Maurice Marcouly
Maître Poète
Poète face à sa table bancale
Résigné au jeûne, aux engelures et à l'abstinence, de la soupe le matin, à midi et le soir, penché au dessus de ma table bancale, les yeux rivés sur mon encrier, les doigts gelés, je médite en silence. Au-dessus de moi, des pas légers en équilibre sur les poutres pianotent gaiement! La porte lézardée favorise une bise aigre venue des ténèbres qui s’engouffre en silence. Ma plume d’oie agite son aile rythmée au diapason d’un son qui me glace le sang. Un moment désœuvré je m’apprête à œuvrer face au vieux bougeoir où vacille, langoureuse, une flamme fragile. Sa douce lueur éclaire d’ombres folles mes anciens élans aux airs poétiques. Un verre d’absinthe à la main, mon seul réconfort dans cet antre d’inconfort, je m’énivre. Ma muse s’approche, je l’entends, elle vient, j’en use, j’en abuse jusqu’au matin naissant je flirte avec l’art aux pleins et aux déliés encrés d’idées divines.
La petite église abandonnée…
Ne suis-je pas plus belle et romantique que la massive cathédrale Notre Dame de Paris ?
Bonjour mes chers enfants,
Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu âmes qui vivent. Parfois des promeneurs jettent un œil furtif vers moi, je les entends alors prononcer au loin ces quelques mots : « Oh ! Qu’elle est jolie cette petite église posée aux flancs de la colline !»
Oui, je suis charmante, pourtant mon ossature aux murs lézardés, aux entrées aux portes absentes, au clocher sans cloches ni couverture mériterait qu’une main généreuse s’attarde un peu sur moi.
Je suis une des préférées du monde saint d’ici pour ma simplicité misérable, je suis devenue ainsi, au fil du temps qui fuit avant que je m’effondre.
Abandonnée ?... C’est ce que vous croyez, car souvent animée par un chœur où chantent mille cœurs, éclairée sous un ciel d'esprits purs qui flattent de louanges les anges qui planent par centaines au-dessus de mon grand perchoir.
L’hôtel, qui se dresse fièrement sous la voûte silencieuse drapée de brillants éternels accueillera toujours une pluie incessante de poussières égarées.
Abandonnée ?...C’est ce que vous pensez ?...C’est ce que vous croyez?
Rencontre du troisième type!
Aux premiers souffles de l’aube à l’heure où la faune fuit vers les sous-bois, sur le chemin caillouteux de la promenade où l’air s’est chargé d’élans aux odeurs pastorales et où le ciel s’étend en reflets envoûtants, je marchais quand, subitement, ma fidèle chienne au détour d’un sentier marqua un temps d’arrêt: face à nous, droite comme le mât d’un navire échoué, une silhouette, cheveux tendus sous une voile aux quatre vents me lança... « Ici, le temps a suspendu son vol, il n’y a plus d’heures propices !» Puis, aussi rapidement qu’elle nous était apparue, pareille à un mirage, son image fuyante quitta ce lieu aux effluves magiques. Non loin de là, alors que je m’interrogeais encore sur cet étrange rêve éveillé et que je foulais sans m’en rendre compte des vers égrenés récemment, sous l’arche d’un vieux pont deux créatures figées comme des pictogrammes sortis d’un monde imaginaire m’interpellèrent : « Ne nous reconnais-tu pas l’ami ?...» Le premier me lança : « Faut-il pour cela que je me couche sur le frais cresson vert et que le ruisseau desséché à mes pieds chante en accrochant follement aux herbes des rayons d’argent ?» « Et moi reprit son compagnon en arborant une physionomie spectrale plus que pittoresque, dois-je m’immaculer d’un interminable ennui au pied de cette pleine, pour que tu puisses apercevoir un ciel de cuivre sans lueur aucune? Ainsi, l’artifice qui apparaît à tes yeux sûrement irréel te permettra-t-il de voir vivre et mourir la lune ?» Pas de doute, il s’agissait bien du couple infernal ! Profitant d’un moment de lucidité, j’eus tout juste le temps de leur poser cette question : « Que faites-vous dans cet espace?» Alors, les deux amants, en chœur, dans un écho perçant qui me glaça le sang, eurent ces mots grisants : « Que crois-tu ? Nous t’attendons !».
Bon, je sais bien que vous n’allez pas me croire, pourtant j’ai eu le réflexe d’immortaliser cette scène irréelle sur ce cliché !
L’esprit poétique de l’oiseau bleu
Je suis l’esprit ailé, j’aime défier l’effraie,
Ces ombres furtives aux froideurs natives,
J’écarte du revers ce diable qui m’effraie,
Puis j’hume l’air pur des joies récréatives.
Loin du nid natal bercé sous l’aile tendre,
Errant vers un torrent au cours non rassurant,
Mon âme d’oiseau bleu a toujours su entendre
Les judicieux secrets sifflés par mes parents.
Sage volupté, tu fais bleuir les flammes
Azurées sous un ciel aux lueurs envoûtantes,
Où le puissant bénit de mille oriflammes
Mon cœur saint soumis aux pulsions déroutantes.
La conscience en fusion, je survis aux rapaces
Nés d’un univers aux sombres préambules,
Mais l’espèce mutante reine de l’espace,
N’éclipsera jamais mes clairs conciliabules.
Tiré de mon poème le soleil et le poète, mon hommage à Arthur Rimbaud
Il a gardé du Roi les gènes de l'artiste,
Mais aussi la fureur qui attise son cœur,
L’écriture dévoile son âme fabuliste,
Le lyrisme adoucit son instinct destructeur.
Ses yeux fixent le ciel le soir quand tout se fige,
L’espace néant lui donne le vertige,
Des myriades d'îlots s'allument en un instant,
Ses pensées s'illuminent il songe à son amant.
L'amour qui les unit l'inonde d'espérance,
L’idée de le revoir s'infuse d'une image,
Bénie d'éternité, et met fin à l'errance
D’un esprit captif à cette fleur de l'âge.
Sa séve s'électrise d'orages holorimes,
Sa flèche poétique s'élève vers le ciel,
Le récit de sa vie sous sa dictée s'imprime,
Sur une voûte claire au matelas glaciel.
