rivière
Maître Poète
Quand vient le joli mois de mai
Quand vient le joli mois de mai,
je mets ma plus belle robe d’organdi,
mes bas de soie, et mes escarpins,
je mets ma plus belle robe d’organdi,
mes bas de soie, et mes escarpins,
je sors dès l’aurore de notre maison,
sac en bandoulière,
je longe le Loir où somnolent encore
sac en bandoulière,
je longe le Loir où somnolent encore
le virelai des ifs, et le divin tourment de mes désirs.
Je marche par les bois et la prée,
je bois l’eau des fontaines, la soie de mes espoirs,
Je marche par les bois et la prée,
je bois l’eau des fontaines, la soie de mes espoirs,
les nuages s’enfuient au loin,
la clarté pavoise. Je songe à toi, ma Maîtresse,
que j’ai quittée nue, alanguie par nos derniers duels d’Eros,
la clarté pavoise. Je songe à toi, ma Maîtresse,
que j’ai quittée nue, alanguie par nos derniers duels d’Eros,
je cueille alors des brassées d’asphodèles et des lys
que je te donnerai bientôt, à mon retour, à ton réveil.
Je t’ai rencontrée un dimanche de printemps,
que je te donnerai bientôt, à mon retour, à ton réveil.
Je t’ai rencontrée un dimanche de printemps,
pareil à celui-ci, à la sortie de la messe,
alors qu’assise sur le sol, engourdie par le froid,
tu tendais ta sébile à des personnes insensibles,
alors qu’assise sur le sol, engourdie par le froid,
tu tendais ta sébile à des personnes insensibles,
je pris ta dextre, et je t’emmenai en ma maison.
Je te nourris, car tu vais faim et soif,
puis, tu t’endormis bientôt en ma chambre, sur ma couche,
Je te nourris, car tu vais faim et soif,
puis, tu t’endormis bientôt en ma chambre, sur ma couche,
je m’assis auprès de toi, ton visage
disait le triomphe de la Grâce et de la beauté,
à ton réveil, tu m’attiras à toi contre tes seins arrogants et lourds,
disait le triomphe de la Grâce et de la beauté,
à ton réveil, tu m’attiras à toi contre tes seins arrogants et lourds,
tu m’effeuillas,
et je connus pour la première fois
les fêtes charnelles de Sappho,
et je connus pour la première fois
les fêtes charnelles de Sappho,
tu récoltas le miel de ma chair, nous le partageâmes,
et nous nous endormîmes, entrelacées,
baignées par le halo de notre tendresse.
et nous nous endormîmes, entrelacées,
baignées par le halo de notre tendresse.
Depuis lors, j’exulte, et je magnifie
à tout instant nos jouissances voluptueuses,
et les rivages de notre adoration si pure et si féminine !
à tout instant nos jouissances voluptueuses,
et les rivages de notre adoration si pure et si féminine !
Sophie Rivière
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