Filiatus
Maître Poète
Avec ses bacchantes gauloises
Ses cheveux courts, son air martial
La bonne société bourgeoise
Put y voir le gendre idéal
Mais l'habit ne fait pas le moine
Ravachol est un imposteur
D'ailleurs tout ce qui est soutane
Il en a une sainte horreur
François Claudius naît dans la Loire
De Marie et de Jean Adam
Son père, un homme sans histoire
Se fait appeler "l'Allemand"
Bien qu'il soit Hollandais de souche
Ce que les Auvergnats ignorent
Pour eux son nom est bien trop louche
Au-dessus de Lyon c'est le Nord
De toute façon père et mère
Vivent dans le concubinage
Et c'est souvent seule la mère
Qui gère les frais du ménage
À son quatrième escogriffe
La mère jugeant son conjoint
Un petit peu trop agressif
Place ses fils chez un voisin
Dès ses huit ans François travaille
Dans la ferme du protecteur
Pour nourrir toute la marmaille
Il ne doit pas compter ses heures
Il est tour à tour garde-vaches
Berger, mineur et chaudronnier
Avant de trouver une tâche
À seize ans chez un teinturier
À dix-huit ans il s'intéresse
Peu à peu à la politique
Il se cultive, lit la presse
Et se fait un peu plus critique
Il rencontre des socialistes
Mais ils ne convainquent pas
Et c'est en milieu anarchiste
Qu'il vient faire ses premiers pas
Dès cette époque, Ravachol
Nous allons l'appeler ainsi
Bien que le nom de "Rocambole"
Lui sera attribué aussi
À partir de ce temps, disais-je
Pour l'élite il est "non grata"
Car s'insoumettre est sacrilège
[Quoique c'est encore le cas]
Sans travail et dans la misère
Il est tantôt bouilleur de cru
Tantôt agile "monte-en-l'air"
Parfois même chanteur de rues
C'est lorsqu'il atteint la trentaine
Qu'il commence à devenir fou
Il profane une tombe ancienne
Pour récupérer des bijoux
Mal renseigné, il cherche vite
À chasser un autre trésor
Et c'est en tuant un vieil ermite
Qu'il empoche quelques louis d'or
Quand la police le rattrape
Quand s'esquisse trente ans de bagne
Lors, habilement il s'échappe
Et se carapate en Espagne
Là-bas, un ami libertaire
Membre de réseaux très actifs
Lui apprend l'art et la manière
De fabriquer des explosifs
Pour fêter son retour en France
Il commet un grave attentat
Ce qui entraîne la violence
Dans Paris durant tout un mois
Bientôt c'est à la dynamite
Qu'il détruit un commissariat
Et le pavillon où habite
Un grand serviteur de l'état
Pour voir les dégâts de sa bombe
Il revient sur les sombres lieux
Mais là, sur la police il tombe
Et se fait prendre comme un bleu
Son procès s'ouvre au mois de mars
De mil huit cent quatre-vingt-douze
Il est seul avec trois comparses
Qui n'ont ni parents, ni épouses
L'un deux est condamné au bagne
Un deuxième est libre, acquitté
Le troisième, hélas, l'accompagne
Dans la rue du "Monte-à-Regret"
Ses cheveux courts, son air martial
La bonne société bourgeoise
Put y voir le gendre idéal
Mais l'habit ne fait pas le moine
Ravachol est un imposteur
D'ailleurs tout ce qui est soutane
Il en a une sainte horreur
François Claudius naît dans la Loire
De Marie et de Jean Adam
Son père, un homme sans histoire
Se fait appeler "l'Allemand"
Bien qu'il soit Hollandais de souche
Ce que les Auvergnats ignorent
Pour eux son nom est bien trop louche
Au-dessus de Lyon c'est le Nord
De toute façon père et mère
Vivent dans le concubinage
Et c'est souvent seule la mère
Qui gère les frais du ménage
À son quatrième escogriffe
La mère jugeant son conjoint
Un petit peu trop agressif
Place ses fils chez un voisin
Dès ses huit ans François travaille
Dans la ferme du protecteur
Pour nourrir toute la marmaille
Il ne doit pas compter ses heures
Il est tour à tour garde-vaches
Berger, mineur et chaudronnier
Avant de trouver une tâche
À seize ans chez un teinturier
À dix-huit ans il s'intéresse
Peu à peu à la politique
Il se cultive, lit la presse
Et se fait un peu plus critique
Il rencontre des socialistes
Mais ils ne convainquent pas
Et c'est en milieu anarchiste
Qu'il vient faire ses premiers pas
Dès cette époque, Ravachol
Nous allons l'appeler ainsi
Bien que le nom de "Rocambole"
Lui sera attribué aussi
À partir de ce temps, disais-je
Pour l'élite il est "non grata"
Car s'insoumettre est sacrilège
[Quoique c'est encore le cas]
Sans travail et dans la misère
Il est tantôt bouilleur de cru
Tantôt agile "monte-en-l'air"
Parfois même chanteur de rues
C'est lorsqu'il atteint la trentaine
Qu'il commence à devenir fou
Il profane une tombe ancienne
Pour récupérer des bijoux
Mal renseigné, il cherche vite
À chasser un autre trésor
Et c'est en tuant un vieil ermite
Qu'il empoche quelques louis d'or
Quand la police le rattrape
Quand s'esquisse trente ans de bagne
Lors, habilement il s'échappe
Et se carapate en Espagne
Là-bas, un ami libertaire
Membre de réseaux très actifs
Lui apprend l'art et la manière
De fabriquer des explosifs
Pour fêter son retour en France
Il commet un grave attentat
Ce qui entraîne la violence
Dans Paris durant tout un mois
Bientôt c'est à la dynamite
Qu'il détruit un commissariat
Et le pavillon où habite
Un grand serviteur de l'état
Pour voir les dégâts de sa bombe
Il revient sur les sombres lieux
Mais là, sur la police il tombe
Et se fait prendre comme un bleu
Son procès s'ouvre au mois de mars
De mil huit cent quatre-vingt-douze
Il est seul avec trois comparses
Qui n'ont ni parents, ni épouses
L'un deux est condamné au bagne
Un deuxième est libre, acquitté
Le troisième, hélas, l'accompagne
Dans la rue du "Monte-à-Regret"