Ce recueil de paroles sous les ailes du temps,
Fustige sa conscience, anesthésie ses peurs,
Un souffle de fraîcheur parfumé de printemps,
Accueille sa raison aux sources du bonheur.
Un serpentin naissant surgit des profondeurs,
Purifiant le reflet du génie créateur,
Maudit par le destin quand son bateau s'arrime,
Sur les vers enlacés des princes de la rime.
Le monde qu'il sculptait d'œuvres surréalistes,
S’inclinera toujours en hommage à l'artiste,
À la plume de feu volant dans tous les sens,
Près des nues électriques où l'éclair sent l'encens.
Bohémien au grand cœur au Parnasse des muses,
L’auberge où tu dors enjôle les regards,
Petit Poucet rêveur, ce trou de ver t'amuse,
Les brumes qui le voilent encrent tes yeux hagards.
Car des ondes fuyantes balayées par les vents,
Fleurissent l'azur vert d'aurores boréales,
De couleurs envoûtantes sur des tapis volants,
Saisissant les démons où flotte la Réale.
Ô! poussières solaires aux pensées libérées,
Ô! mystiques lueurs sur les vagues océans,
Ordonnez la sagesse aux pâleurs égarées,
Artistes créateurs, aux ombres de géants!
Brossons un tableau élogieux de la poésie en prose
La poésie doit naître d’une idée portée par un récit, cette idée doit avoir une âme, le récit un corps et l’un et l’autre sont inséparables.
Quelque soit notre âge, l’illusion poétique survit ; sans tomber dans le romanesque, notre fantaisie se replie sur le rêve. Une migration de tous les instants vers le climat des poètes s’impose à notre cœur et nous ne refusons jamais le voyage.
L’air y est si pur, le ton si haut, que les miasmes vulgaires pour les âmes basses, n’y survivent guère!
Il nous est, sans doute, facile de nous mettre en liaison avec cette splendeur de la beauté qui s’entoure des plus hauts sommets de l’idée. La poésie est ce monde surnaturel où l’on atteint l’extrême pointe de nous-mêmes, où l’on découvre la plénitude et les tendances profondes de l’être.
La poésie est une sauvegarde d’autant plus sûre que sa tutelle se plie sur notre naturel épris de rêve, d’émotion et de liberté. Elle prolonge en vibrations harmonieuses nos états d’âmes ordinaires et fixe nos inspirations, à un cœur sans emploi, elle peut offrir un objet d’adoration.
Nous devons aimer ce frémissement intérieur où viennent se réfléchir et s’exalter tant de nobles rayons et toutes les mystérieuses virtualités de notre pensée et de notre cœur.
Le prestige de la poésie, qui relève d’une technique luxuriante, mérite notre attention. Comme dans la nature "les parfums, les couleurs et les sons dans une ténébreuse et profonde unité", tous les arts s’y retrouvent et s’y répondent. Elle rivalise avec la peinture, la sculpture et la musique. Elle ne vit comme les beaux arts que de couleurs de relief et d’harmonie.
Poètes, vos vers charment mes yeux et leur mélodie parle directement à mon âme sa langue divine.
Créer la vision poétique, pour fuir le présent et sa prose inévitable, n’est pas simplement le parti pris de la beauté matérielle et sensuelle, mais bien une migration vers les âges disparus ou vers des terres lointaines.
L'exotisme dans le temps et dans l’espace répond à une tendance vigoureuse de notre cœur.
Si le vertige vous gagne sur les pics les plus hauts de la poésie, puissiez vous, au moins, ne pas renvoyer les légendes, les belles imaginations de nos humanités au pays des chimères.
L’année doit garder son printemps. On se demande avec angoisse quels fruits pourraient porter les arbres vigoureux et droits, pleins de sève généreuse, si la rigueur insolite de la saison les avait condamnés à n’avoir point de fleurs.
Au-dessous de la froide réalité, flotte un monde aussi vrai d’où se trouvent bannies les trivialités et les bassesses.
Rien n’y froisse les âmes dans leur élan vers la noble beauté qui s’exprime dans une langue divine, vivant symbole de perfection et de nouveauté. Elle procure cette joie de la découverte, si familière à notre esprit toujours jeune.
Enfin, c’est dans ce monde de la fantaisie, qui anoblit la vie ordinaire, que l’on trouve tous les sommets de l’idée, du sentiment et de la volonté.
La destinée de l’homme, sa grandeur et sa misère, s’expriment avec une éclatante lumière chez tous les poètes de génie.Tous les graves problèmes, tous les rayons sublimes y prennent un accent plus profond et plus émouvant. Rien de ce qui est humain et surtout divin ne leur est étranger.
S’ils peignent la vérité la plus triste et la moins belle, nous les sentons péniblement troublés.
Ils décernent la palme aux vainqueurs, aux volontés héroïques, découvrent chez nous que nul objet n’est plus élevé au monde que la grandeur du libre arbitre humain.
Tout ce qui dépasse dans la vie du cœur, dans l’action ou la pensée, le niveau ordinaire et moyen, relève directement de la poésie.
Elle seule est capable d’exprimer la beauté idéale sans la déformer avec tout l’enthousiasme qu’elle mérite et les plus sceptiques doivent lui reconnaître ce privilège.
Enfin, pour conclure, l’œuvre d’art n’est pas une traduction au clair de lune de la réalité, c’est la naïve adoration du vrai et de la nature avec la seule volonté de fuir la laideur, le mensonge grossier, les vilénies de la vie ordinaire.
Alexandrin boiteux à l’oreille ! Quand le poète perd pied… l’Alexanciel ! Néologisme à Momo
A érien sur les plus hautes cimes, tu rimes
L ’air y est si pur, le ton si haut, tu voles !
Éternel en pensées au son des holorimes,
X ylophone des âmes au son frivole,
Arrondi poétique, aux ondes fines,
N ulle mélodie ne clame autant les cieux !
D onne à ce vol une ode féminine,
R êves aux doux échos aux timbres judicieux,
I déalise ce roi à la langue divine,
N aturels vers saints où plane l’esprit de Dieu.
