Quand le vent se lève...
Le vent souffle sur le toit de la maison,
Entends-tu cette respiration du monde?
Entends-tu, au ciel l'orage qui gronde?
A chaque éclair ton cœur fait un bond...
Les blés d'or se couchent au champs,
Les nuages s'assombrissent d'ardoise,
Et les éclairs, au ciel s'entrecroisent
Entends-tu ces cris, ces hurlements?
C'est le vent qui s'engouffre, chantant
Une symphonie désaccordée, arrachant,
Laissant partout la trace de son passage,
Remodelant dans sa fureur le paysage...
Et l'orage approche, ses cordes sombres
Tournoient en rafales d'eaux argentées,
Alentour, les arbres se sont agenouillés,
Sous les attaques sournoises de l'ombre...
Dans les granges, les bêtes s'affolent,
Au coin du feu le chat se met en rond,
Annonçant la tempête...La girouette folle
S'égare, dehors la folie gagne le carillon...
Et le vent mauvais souffle sans relâche,
Des foins coupés arrachant les bâches...
Le paysan surpris, contre la tourmente,
Lutte, s'opposant à la horde déferlante...
Après d'énormes efforts, vidés, les êtres,
Les éléments s'apaisent... Alors le calme
S'installe, tous ont vécu quelque drame...
Un double arc-en-ciel vient d'apparaître...
Que sommes-nous devant tant de force?
Don Quichotte contre les moulins d'antan,
Lutte impossible, inégale, quand s'amorce
La puissance incommensurable des vents...
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