• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

R o s e n o i r e

Tililouu

Nouveau poète
Un jardin aussi rouge qu’infini,
Veillé par la rassurante magie
D’un puissant et mystique torii,
Trônait sur le dos de ma colline.
Il savait fleurir ma triste mine
De par sa beauté des plus fines,
Et remplacer toute mes reines
Quand de ma fétide haleine,
S’extirpait l’infection de la haine…

Puis la foudre assiégea la place,
Brisant l’harmonie de ces roses
Pour que des éléments, elles trépassent
D’une agonie on ne peut plus moroses ;
Tel un tourbillon de grêle et d’orage,
La tempête les brisa dans sa sombre rage,
Puis s’en alla sans la moindre gène,
Comme l’inconscient et piteux alcoolique
Qui après ses ravages systématiques,
Emmène derrière lui un pas qui traîne…

J’accourus, complètement paniqué,
Ces pauvres demoiselles éplorées
Etaient sur le point de faner,
Certaines avaient survécues,
Mais le pacte devait se voir inclus,
Du renouveau d’un sourire abattu…

Les saisons entamèrent une reconstruction
Certes, mais imprégnée par la fièvres
Aux interminables sudations,
Dévorant de ses funèbres lèvres,
Mes sublimes amies par l’affliction…

Leurs anciens petits éclats de lance,
Muent désormais en d’horribles excroissances,
Au tranchant plus acéré que la souffrance ;
J’ai le souvenir d’une odeur à la fois douce et câline,
Qui de son pollen s’infiltrait dans mes chatouilleuses narines,
Aujourd’hui ce parfum n’est plus que vague toxine ;
Et voilà que des pétales, symbolique parure,
S’efface le rouge dans un lointain murmure,
Prêtant lieu au noir, couleur d’une claustration des plus pure ;
Dénuées d’un quelconque rythme véhément,
Chacune des choses les animant
Inspirent dès lors, à l’éloignement…

Les nuits vivent par le cauchemar,
Et l’obscurité galopante de désespoir
Se propage dans leur cœur démuni du moindre phare.
Parfois des larmes acides
Coulent le long de leur joue,
Creusant ainsi quelques rides
Au plus profond de leur dégoût ;
Il arrive même que de joyeux bourgeons
Eclosent aux cotés de leur impitoyable frustration,
Mais par la hantise, subissent mille mutilations,
Car ils représentent l’échéance d’une nouvelle éviscération.
Alors elles préfèrent les couper,
Plutôt que prendre le risque de les aimer…

Ces majestueuses et tristes dames,
Incarnent la nitescence des plus sombres flammes,
Un éclat de pure ténèbre,
Remuant entre chaque vertèbre,
Un couteau dont on ignorait la compagnie,
Jusqu’à ce qu’il nous en fasse prononcer les cris…
Elles sont pour le poète,
L’allégorie parfaite
De l’amour déchu,
Au secret espoir vaincu…

Qui aura donc le courage de guerroyer
Pour, d’une antique lueur de salvation, les sauver ?
Ma peine est lourde de par mon impuissance,
Dont j’ai malheureusement pleine conscience…

Comme j’aimerais être cet ange
Qui m’accorda le précieux lange,
D’où je pu ressusciter d’une mort
Qui cru avoir déjà sellée mon sort…

C’est alors porté par le présent élan de mélancolie,
Que je me déshabille devant le miroir à coté de mon lit.
Comme essayant de déceler un nouveau détail
A ce corps autrefois couvert d’entailles,
Je ne puis qu’en admirer l’hybridité déconcertante,
Paradant de taches noires sur une toile rougeoyante…


STARCK Bruno, Enfer Céleste, 28 Novembre 2007 (sous reserve de droit d'auteur)
 
Retour
Haut