Quand je pense à toi, je perds les pédales. On se bat tous les deux dans ma tête, et je me retrouve sur ton carrelage froid, toi, tu tombe sur moi. Je nous imagine si bien dans mes pensées que je m'enfuis de la réalité. Je crois y être la tout contre toi. Je sens même tes baisers sur mes lèvres et tes mains sur ma peau. Je finis toujours par ouvrir les yeux, ils sont gonflés de manque. De manque de toi. Alors je secoues la tête tristement, et je m'efforce de ne plus y penser. Je me mens. Mais quand je m'aperçois que ça marche, que j'oublie peu à peu, que ton odeur s'éloigne, que ton image s'efface, j'ai envie de mourir. Comme si plus rien n'avait d'importance sans quelque chose de toi qui me reste. Sans un peu de ta présence en moi. Même la plus minime. Tu sais si jamais tu me laisses un jour, je m'effondrerais c'est sur, je perdrais gout à la vie, mais je ne chercherais pas à t'oublier, parce que je sais que je finirais un jour par le faire. Même si ça met des années. C'est évident, un jour je t'oublierais. Je refuse même l'idée que cela puisse arriver. C'est tout bonnement inconcevable. C'est pourquoi je raviverais chaque jour en moi le souvenir de ton regard, de ton sourire, de ta voix, ta peau douce, ton odeur, tout, tout ce qui te constitue. Tant pis pour la douleur que cela m'infligera, je continuerais de t'aimer, même si j'en aime une autre. Je persisterais à te penser, malgré celui qui t'aura remplacé. Tu couleras dans mes veines jusqu'à ce qu'elles s'assèchent. Je te garderais dans chaque parcelle de mon corps et mon âme. Et d'autres prendront ta place sans doute, d'autre me marqueront peut être même d'avantage. Peu m'importe c'est pas seulement moi qu'ils aimeront, ce sera moi remplie de toi. Mais le pire tu sais, c'est qu'il en sera exactement ainsi, même si l'amour est mort et qu'il a déserté nos ports.