Quand le poète le met au pied ! Il devient Alexandrin !…Sourires
A érien sur les plus beaux sommets tu rimes
L à haut, l’air est si pur, tu tiens le premier rôle
E n pensers éternels, au son des holorimes.
X ylophone léger pour âme au son frivole
A rrondi de prestige aux ondes poétiques
N ul chant ne sait autant harmoniser les cieux!
D onnant à cet envol des notes prophétiques
R êveur aux doux échos au timbre langoureux
I déal de ce monde à la langue unique
N aturel et saint vers louant l’esprit de Dieu!
Il faut que l’acrostiche rime !
R..eine sous les vents à l’air frais de tes rimes
I….magine les mots qui font frémir les cimes,
M…arie leur souffle court aux rayons ultimes,
E…ternels naîtront les vers aux sons sublimes.
Voici un retour vers la source…
L’onde miroitante éblouit mon regard,
Noyé sous une pluie d’étoiles fugitives.
Elle est le pur reflet du ciel le long du Gard,
Où plongent mes pensées aux soifs créatives.
Rivière charmeuse tu coules à contresens,
Emporté par le flot, je ne suis qu’un ballot
Secoué par l’écume ruisselant de non-sens,
Sous l’espace fuyant je vis ton trémolo.
Source naturelle tu sais lisser la faille,
Percer la roche dure, sculpter la paroi
D’un monde souterrain fruit de tes entrailles,
Plus loin, tu bénis la haute vallée des rois.
Le royaume des ombres aux lueurs sombres
Soude sur sa voûte les larmes de pierres,
Concrétions austères où mon âme sombre,
Près du lac mystère au chœur de Saint-Pierre.
Et enfin la Saint Valentin de Maurice ! Sourires
Il est né lors d’un concours de poésie ayant pour thème la Saint Valentin, j’ai mis une vingtaine de minutes pour l’écrire.
Revoilà la Saint Valentin,
Je m'attends à faire tintin !
Pas de cadeau pour Maurice,
Sous la couette protectrice !
Mais, qu’as-tu fait de ton enfance
Pour mériter cette abstinence ?
As-tu joué à la poupée ?
Oui! Je l’ai même découpée !
Ô ! quelle horreur as-tu faite là !
Il fallait bien et puis voilà !
Comment jouer au médecin
Seul dans mon lit sous le traversin ?
Est-ce de ma faute si mes parents,
N’ont jamais eu qu’un seul enfant ?
Puis à l'époque où je suis né,
On ne parlait jamais nénés !
Et aujourd’hui vous comprendrez,
Pourquoi puceau sur la cendrée,*
Près du chou de mon enfance,
Je cultive mon espérance !
Car, croyez-moi gens de Créa,
Sur la terre que Dieu créa,
Je ne suis pas le seul à boire
A cette source très illusoire !
• terre
• Site poétique Créa poème
Cyclone…suivi de : je divague…
L’œil pâle du cyclone voile mes vieux jours,
Encercle mes pensées de multiples torpeurs,
Sa vague houleuse encensée pour toujours
Brise ma conscience au-delà des vapeurs!
Il glisse lentement sur mes larmes versées,
Et plombe l’horizon de sombres oriflammes!
Ô mon cœur est meurtri ! Ô mon âme bouleversée !
Furieux crie ce géant, il affûte sa lame!
Pluie de sang, horizons ténébreux, vents mauvais,
Ma vie est cet enfer où je croise le fer,
J’esquive du revers, sans jamais me sauver
Du brasier attisé des yeux par Lucifer!
Je divague
Plié dans un linceul mon corps sur la civière,
Je songe enfin seul, libéré d’un enfer,
Aux remous incessants, reflux d’une rivière
Sanguinolente aux portes rivées en fer !
L’écluse régule mes rancœurs successives,
Une larme versée immacule les flots
D’images réfléchies aux lueurs excessives,
Puis baigne mes pensées bercées par le reflot !
Le clapotis de l’eau émoustille mes sens,
Je dérive embarqué sur une onde puissante,
Vers un monde lointain je vogue à contresens,
Happé par des courants aux forces saisissantes !
Dois-je espérer ? enfin croire au mirage ?
J’écoute en silence ma raison qui divague,
Mon âme s’enfuit avec force avec rage,
Au sein de l’univers mon esprit girovague.
Qui est qui?…Duo de Momo avec Charles Baudelaire
Le prestige de la poésie qui relève d’une technique luxuriante, mérite notre attention comme dans la nature les parfums, les couleurs et les sons dans une ténébreuse et profonde unité. Tous les arts s’y retrouvent et s’y répondent. Elle rivalise avec la peinture, la sculpture et la musique. Elle ne vit, comme les beaux-arts que de couleurs, de reliefs et d’harmonie.
Je leur dois bien ces quelques mots ! Ils me remercieront plus tard…sourires
Ne vous faites pas trop d’illusions sur la considération que pouvaient avoir les gens du peuple sur les plus grands écrivains à toutes les époques.
Beaucoup de ces plumes aux hautes envolées ont eu une enfance malheureuse, ce qui leur a permis de développer un style d’une sensibilité à fleur d’encre.
L’émotion ne peut germer et s’épanouir réellement qu’au sein d’une histoire vécue ! L’imagination n’a que très peu d’appuis pour un rendu à haute sensation.
Les écrivains ont souffert de la proximité qu’ils avaient avec les bouches d’égout comme je les nomme, Rimbaud les aurait sûrement qualifié de bouches d’ombre! Arthur en colère écrit : " J’ai horreur de tous les métiers ! Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles, la main à la plume vaut la main à la charrue".
Le très grand Flaubert s’insurge alors qu’il réclame trois stères de bois : "Et dire que l’on croit que je m’amuse ici !". Il écrit à Louise Colet sa copine : « Je travaille comme un acharné jour et nuit ! Il m’arrive d’écrire jusqu’à sept lignes par jour, je suis épuisé !».
Des lignes d’un labeur harassant où la plume trace péniblement ses sillons éternels.
Aujourd’hui, comme hier, cette pseudo oisiveté perçue par le voisinage est méchamment jugée. Dans un autre domaine voici une anecdote. Mon ami, champion de France de cyclisme professionnel, alors qu’il enfourchait son vélo pour parcourir plus deux cents kilomètres à l’entraînement, était le plus grand fainéant du pays !
