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puisque tu ne veux pas m'ecouter

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion 9ita
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9ita

Nouveau poète
Puisque tu ne veux pas m’écouter, je parle à mon âme
Fidèle et sombre compagnon, insondable miroir
Récepteur muet de mes clameurs intérieures
Qui jamais n’abandonne et jamais ne conforte.

Tu n’as pas voulu entendre les paroles amicales
Qui loin de jeter un voile sur nous deux
Réveillerait l’astre moribond et endormi
Pour qu’il éclaire l’obscur chemin de nos vies.

Tel un ivrogne qui se lève hagard et titubant
Voit le monde danser en paraboles irréelles
Avant de tituber et de tomber, lamentable objet
D’une addiction chaude et dévorante,

La passion m’a saisi de ses griffes acérées
Pour prendre son envol vers de lointains espaces
Quand une bourrasque violente l’a forcée à lâcher prise
Pour m’emporter dans son tourbillon infernal

Un illustre et prolifique poète un jour a écrit :
« L’homme n’est rien qu’un jonc qui tremble au vent »
Alors j’accepte mon sort sans haine ni ressentiment
Simple instrument d’une volonté qui me dépasse.

Pour l’honneur de ne pas rester quand on ne peut tout avoir
Il aurait fallu partir, ne pas croire en l’un
Et ne pas espérer de l’autre, illusion ténue
Quand il m’avait semblé qu’un lien plus fort nous unissait.

Alors ne reste-t-il que la poussière et la cendre ?
Que les sirènes bienveillantes de l’oubli ?
Que l’inconnue que l’on ne reconnait plus ?
Énigmes disparues dans les profondeurs des cœurs perdus.

Tu as choisi de garder le silence et de ne pas crier
De ne pas te battre alors qu’il aurait fallu lutter
Non pas pour sauver l’éphémère chimère
D’un futur partagé et heureux

Au moins l’amitié dans ses fondements d’airain !
Un jour peut être tu liras ces vers inutiles
Écrits sous le regard lointain de la grande arche
Ultimes lignes d’un poème inachevé…

Et au fond de ce brouillard que mes yeux n’ont pu percer
Peut être trouveront-elles un écho particulier
Ou se perdront dans la lente course
D’un crépuscule soudain et inexorable.
 
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