Filiatus
Maître Poète
Dans la famille Poincaré
Nombreux sont les intellectuels
On a même un petit dernier
Chef de service à RTL
Mais celui qui nous intéresse
N'est pas Lucien, n'est pas Henri
Ce n'est pas le CNRS
Que je revisite aujourd'hui
Dans la famille Poincaré
C'est le président que je pioche
Celui qui fut à l'Élysée
Du temps des Pétain, Joffre et Foch
Mais elles furent laborieuses
Les études dudit Raymond
Car tous les enfants de la Meuse
Les firent au son du canon
Et bien qu'un diplôme correct
Lui soit délivré à Nancy
Un Poincaré qui se respecte
Se doit de monter à Paris
Alors à Paris il arrive
S'inscrit au lycée Louis-Le-Grand
Avec le bac en perspective
Et la faculté en sortant
Licencié en droit et en lettres
Il devient avocat stagiaire
Et bientôt d'un célèbre maître
Il est nommé le secrétaire
Il se forme à la politique
Car il veut devenir quelqu'un
Sous les ors de la république
Alors il est Républicain
À vingt-sept ans il se présente
Comme député à la Chambre
On l'élit et contre toute attente
Quand vient la rentrée de septembre
La France ajuste ses bésicles
Dans l'Est, particulièrement
Car jamais dans cet hémicycle
On ne vit aussi jeunes gens
En mil huit cent quatre-vingt-seize
Trois fois ministre il a été
Et par ces musicales chaises
Il atteint la notoriété
Il connaît l'affaire Dreyfus
Le scandale du Panama
Mais chaque fois avec astuce
Il souffle le chaud et le froid
Il a les qualités requises
Pour devenir un sénateur
C'est tout du moins ce que se disent
Ses électeurs conservateurs
Elu sénateur de la Meuse
À la chambre haute, haut la main
Il coule des heures heureuses
Chargé de nouveaux maroquins
Jusqu'à l'Académie française
Qui lui promet monts et merveilles
Quand juste avant mil neuf cent treize
Il est Président du Conseil
Candidat quelques mois après
À l'élection présidentielle
Il l'emporte à deux-cents voix près
Contre un certain Paul Deschanel
Son mandat de chef de l'Etat
Est marqué par la Grande Guerre
Mais sa fonction s'arrête là
Où s'imposent les militaires
On dit que son Garde des Sceaux
Possède plus de magistère
Depuis que Georges Clémenceau
Dirige tous les ministères
Et de batailles en batailles
Le Tigre conduit les armées
Signe le traité de Versailles
Laissant Raymond à l'Elysée
Il a juste la soixantaine
Quand il quitte la présidence
Et sénateur dans sa Lorraine
Pour lui nouvelle vie commence
Mais la valse des portefeuilles
N'étant que grande farandole
Raymond retrouve son fauteuil
De gouvernant aux Années folles
Chacun tenant à s'élever
À son niveau d'incompétence
Un vent d'impopularité
Le conduit à la déchéance
En mil neuf cent vingt-neuf, notre homme
Usé, quitte la politique
Rédige sa vie en dix tomes
Et bien poli la terre il quitte
Nombreux sont les intellectuels
On a même un petit dernier
Chef de service à RTL
Mais celui qui nous intéresse
N'est pas Lucien, n'est pas Henri
Ce n'est pas le CNRS
Que je revisite aujourd'hui
Dans la famille Poincaré
C'est le président que je pioche
Celui qui fut à l'Élysée
Du temps des Pétain, Joffre et Foch
Mais elles furent laborieuses
Les études dudit Raymond
Car tous les enfants de la Meuse
Les firent au son du canon
Et bien qu'un diplôme correct
Lui soit délivré à Nancy
Un Poincaré qui se respecte
Se doit de monter à Paris
Alors à Paris il arrive
S'inscrit au lycée Louis-Le-Grand
Avec le bac en perspective
Et la faculté en sortant
Licencié en droit et en lettres
Il devient avocat stagiaire
Et bientôt d'un célèbre maître
Il est nommé le secrétaire
Il se forme à la politique
Car il veut devenir quelqu'un
Sous les ors de la république
Alors il est Républicain
À vingt-sept ans il se présente
Comme député à la Chambre
On l'élit et contre toute attente
Quand vient la rentrée de septembre
La France ajuste ses bésicles
Dans l'Est, particulièrement
Car jamais dans cet hémicycle
On ne vit aussi jeunes gens
En mil huit cent quatre-vingt-seize
Trois fois ministre il a été
Et par ces musicales chaises
Il atteint la notoriété
Il connaît l'affaire Dreyfus
Le scandale du Panama
Mais chaque fois avec astuce
Il souffle le chaud et le froid
Il a les qualités requises
Pour devenir un sénateur
C'est tout du moins ce que se disent
Ses électeurs conservateurs
Elu sénateur de la Meuse
À la chambre haute, haut la main
Il coule des heures heureuses
Chargé de nouveaux maroquins
Jusqu'à l'Académie française
Qui lui promet monts et merveilles
Quand juste avant mil neuf cent treize
Il est Président du Conseil
Candidat quelques mois après
À l'élection présidentielle
Il l'emporte à deux-cents voix près
Contre un certain Paul Deschanel
Son mandat de chef de l'Etat
Est marqué par la Grande Guerre
Mais sa fonction s'arrête là
Où s'imposent les militaires
On dit que son Garde des Sceaux
Possède plus de magistère
Depuis que Georges Clémenceau
Dirige tous les ministères
Et de batailles en batailles
Le Tigre conduit les armées
Signe le traité de Versailles
Laissant Raymond à l'Elysée
Il a juste la soixantaine
Quand il quitte la présidence
Et sénateur dans sa Lorraine
Pour lui nouvelle vie commence
Mais la valse des portefeuilles
N'étant que grande farandole
Raymond retrouve son fauteuil
De gouvernant aux Années folles
Chacun tenant à s'élever
À son niveau d'incompétence
Un vent d'impopularité
Le conduit à la déchéance
En mil neuf cent vingt-neuf, notre homme
Usé, quitte la politique
Rédige sa vie en dix tomes
Et bien poli la terre il quitte