Rendez-vous compte, il partait se promener à bicyclette pendant que son épouse était au travail pour nourrir la famille !
Ainsi vont les quolibets dans l’entourage de l’artiste et il meurt le plus souvent sans aucune reconnaissance.
Si, comme cela se produit parfois, son œuvre est reconnue à titre posthume j’ose espérer que cet élan vers cette juste récompense bien trop tardive ne dérangera pas son esprit voire son âme promis à un repos éternel bien mérité.
Permettez-moi d’insister ! Elles le valent bien!
Les bouches d’égout de notre belle région difficile d’échapper à ces relents nauséabonds!
Arthur Rimbaud encore lui, les aurait surnommées les bouches d’ombre, je vais toujours plus loin que lui, je les ai baptisées avec toute l’affection que je leur porte les bouches d’égout.
On les appelle communément ici et là les langues de vipères.
Elles se distinguent par leur facilité à véhiculer des ragots de tous genres, ainsi nos connaissances, sans être forcément curieuses, peuvent avoir de nos fausses nouvelles sans se déplacer sur de longues distances, ce qui est bien pratique reconnaissons-le !
La recette a toutefois tendance, au fil d’une propagation galopante à amplifier le mensonge. En effet, cela va être à celui qui apportera la meilleure touche poivrée finale, celle qui a le don de procurer un goût inimitable aux meilleurs recettes de nos grand-mères! Le raisonné qui écoutera malencontreusement devra avoir en tête la pensée de Blaise Pascal : "À la fin de chaque vérité, on se doit d’ajouter que l’on se souvient de la vérité opposée". Évidemment, la personne du coin aura une fâcheuse tendance à commérer sur son voisin direct, est-ce dû à l’héritage de ses ancêtres autour du lavoir ? Il n’y a pas de règle, c’est humain paraît-il ! Les faciès sombres finissent toujours par avoir une meilleure connaissance de votre existence que de la leur ! Elle est tellement plus extravagante qu’elle mérite sans nul doute que l’on s’y attarde pour que tout le monde en profite. Ce livre ouvert sur l’intimité du pauvre condamné malgré lui s’étoffe inexorablement et finit par devenir un roman fleuve et Dieu seul sait s’il aura une fin un jour ? On pourra ainsi le vider de son sang à loisir comme le ferait une sangsue jusqu’au pied de sa tombe !
Le condamné finira par ressembler comme deux gouttes d’eau à celui qu’il n’est pas, n’est-ce pas incroyable ? Il percevra jour après jour les regards qui le suivent, le jugent, le jaugent, même au point de le mettre parfois très mal à l’aise. Il deviendra malgré lui l’attraction d’une partie de son entourage et il s’en étonnera ! Pourquoi cette renommée acquise de bouches sombres en oreilles d’âne l’accable t’elle avec tant d’obstination ?
Il sera le seul à ne pas connaître page à page cette saga interminable et il finira par s’en attrister ! Grâce à Dieu, peut-être qu’un jour un homme sage à l’oreille sélective la lui racontera et ils finiront tous les deux par en pleurer…de rire bien entendu!
" Elle souriait de sa bouche édentée et ouvrait ses bras secs et noueux comme des sarments".
Les râteliers de l’audiovisuel m’esclaffent !
Ils ne sont pas en adéquation avec les faciès vieillissants qu’ils arborent. Sous leur blancheur nacrée, s’éclipsent comme par enchantement des mâchoires édentées, aux racines pourries jusqu’à la moelle de l’os qui les soutenait ! Avoir une expression au rictus naturel n’est plus à la mode, n’est-ce pas?
Nos rois, nos reines et leur suite ne souriaient jamais sur les tableaux qui les représentaient, leur dentition bien entendu en était l’indéniable raison.
Il y avait une certaine ressemblance physique entre les indigents et les riches autrefois.
Marcher la fleur aux dents toute son existence n’était donc pas l’apanage des nantis! Quelques gueux dotés d’une robuste mâchoire pouvaient alors être jalousés par les plus huppés de notre cher pays.
Les sans-dents ne se faisaient donc pas un sang bleu à ce sujet. Les gueux n’enviaient pas l’émail de la haute société car comme eux, ils ne pouvaient passer à travers les mailles du père Temps ! Sous la couronne royale solaire pullulaient des odeurs si repoussantes qu’elles auraient découragé les meilleures volontés lèche bottes d’aujourd’hui à vouloir lorgner vers elle ! Rester bouche bée était en ce lointain passé pour la bourgeoisie comme pour la noblesse le seul écran anti-laideur.
Quel dommage me direz-vous que cette ressemblance physique n’ait plus court! Si actuellement, comme en ces temps glorieux on pouvait jouir de cette égalité, nous serions à l’abri des clapets shootés aux artificielles ratiches qui polluent les écrans de l’idiot visuel à longueur de journée. Et qui sait ? Cet état de fait les obligerait à la fermer avant de l’ouvrir !
Imaginez de grandes baies édentées vomissant des notes mal orchestrées où les langues tournicotent autour de deux ou trois chicots !Je vous sens perplexes, voire interrogatifs ?
Peut-être pensez-vous que j’ai une dent contre eux ?
Ou alors, vous vous dites : «Décidément Momo ne mange pas à tous les râteliers !»
-Eat all the racks!
Premier acrostiche à Isabelle
I ris aux verts reflets ton air entre-deux airs
S ouligne tes pensées aux rayonnants revers.
A rc-en-ciel sous l’arche brillante des éclairs,
B énie par le poète saint musicien des vers,
É levés en concerts radieux, où les notes
L impides riment, encensant en louanges
L’ âme claire ailée, qui par instant pianote,
E t tinte l’amour, pour l’oraison d’un ange.
Deuxième acrostiche à Isabelle.
I mage de l’amour, ton fleuve atemporel
S erpente lentement la terre infiniment !
A noblis par l’instinct du fluide corporel
B attent les cœurs épris sur l’astre des amants.
E closent alors les fleurs des idylliques unions,
L’ instant est solennel ; encensés, les prêcheurs
L yriques baptisent en saintes communions,
E t bénissent Belle, l’archange du bonheur.
