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Prières

Eléâzar

Maître Poète
Accueillez-moi au chant de vos promesses mon Dieu ;
Que j’entre en coussins de tendresse au palais bleu ;
Je veux le prononcer du mot de votre bouche :
Amour rassasié où le cœur a pris souche.

Décadenassez-moi de mes enfermements,
De l’orgueil indécent de mon moi qui me ment ;
Décrassez-moi les yeux envahis par la fange
Apportée par Satan pour aveugler mon ange.

Montrez-moi les écrits où il est interdit
De rire et de chanter, de jouer, de pleurer.
Pourquoi le sérieux devrait prendre l’air grave
Quand le cou et les mains sont pris dans une entrave ?

Je soupire d’aisance en goûtant l’abondant
Eternel printemps que j’appelle en répondant
A votre joie de me voir fleurir sur la roche
Aussi dure que vous êtes de moi si proche.

Réfléchie sur le front, luit la grâce du don
D’un amour partagé qui sent bon le pain blond,
Le thym citronné et la fraîche coriandre
Qui n’en finissent pas de partout se répandre.

Donnez-moi de m’aider à me débarrasser
D’une âme que j’ai tant de mal à repasser,
Pour avoir oublié de l’avoir nettoyée
Comme si je l’avais au fond d’un puits noyée.

Une âme oubliée sent aussi fort que la mort,
Puant le renfermé d’autant plus que l’on dort ;
Et bien plus grave encore, elle tombe en poussières
Nous laissant orphelin de nos vaines prières.

Faites tomber les fils barbelés-barricades
Hérissés en défense aux torrents en cascades.
Otez les ferrures, faites pousser la fleur
Aux rives de nos yeux où l’eau coule en bonheur.

Disparaissent sans heurts les paresses du cœur
Qui refuse d’aimer en crainte de douleur ;
De rester isolé dans son bunker d’acier
Conduit sans coup porter en déshumanité.

Mon visage sali recru d’aigres fatigues
Elevées à l’angoisse au plain-chant de mes doutes,
Sera transfiguré si j’explose les digues
Du fleuve impétueux qui me barre la route.

Tinte la cloche ailée détachée du beffroi
Qui me porte et joyeux, m’envole, sans effroi,
En annonce de vie et de reconnaissance
Au pécher pardonné au puits de mes offenses.

Vois-tu si je sens bon, oint de l’huile d’amande,
Le fruit délicieux d’une joie recouvrée.
J’ai risqué déroute, dégoût et de rouiller,
Je fus retrouvé nu dans un champ de lavande.

Bénissez-moi mon dieu et tous ceux qui vous louent,
Les crâneurs et les durs qui vous font les yeux doux.
Vous avez su leur dire en mots sanctifiés
Qu’il n’est plus grande joie que d’oser à aimer.
 
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