Problèmes de société
Pour des personnes atteintes de désagrément
Une judicieuse collaboration s’impose souvent
Mais par des caprices inhérents à la nature,
Cela peut devenir parfois bizarre aventure.
- De quel mal souffrez-vous, s’enquit un non-voyant,
Auprès d’un paralytique criant ses tourments.
Puis-je vous être utile pour atténuer votre supplice,
Abréger vos souffrances et vous rendre service.
- C’est qu’en ce moment, lui dit le paralytique,
Compte tenu de mon état, je n’ai plus le physique
Qui me permet de me mettre un suppositoire,
Cela m’est une action totalement aléatoire.
- Qu’à cela ne tienne, l’interrompit le non-voyant,
Même aveugle, je peux vous aider céans
Et si par malheur, il m’arrivait de me tromper,
C’est que j’aurais confondu la porte avec l’entrée.
- Holà, attendez ! Confirmez-moi, l’arrêta l’infirme,
Qu’en plus de votre cécité, vous souffrez également
D’une absence notoire d’un manque de narines
Et que d’odeurs, vous n’en sentez nullement.
La garantie de votre aide ne me semblant pas entière,
J’hésite maintenant à vous confier mon derrière.
Ce fut à ce moment qu’un manchot s’approcha,
Et constatant ce qui les mettait dans cet état,
Il leur proposa de bien vouloir les aider,
Assister l’aveugle par la parole et le guider.
Notre trio ainsi formé, telle une équipe médicale,
S’installait sur un banc n’envisageant pas de mal
Que des passants pourtant intrigués par ces pratiques,
Considéraient leur manège d’un œil très critique.
Pour des non-avertis, l’affaire semblait suspecte
Tant leurs attitudes paraissaient incorrectes
Et, au lieu de leur proposer aide et assistance,
C’est vers la police qu’ils firent confidence.
Aux yeux des agents, il n’y avait plus de doute,
L’action était telle qu’elle ne pouvait être absoute,
Alors, manu militari, tout ce monde fut embarqué
Malgré leurs dénégations et leurs airs offusqués.
Aux yeux des témoins présents, c’était la solution,
Sauf pour un seul qui ne pouvait dire son nom,
Car muet de naissance il ne pouvait s’exprimer
Que par gestes bizarres, personne ne comprenait.
Il fit tant et si bien que l’un des pandores,
Croyant avoir affaire à un autre consort,
L’embarqua illico dans le panier à salade,
Le prenant à son tour pour un de ces malades.
Quelques jours plus tard, cette belle clique,
L’aveugle, le manchot, le muet et le paralytique,
Tous convaincus de partager le même vice,
Se retrouvaient assis sur un banc de justice.
Chacun pour sa défense avait un avocat,
Celui du manchot faisait des effets de bras,
Celui du muet pérorait comme personne,
Quant aux autres, ils voulaient qu’on pardonne.
Le juge, qui se devait d’être impartial,
Convoquait à la barre le muet sentimental,
Mais ses explications en forme de sémaphore,
N’apportait à sa compréhension aucun réconfort.
L’affaire, trop compliquée au demeurant,
Perturbait ses facultés et son jugement.
Pourtant il fallait bien que justice se fasse,
Sans qu’aucune partie ne perde la face.
Se référant alors d’un jugement de Salomon,
Il décida qu’il n’y aurait pas de sanction,
Ces suspects avaient l’air tellement innocents
Qu’il ne pouvait en être autrement !
Hors la maréchaussée, tous étaient satisfaits,
Tous certainement pas, car le sujet principal
Clamait toujours qu’il endurait son mal
Et qu’il aimerait bien être enfin soulagé.
Qu’à cela ne tienne, lui dit le non-voyant,
Je vais le reprendre maintenant sur ce banc
Et si par malheur, il m’arrivait de me tromper,
Nos amis sont là pour bien m’orienter.
Et l’histoire se renouvelle comme au début,
Si elle vous est agréable, si elle vous a plu,
Reprenez donc les strophes précédentes,
Elles sont encore là, toujours obligeantes.
