une nouvelle fois.
Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part.
par Géraud
Brazzaville n'avait jamais été aussi belle aux yeux de Géraud.
Celui-ci se mit à chanter doucement, puis de plus en plus fort, mais cessa de peur d'être ridicule.
Apercevant la photographie d'un palmier, il se prit à rêver à un voyage, un long et beau voyage... aux côtés de celle qu'il rejoignait.
Sans trop savoir comment, il se retrouva devant la porte.
Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une belle voix chanta:
- Qui est là?
- C'est Géraud! Répondit celui-ci.
- Je ne connais aucun Géraud! Dit la voix.
Il y eut un silence.
- C'est toi, Lauriane? Fit Géraud.
La porte s'ouvrit soudain:
- Mais oui c'est moi, mon Géraud! Je t'ai bien eu.
Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps:
- Entre, dit-elle.
Géraud la suivit jusqu'au salon.
- Assieds-toi, fit Lauriane.
Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise.
Il ferma les yeux, et bailla.
- Viens sur mes genoux, dit-il à Lauriane. Je vais te raconter quelque chose.
Celle-ci obtempera, et fit comme si elle ne se doutait de rien. Mais elle savait exactement ce qui allait se passer. D'ailleurs, elle ne fut pas sitôt près de lui qu'il la serra dans ses bras et se mit à l'embrasser fougueusement. Peu après, elle le regarda et lança:
- Tu es tellement prévisible que tu en es touchant!
- Ah oui? Fit Géraud. Ça, c'est ce que tu crois. Car j'ai la preuve du contraire.
- J'aimerais bien voir ça!
- Viens, je vais te le dire en secret... dit-il.
Mais Lauriane, pas dupe, se jeta sur lui avant qu'il n'ait eu le temps de tenter quoi que ce soit, et l'embrassa à son tour.
Ils se regardèrent. Géraud approcha sa bouche de l'oreille de Lauriane et chuchota:
- Je t'aime...
Bien sûr, il lui avait déjà dit qu'il l'aimait. Bien sûr, il lui avait dit des milliers de fois. Mais ce sentiment était toujours le même. Il voulut le lui dire.
- Depuis maintenant onze longs mois que nous nous sommes rencontrés, je n'ai jamais aimé une femme autant que toi. Car les autres étaient des femmes ordinaires.
- Oh... c'est bien vrai?
- Oui, c'est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi élegant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Géraud rougit. Il se sentait bien. Au loin, un chien criait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
- Ma puce... Lauriane...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un sapin, en train de aimer à l'air libre. Près d'eux, Gan chantait ''Regret De Deux'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Géraud fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Guénolé, Lauriane réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Géraud rouvrit les yeux.
- Marions-nous...
- Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
Ils rirent. Ils étaient heureux.
Ils restèrent ainsi toute la nuit à se regarder dans le blanc des yeux. Parfois, ils s'embrassaient. Parfois, ils parlaient.
- Ne me quitte jamais, disait Géraud.
- Je ne te quitterai jamais. Tu es bien trop galant pour que je te quitte, répondait Lauriane. Tu es l'opposé de la bêtise, de la brutalité... tu vaux bien plus que ce rustre de Aristin. Je ne sais pas comment j'ai fait pour lui trouver du charme.
Et ils s'embrassaient. Puis ils s'embrassaient une nouvelle fois.
Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part.