Résigné au jeûne, aux engelures et à l'abstinence, de la soupe le matin, à midi et le soir, penché au dessus de ma table bancale, les yeux rivés sur mon encrier, les doigts gelés, je médite en silence. Au-dessus de moi, des pas légers en équilibre sur les poutres pianotent gaiement! La porte lézardée favorise une bise aigre venue des ténèbres qui s’engouffre en silence. Ma plume d’oie agite son aile rythmée au diapason d’un son qui me glace le sang. Un moment désœuvré je m’apprête à œuvrer face au vieux bougeoir où vacille, langoureuse, une flamme fragile. Sa douce lueur éclaire d’ombres folles mes anciens élans aux airs poétiques. Un verre d’absinthe à la main, mon seul réconfort dans cet antre d’inconfort, je m’énivre. Ma muse s’approche, je l’entends, elle vient, j’en use, j’en abuse jusqu’au matin naissant je flirte avec l’art aux pleins et aux déliés encrés d’idées divines.
La petite église abandonnée…
Ne suis-je pas plus belle et romantique que la massive cathédrale Notre Dame de Paris ?
Bonjour mes chers enfants,
Il y a bien longtemps que je n’ai pas vu âmes qui vivent. Parfois des promeneurs jettent un œil furtif vers moi, je les entends alors prononcer au loin ces quelques mots : « Oh ! Qu’elle est jolie cette petite église posée aux flancs de la colline !»
Oui, je suis charmante, pourtant mon ossature aux murs lézardés, aux entrées aux portes absentes, au clocher sans cloches ni couverture mériterait qu’une main généreuse s’attarde un peu sur moi.
Je suis une des préférées du monde saint d’ici pour ma simplicité misérable, je suis devenue ainsi, au fil du temps qui fuit avant que je m’effondre.
Abandonnée ?... C’est ce que vous croyez, car souvent animée par un chœur où chantent mille cœurs, éclairée sous un ciel d'esprits purs qui flattent de louanges les anges qui planent par centaines au-dessus de mon grand perchoir.
L’hôtel, qui se dresse fièrement sous la voûte silencieuse drapée de brillants éternels accueillera toujours une pluie incessante de poussières égarées.
Abandonnée ?...C’est ce que vous pensez ?...C’est ce que vous croyez?
Rencontre du troisième type!
Aux premiers souffles de l’aube à l’heure où la faune fuit vers les sous-bois, sur le chemin caillouteux de la promenade où l’air s’est chargé d’élans aux odeurs pastorales et où le ciel s’étend en reflets envoûtants, je marchais quand, subitement, ma fidèle chienne au détour d’un sentier marqua un temps d’arrêt: face à nous, droite comme le mât d’un navire échoué, une silhouette, cheveux tendus sous une voile aux quatre vents me lança... « Ici, le temps a suspendu son vol, il n’y a plus d’heures propices !» Puis, aussi rapidement qu’elle nous était apparue, pareille à un mirage, son image fuyante quitta ce lieu aux effluves magiques. Non loin de là, alors que je m’interrogeais encore sur cet étrange rêve éveillé et que je foulais sans m’en rendre compte des vers égrenés récemment, sous l’arche d’un vieux pont deux créatures figées comme des pictogrammes sortis d’un monde imaginaire m’interpellèrent : « Ne nous reconnais-tu pas l’ami ?...» Le premier me lança : « Faut-il pour cela que je me couche sur le frais cresson vert et que le ruisseau desséché à mes pieds chante en accrochant follement aux herbes des rayons d’argent ?» « Et moi reprit son compagnon en arborant une physionomie spectrale plus que pittoresque, dois-je m’immaculer d’un interminable ennui au pied de cette pleine, pour que tu puisses apercevoir un ciel de cuivre sans lueur aucune? Ainsi, l’artifice qui apparaît à tes yeux sûrement irréel te permettra-t-il de voir vivre et mourir la lune ?» Pas de doute, il s’agissait bien du couple infernal ! Profitant d’un moment de lucidité, j’eus tout juste le temps de leur poser cette question : « Que faites-vous dans cet espace?» Alors, les deux amants, en chœur, dans un écho perçant qui me glaça le sang, eurent ces mots grisants : « Que crois-tu ? Nous t’attendons !».
Bon, je sais bien que vous n’allez pas me croire, pourtant j’ai eu le réflexe d’immortaliser cette scène irréelle sur ce cliché !
L’esprit poétique de l’oiseau bleu
Je suis l’esprit ailé, j’aime défier l’effraie,
Ces ombres furtives aux froideurs natives,
J’écarte du revers ce diable qui m’effraie,
Puis j’hume l’air pur des joies récréatives.
Loin du nid natal bercé sous l’aile tendre,
Errant vers un torrent au cours non rassurant,
Mon âme d’oiseau bleu a toujours su entendre
Les judicieux secrets sifflés par mes parents.
Sage volupté, tu fais bleuir les flammes
Azurées sous un ciel aux lueurs envoûtantes,
Où le puissant bénit de mille oriflammes
Mon cœur saint soumis aux pulsions déroutantes.
La conscience en fusion, je survis aux rapaces
Nés d’un univers aux sombres préambules,
Mais l’espèce mutante reine de l’espace,
N’éclipsera jamais mes clairs conciliabules.
Tiré de mon poème le soleil et le poète, mon hommage à Arthur Rimbaud
Il a gardé du Roi les gènes de l'artiste,
Mais aussi la fureur qui attise son cœur,
L’écriture dévoile son âme fabuliste,
Le lyrisme adoucit son instinct destructeur.
Ses yeux fixent le ciel le soir quand tout se fige,
L’espace néant lui donne le vertige,
Des myriades d'îlots s'allument en un instant,
Ses pensées s'illuminent il songe à son amant.
L'amour qui les unit l'inonde d'espérance,
L’idée de le revoir s'infuse d'une image,
Bénie d'éternité, et met fin à l'errance
D’un esprit captif à cette fleur de l'âge.
Sa séve s'électrise d'orages holorimes,
Sa flèche poétique s'élève vers le ciel,
Le récit de sa vie sous sa dictée s'imprime,
Sur une voûte claire au matelas glaciel.
