totora
Nouveau poète
« Les lampes à gaz s’éteignent, y a plus de gaz. Il fait noir sur mon chemin. Je cherche péniblement de quoi vaincre l’obscurité… Les cigarettes je les fumes une par une, dix par dix, peut être même vingt, trente… Qu’est ce que j’en sais ? Qu’est ce que j’en ai à foutre ? De toute façon je ne fume même pas. Y a plus de gaz, plus de cette lumière vieillotte, artificielle que je m’étais construit autour de mon cocon. Les heures passent lentement dans mon abri fait tout de blanc, tout de noir. Aller laisse moi pleurer. Je ne me sens plus très bien et je te regarde avancer, je regarde les autres, ils me font rires et parfois même sourire, ils me donnent envie de les suives parfois, de les écouter, de rire avec eux, de connaître l’humanité ainsi… Mais non. Je n’y arrive pas, j’ai ainsi envie de te parler, de prendre le téléphone, de t’appeler et de te dire ce qui ne vas pas, ce qui n’est jamais allé, de cet envie que je n’ai plus, de ces gens qui m’épuisent à discuter entre eux, à discuter avec moi, de tout ce temps que j’ai et que je n’utiliserais jamais… C’est silencieux et douloureux dans ma tête, je regrette tellement de chose, d’avoir laissé s’en aller ce qui m’était important, ce qui me rendait heureux, je regrette de n’avoir jamais su travailler aussi… Et de me retrouver à hésiter encore entre écrire et sourire. Entre lire et parler, entre vivre mourir, oui car quand j’écris c’est un peu comme si je mourrais. Pourquoi ? Par ce que le temps s’arrête et que mes doigts pianotent sur le clavier comme ça, j’ai juste à fermer les yeux, et laisser faire… C’est un peu comme ça que je tiens ma vie, je ferme les yeux, et je laisse mes doigts écrirent, les mots sortir, les larmes couler, et le temps passer, je crois que je ne me relis jamais. Ou pas souvent… voir pas assez. Je n’ai pas non plus toutes ces choses que j’avais à dire avant, par peur d’ennuyer peut être ? Par peur de l’hypocrisie, ça me fait sourire ces gens qui parlent, parlent, parlent et reparlent encore sans jamais se lasser, toujours quelques choses à dire, et puis… Bref, mes doigts pianotent encore… Pff putain, mais qu’est ce que je fous encore là moi ? Je ne suis pas à l’aise avec tout ça, rien ne me plais, de vivre, d’écrire, d’écouter la même chose, les mêmes gens parler, je crois que j’ai un peu perdu ce goût là depuis quelques années, elles sont où toutes ces putains de promesses ? Ces putains de conversations, ces putains d’heures passées à s’imaginer le futur, à se demander si nos amitiés n’auront pas muté en poussières, en songes, en rêveries, que des conneries. Et où est cette foutu candeur ? Celle que tu te doit d’avoir encore un peu… quelques part au fond de toi, bien enfouit, celle qui te fait pleurer la perte de toutes choses, celle qui te fait haïr la réalité. Pourquoi est ce que, comme ça je ne choisissais pas de devenir quelqu’un d’autre ? Le regard lointain, chaleureux aussi, pas sec, pas désagréable, quelqu’un de réaliste, quelqu’un qui cependant ne prendrais rien à cœur, rien du tout, pour ne pas avoir à écrire, car écrire c’est la mort, et vivre c’est mourir. »