Chibani
Pour des personnes atteintes de désagrément
Une judicieuse collaboration s’impose souvent
Mais par des caprices inhérents à la nature,
Cela peut devenir parfois bizarre aventure.
- De quel mal souffrez-vous, s’enquit un non-voyant,
Auprès d’un paralytique criant ses tourments.
Puis-je vous être utile pour atténuer votre supplice,
Abréger vos souffrances et vous rendre service.
- C’est qu’en ce moment, lui dit le paralytique,
Compte tenu de mon état, je n’ai plus le physique
Qui me permet de me mettre un suppositoire,
Cela m’est une action totalement aléatoire.
- Qu’à cela ne tienne, l’interrompit le non-voyant,
Même aveugle, je peux vous aider céans
Et si par malheur, il m’arrivait de me tromper,
C’est que j’aurais confondu la porte avec l’entrée.
- Holà, attendez ! Confirmez-moi, l’arrêta l’infirme,
Qu’en plus de votre cécité, vous souffrez également
D’une absence notoire d’un manque de narines
Et que d’odeurs, vous n’en sentez nullement.
La garantie de votre aide ne me semblant pas entière,
J’hésite maintenant à vous confier mon derrière.
Ce fut à ce moment qu’un manchot s’approcha,
Et constatant ce qui les mettait dans cet état,
Il leur proposa de bien vouloir les aider,
Assister l’aveugle par la parole et le guider.
Notre trio ainsi formé, telle une équipe médicale,
S’installait sur un banc n’envisageant pas de mal
Que des passants pourtant intrigués par ces pratiques,
Considéraient leur manège d’un œil très critique.
Pour des non-avertis, l’affaire semblait suspecte
Tant leurs attitudes paraissaient incorrectes
Et, au lieu de leur proposer aide et assistance,
C’est vers la police qu’ils firent confidence.
Aux yeux des agents, il n’y avait plus de doute,
L’action était telle qu’elle ne pouvait être absoute,
Alors, manu militari, tout ce monde fut embarqué
Malgré leurs dénégations et leurs airs offusqués.
Aux yeux des témoins présents, c’était la solution,
Sauf pour un seul qui ne pouvait dire son nom,
Car muet de naissance il ne pouvait s’exprimer
Que par gestes bizarres, personne ne comprenait.
Il fit tant et si bien que l’un des pandores,
Croyant avoir affaire à un autre consort,
L’embarqua illico dans le panier à salade,
Le prenant à son tour pour un de ces malades.
Quelques jours plus tard, cette belle clique,
L’aveugle, le manchot, le muet et le paralytique,
Tous convaincus de partager le même vice,
Se retrouvaient assis sur un banc de justice.
Chacun pour sa défense avait un avocat,
Celui du manchot faisait des effets de bras,
Celui du muet pérorait comme personne,
Quant aux autres, ils voulaient qu’on pardonne.
Le juge, qui se devait d’être impartial,
Convoquait à la barre le muet sentimental,
Mais ses explications en forme de sémaphore,
N’apportait à sa compréhension aucun réconfort.
L’affaire, trop compliquée au demeurant,
Perturbait ses facultés et son jugement.
Pourtant il fallait bien que justice se fasse,
Sans qu’aucune partie ne perde la face.
Se référant alors d’un jugement de Salomon,
Il décida qu’il n’y aurait pas de sanction,
Ces suspects avaient l’air tellement innocents
Qu’il ne pouvait en être autrement !
Hors la maréchaussée, tous étaient satisfaits,
Tous certainement pas, car le sujet principal
Clamait toujours qu’il endurait son mal
Et qu’il aimerait bien être enfin soulagé.
Qu’à cela ne tienne, lui dit le non-voyant,
Je vais le reprendre maintenant sur ce banc
Et si par malheur, il m’arrivait de me tromper,
Nos amis sont là pour bien m’orienter.
Et l’histoire se renouvelle comme au début,
Si elle vous est agréable, si elle vous a plu,
Reprenez donc les strophes précédentes,
Elles sont encore là, toujours obligeantes.
Chibani