Ce recueil de paroles sous les ailes du temps,
Fustige sa conscience, anesthésie ses peurs,
Un souffle de fraîcheur parfumé de printemps,
Accueille sa raison aux sources du bonheur.
Un serpentin naissant surgit des profondeurs,
Purifiant le reflet du génie créateur,
Maudit par le destin quand son bateau s'arrime,
Sur les vers enlacés des princes de la rime.
Le monde qu'il sculptait d'œuvres surréalistes,
S’inclinera toujours en hommage à l'artiste,
À la plume de feu volant dans tous les sens,
Près des nues électriques où l'éclair sent l'encens.
Bohémien au grand cœur au Parnasse des muses,
L’auberge où tu dors enjôle les regards,
Petit Poucet rêveur, ce trou de ver t'amuse,
Les brumes qui le voilent encrent tes yeux hagards.
Car des ondes fuyantes balayées par les vents,
Fleurissent l'azur vert d'aurores boréales,
De couleurs envoûtantes sur des tapis volants,
Saisissant les démons où flotte la Réale.
Ô! poussières solaires aux pensées libérées,
Ô! mystiques lueurs sur les vagues océans,
Ordonnez la sagesse aux pâleurs égarées,
Artistes créateurs, aux ombres de géants!
Brossons un tableau élogieux de la poésie en prose
La poésie doit naître d’une idée portée par un récit, cette idée doit avoir une âme, le récit un corps et l’un et l’autre sont inséparables.
Quelque soit notre âge, l’illusion poétique survit ; sans tomber dans le romanesque, notre fantaisie se replie sur le rêve. Une migration de tous les instants vers le climat des poètes s’impose à notre cœur et nous ne refusons jamais le voyage.
L’air y est si pur, le ton si haut, que les miasmes vulgaires pour les âmes basses, n’y survivent guère!
Il nous est, sans doute, facile de nous mettre en liaison avec cette splendeur de la beauté qui s’entoure des plus hauts sommets de l’idée. La poésie est ce monde surnaturel où l’on atteint l’extrême pointe de nous-mêmes, où l’on découvre la plénitude et les tendances profondes de l’être.
La poésie est une sauvegarde d’autant plus sûre que sa tutelle se plie sur notre naturel épris de rêve, d’émotion et de liberté. Elle prolonge en vibrations harmonieuses nos états d’âmes ordinaires et fixe nos inspirations, à un cœur sans emploi, elle peut offrir un objet d’adoration.
Nous devons aimer ce frémissement intérieur où viennent se réfléchir et s’exalter tant de nobles rayons et toutes les mystérieuses virtualités de notre pensée et de notre cœur.
Le prestige de la poésie, qui relève d’une technique luxuriante, mérite notre attention. Comme dans la nature "les parfums, les couleurs et les sons dans une ténébreuse et profonde unité", tous les arts s’y retrouvent et s’y répondent. Elle rivalise avec la peinture, la sculpture et la musique. Elle ne vit comme les beaux arts que de couleurs de relief et d’harmonie.
Poètes, vos vers charment mes yeux et leur mélodie parle directement à mon âme sa langue divine.
Créer la vision poétique, pour fuir le présent et sa prose inévitable, n’est pas simplement le parti pris de la beauté matérielle et sensuelle, mais bien une migration vers les âges disparus ou vers des terres lointaines.
L'exotisme dans le temps et dans l’espace répond à une tendance vigoureuse de notre cœur.
Si le vertige vous gagne sur les pics les plus hauts de la poésie, puissiez vous, au moins, ne pas renvoyer les légendes, les belles imaginations de nos humanités au pays des chimères.
L’année doit garder son printemps. On se demande avec angoisse quels fruits pourraient porter les arbres vigoureux et droits, pleins de sève généreuse, si la rigueur insolite de la saison les avait condamnés à n’avoir point de fleurs.
Au-dessous de la froide réalité, flotte un monde aussi vrai d’où se trouvent bannies les trivialités et les bassesses.
Rien n’y froisse les âmes dans leur élan vers la noble beauté qui s’exprime dans une langue divine, vivant symbole de perfection et de nouveauté. Elle procure cette joie de la découverte, si familière à notre esprit toujours jeune.
Enfin, c’est dans ce monde de la fantaisie, qui anoblit la vie ordinaire, que l’on trouve tous les sommets de l’idée, du sentiment et de la volonté.
La destinée de l’homme, sa grandeur et sa misère, s’expriment avec une éclatante lumière chez tous les poètes de génie.Tous les graves problèmes, tous les rayons sublimes y prennent un accent plus profond et plus émouvant. Rien de ce qui est humain et surtout divin ne leur est étranger.
S’ils peignent la vérité la plus triste et la moins belle, nous les sentons péniblement troublés.
Ils décernent la palme aux vainqueurs, aux volontés héroïques, découvrent chez nous que nul objet n’est plus élevé au monde que la grandeur du libre arbitre humain.
Tout ce qui dépasse dans la vie du cœur, dans l’action ou la pensée, le niveau ordinaire et moyen, relève directement de la poésie.
Elle seule est capable d’exprimer la beauté idéale sans la déformer avec tout l’enthousiasme qu’elle mérite et les plus sceptiques doivent lui reconnaître ce privilège.
Enfin, pour conclure, l’œuvre d’art n’est pas une traduction au clair de lune de la réalité, c’est la naïve adoration du vrai et de la nature avec la seule volonté de fuir la laideur, le mensonge grossier, les vilénies de la vie ordinaire.
Alexandrin boiteux à l’oreille ! Quand le poète perd pied… l’Alexanciel ! Néologisme à Momo
A érien sur les plus hautes cimes, tu rimes
L ’air y est si pur, le ton si haut, tu voles !
Éternel en pensées au son des holorimes,
X ylophone des âmes au son frivole,
Arrondi poétique, aux ondes fines,
N ulle mélodie ne clame autant les cieux !
D onne à ce vol une ode féminine,
R êves aux doux échos aux timbres judicieux,
I déalise ce roi à la langue divine,
N aturels vers saints où plane l’esprit de Dieu.
Quand le poète le met au pied ! Il devient Alexandrin !…Sourires
A érien sur les plus beaux sommets tu rimes
L à haut, l’air est si pur, tu tiens le premier rôle
E n pensers éternels, au son des holorimes.
X ylophone léger pour âme au son frivole
A rrondi de prestige aux ondes poétiques
N ul chant ne sait autant harmoniser les cieux!
D onnant à cet envol des notes prophétiques
R êveur aux doux échos au timbre langoureux
I déal de ce monde à la langue unique
N aturel et saint vers louant l’esprit de Dieu!
Il faut que l’acrostiche rime !
R..eine sous les vents à l’air frais de tes rimes
I….magine les mots qui font frémir les cimes,
M…arie leur souffle court aux rayons ultimes,
E…ternels naîtront les vers aux sons sublimes.
Voici un retour vers la source…
L’onde miroitante éblouit mon regard,
Noyé sous une pluie d’étoiles fugitives.
Elle est le pur reflet du ciel le long du Gard,
Où plongent mes pensées aux soifs créatives.
Rivière charmeuse tu coules à contresens,
Emporté par le flot, je ne suis qu’un ballot
Secoué par l’écume ruisselant de non-sens,
Sous l’espace fuyant je vis ton trémolo.
Source naturelle tu sais lisser la faille,
Percer la roche dure, sculpter la paroi
D’un monde souterrain fruit de tes entrailles,
Plus loin, tu bénis la haute vallée des rois.
Le royaume des ombres aux lueurs sombres
Soude sur sa voûte les larmes de pierres,
Concrétions austères où mon âme sombre,
Près du lac mystère au chœur de Saint-Pierre.
Et enfin la Saint Valentin de Maurice ! Sourires
Il est né lors d’un concours de poésie ayant pour thème la Saint Valentin, j’ai mis une vingtaine de minutes pour l’écrire.
Revoilà la Saint Valentin,
Je m'attends à faire tintin !
Pas de cadeau pour Maurice,
Sous la couette protectrice !
Mais, qu’as-tu fait de ton enfance
Pour mériter cette abstinence ?
As-tu joué à la poupée ?
Oui! Je l’ai même découpée !
Ô ! quelle horreur as-tu faite là !
Il fallait bien et puis voilà !
Comment jouer au médecin
Seul dans mon lit sous le traversin ?
Est-ce de ma faute si mes parents,
N’ont jamais eu qu’un seul enfant ?
Puis à l'époque où je suis né,
On ne parlait jamais nénés !
Et aujourd’hui vous comprendrez,
Pourquoi puceau sur la cendrée,*
Près du chou de mon enfance,
Je cultive mon espérance !
Car, croyez-moi gens de Créa,
Sur la terre que Dieu créa,
Je ne suis pas le seul à boire
A cette source très illusoire !
• terre
• Site poétique Créa poème
Cyclone…suivi de : je divague…
L’œil pâle du cyclone voile mes vieux jours,
Encercle mes pensées de multiples torpeurs,
Sa vague houleuse encensée pour toujours
Brise ma conscience au-delà des vapeurs!
Il glisse lentement sur mes larmes versées,
Et plombe l’horizon de sombres oriflammes!
Ô mon cœur est meurtri ! Ô mon âme bouleversée !
Furieux crie ce géant, il affûte sa lame!
Pluie de sang, horizons ténébreux, vents mauvais,
Ma vie est cet enfer où je croise le fer,
J’esquive du revers, sans jamais me sauver
Du brasier attisé des yeux par Lucifer!
Je divague
Plié dans un linceul mon corps sur la civière,
Je songe enfin seul, libéré d’un enfer,
Aux remous incessants, reflux d’une rivière
Sanguinolente aux portes rivées en fer !
L’écluse régule mes rancœurs successives,
Une larme versée immacule les flots
D’images réfléchies aux lueurs excessives,
Puis baigne mes pensées bercées par le reflot !
Le clapotis de l’eau émoustille mes sens,
Je dérive embarqué sur une onde puissante,
Vers un monde lointain je vogue à contresens,
Happé par des courants aux forces saisissantes !
Dois-je espérer ? enfin croire au mirage ?
J’écoute en silence ma raison qui divague,
Mon âme s’enfuit avec force avec rage,
Au sein de l’univers mon esprit girovague.
Qui est qui?…Duo de Momo avec Charles Baudelaire
Le prestige de la poésie qui relève d’une technique luxuriante, mérite notre attention comme dans la nature les parfums, les couleurs et les sons dans une ténébreuse et profonde unité. Tous les arts s’y retrouvent et s’y répondent. Elle rivalise avec la peinture, la sculpture et la musique. Elle ne vit, comme les beaux-arts que de couleurs, de reliefs et d’harmonie.
Je leur dois bien ces quelques mots ! Ils me remercieront plus tard…sourires
Ne vous faites pas trop d’illusions sur la considération que pouvaient avoir les gens du peuple sur les plus grands écrivains à toutes les époques.
Beaucoup de ces plumes aux hautes envolées ont eu une enfance malheureuse, ce qui leur a permis de développer un style d’une sensibilité à fleur d’encre.
L’émotion ne peut germer et s’épanouir réellement qu’au sein d’une histoire vécue ! L’imagination n’a que très peu d’appuis pour un rendu à haute sensation.
Les écrivains ont souffert de la proximité qu’ils avaient avec les bouches d’égout comme je les nomme, Rimbaud les aurait sûrement qualifié de bouches d’ombre! Arthur en colère écrit : " J’ai horreur de tous les métiers ! Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles, la main à la plume vaut la main à la charrue".
Le très grand Flaubert s’insurge alors qu’il réclame trois stères de bois : "Et dire que l’on croit que je m’amuse ici !". Il écrit à Louise Colet sa copine : « Je travaille comme un acharné jour et nuit ! Il m’arrive d’écrire jusqu’à sept lignes par jour, je suis épuisé !».
Des lignes d’un labeur harassant où la plume trace péniblement ses sillons éternels.
Aujourd’hui, comme hier, cette pseudo oisiveté perçue par le voisinage est méchamment jugée. Dans un autre domaine voici une anecdote. Mon ami, champion de France de cyclisme professionnel, alors qu’il enfourchait son vélo pour parcourir plus deux cents kilomètres à l’entraînement, était le plus grand fainéant du pays !
Rendez-vous compte, il partait se promener à bicyclette pendant que son épouse était au travail pour nourrir la famille !
Ainsi vont les quolibets dans l’entourage de l’artiste et il meurt le plus souvent sans aucune reconnaissance.
Si, comme cela se produit parfois, son œuvre est reconnue à titre posthume j’ose espérer que cet élan vers cette juste récompense bien trop tardive ne dérangera pas son esprit voire son âme promis à un repos éternel bien mérité.
Permettez-moi d’insister ! Elles le valent bien!
Les bouches d’égout de notre belle région difficile d’échapper à ces relents nauséabonds!
Arthur Rimbaud encore lui, les aurait surnommées les bouches d’ombre, je vais toujours plus loin que lui, je les ai baptisées avec toute l’affection que je leur porte les bouches d’égout.
On les appelle communément ici et là les langues de vipères.
Elles se distinguent par leur facilité à véhiculer des ragots de tous genres, ainsi nos connaissances, sans être forcément curieuses, peuvent avoir de nos fausses nouvelles sans se déplacer sur de longues distances, ce qui est bien pratique reconnaissons-le !
La recette a toutefois tendance, au fil d’une propagation galopante à amplifier le mensonge. En effet, cela va être à celui qui apportera la meilleure touche poivrée finale, celle qui a le don de procurer un goût inimitable aux meilleurs recettes de nos grand-mères! Le raisonné qui écoutera malencontreusement devra avoir en tête la pensée de Blaise Pascal : "À la fin de chaque vérité, on se doit d’ajouter que l’on se souvient de la vérité opposée". Évidemment, la personne du coin aura une fâcheuse tendance à commérer sur son voisin direct, est-ce dû à l’héritage de ses ancêtres autour du lavoir ? Il n’y a pas de règle, c’est humain paraît-il ! Les faciès sombres finissent toujours par avoir une meilleure connaissance de votre existence que de la leur ! Elle est tellement plus extravagante qu’elle mérite sans nul doute que l’on s’y attarde pour que tout le monde en profite. Ce livre ouvert sur l’intimité du pauvre condamné malgré lui s’étoffe inexorablement et finit par devenir un roman fleuve et Dieu seul sait s’il aura une fin un jour ? On pourra ainsi le vider de son sang à loisir comme le ferait une sangsue jusqu’au pied de sa tombe !
Le condamné finira par ressembler comme deux gouttes d’eau à celui qu’il n’est pas, n’est-ce pas incroyable ? Il percevra jour après jour les regards qui le suivent, le jugent, le jaugent, même au point de le mettre parfois très mal à l’aise. Il deviendra malgré lui l’attraction d’une partie de son entourage et il s’en étonnera ! Pourquoi cette renommée acquise de bouches sombres en oreilles d’âne l’accable t’elle avec tant d’obstination ?
Il sera le seul à ne pas connaître page à page cette saga interminable et il finira par s’en attrister ! Grâce à Dieu, peut-être qu’un jour un homme sage à l’oreille sélective la lui racontera et ils finiront tous les deux par en pleurer…de rire bien entendu!
" Elle souriait de sa bouche édentée et ouvrait ses bras secs et noueux comme des sarments".
Les râteliers de l’audiovisuel m’esclaffent !
Ils ne sont pas en adéquation avec les faciès vieillissants qu’ils arborent. Sous leur blancheur nacrée, s’éclipsent comme par enchantement des mâchoires édentées, aux racines pourries jusqu’à la moelle de l’os qui les soutenait ! Avoir une expression au rictus naturel n’est plus à la mode, n’est-ce pas?
Nos rois, nos reines et leur suite ne souriaient jamais sur les tableaux qui les représentaient, leur dentition bien entendu en était l’indéniable raison.
Il y avait une certaine ressemblance physique entre les indigents et les riches autrefois.
Marcher la fleur aux dents toute son existence n’était donc pas l’apanage des nantis! Quelques gueux dotés d’une robuste mâchoire pouvaient alors être jalousés par les plus huppés de notre cher pays.
Les sans-dents ne se faisaient donc pas un sang bleu à ce sujet. Les gueux n’enviaient pas l’émail de la haute société car comme eux, ils ne pouvaient passer à travers les mailles du père Temps ! Sous la couronne royale solaire pullulaient des odeurs si repoussantes qu’elles auraient découragé les meilleures volontés lèche bottes d’aujourd’hui à vouloir lorgner vers elle ! Rester bouche bée était en ce lointain passé pour la bourgeoisie comme pour la noblesse le seul écran anti-laideur.
Quel dommage me direz-vous que cette ressemblance physique n’ait plus court! Si actuellement, comme en ces temps glorieux on pouvait jouir de cette égalité, nous serions à l’abri des clapets shootés aux artificielles ratiches qui polluent les écrans de l’idiot visuel à longueur de journée. Et qui sait ? Cet état de fait les obligerait à la fermer avant de l’ouvrir !
Imaginez de grandes baies édentées vomissant des notes mal orchestrées où les langues tournicotent autour de deux ou trois chicots !Je vous sens perplexes, voire interrogatifs ?
Peut-être pensez-vous que j’ai une dent contre eux ?
Ou alors, vous vous dites : «Décidément Momo ne mange pas à tous les râteliers !»
-Eat all the racks!
Premier acrostiche à Isabelle
I ris aux verts reflets ton air entre-deux airs
S ouligne tes pensées aux rayonnants revers.
A rc-en-ciel sous l’arche brillante des éclairs,
B énie par le poète saint musicien des vers,
É levés en concerts radieux, où les notes
L impides riment, encensant en louanges
L’ âme claire ailée, qui par instant pianote,
E t tinte l’amour, pour l’oraison d’un ange.
Deuxième acrostiche à Isabelle.
I mage de l’amour, ton fleuve atemporel
S erpente lentement la terre infiniment !
A noblis par l’instinct du fluide corporel
B attent les cœurs épris sur l’astre des amants.
E closent alors les fleurs des idylliques unions,
L’ instant est solennel ; encensés, les prêcheurs
L yriques baptisent en saintes communions,
E t bénissent Belle, l’archange du bonheur.