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Pour finir

jackharris

Nouveau poète


Les conclusions précédentes que je vous ai présentées jusqu’à ce jour ne concluaient pas le roman "Les deux cœurs" aussi je vous invite à lire les vers 10083 à 10174 sur les 10248 qu’il comporte. Les derniers vers qui vous demeurent cachés établissent le lien entre l’histoire romancée et la stricte réalité de l’amour que vécurent Maryse et Jacques dans les années 1960 et 1961.


Pour finir

Cendrieux, 5 Novembre 2000,
Des années sont passées et je suis là, encore,
A supporter le poids d’un amour qui me hante,
Mon pauvre cœur brûlant d’un feu qui le dévore,
Qui laisse mon esprit vivre dans l’épouvante.
Car jamais, non jamais, je n’ai connu la paix
Du fait que ma blessure était bien trop profonde,
Dieu n’aura vu en moi qu’un simple porte-faix
Qui supporte le poids de la folie du monde.
Seigneur !... que de misères et aussi d’injustices !...
Que d’égoïsme allié à tant d’indifférence !...
Des amants, autrefois, en eurent les prémices
Sublimant leur amour dans cette expérience.
Les mœurs ont bien changé de nos jours. Il est vrai
Que le respect que l’homme accordait à la femme
S’est trouvé balayé à grands coups de balai
Alors que, de l’amour, il était l’oriflamme.
La jeunesse, en ce cas, pourra-t-elle comprendre
Le respect mutuel de Jacques et de Maryse
Qui n’ont jamais cédé, ont préféré attendre
Jusqu’au jour bienheureux où, au sein de l’Eglise,
Ils pourraient prononcer le serment rituel
Que tant d’autres prononcent en ignorant le sens
Puisqu’ils ne voient, chez eux, dans le spirituel
Qu’une autorisation à apaiser leurs sens.
Ce n’était point le cas pour Jacques, pour Maryse,
Qui poussèrent l’amour au-delà du sublime,
De leurs élans charnels ils eurent la maîtrise
Car ils ne voulaient rien qui fut illégitime.
Leurs sentiments étaient si profonds et si nobles
Que, parfois, leurs amis les jalousaient un peu,
Pourtant ils admettaient que ces pensées ignobles,
Envers les deux amants, n’entraient jamais en jeu.
Au contraire, ils étaient prêts à les soutenir
Puisqu’ils ne désiraient, au fond, que leur bonheur,
Puis... aider un amour à pouvoir s’épanouir
Quelque part paraissait leur réchauffer le cœur.
Maryse était si belle, et si douce, et si tendre,
Qu’avec Jacques on eut dit un couple merveilleux ;
Qui se serait douté, qui aurait pu prétendre
Que leur destin, un jour, deviendrait ténébreux ?
Ils avaient tant d’amour à se donner l’un l’autre
Qu’on eut dit d’un torrent, à la fonte des neiges,
Le flot impétueux qui se roule, se vautre
Effleurant les rochers moitié gris, moitié beiges.
Leur unique objectif : atteindre l’hyménée
Et consacrer leur vie dans une union parfaite ;
Là, était leur désir, leur but, la panacée
Et ils se refusaient toute idée de défaite.
Le sort, à leur égard, se fit impitoyable,
Il s’acharna sur eux en les faisant souffrir,
Mais à chaque malheur, de manière incroyable,
Leur amour supplicié s’ingéniait à grandir.
Chaque jour qui passait augmentait leur souffrance
Lors ils se rapprochaient encore davantage,
Il se dégageait d’eux une telle puissance
Qu’on ne peut l’exprimer par les mots du langage.
A leur simple contact on avait l’impression
Qu’ils nous communiquaient une intense chaleur
Je ressentais en moi l’étrange sensation
Qu’ils voulaient partager le feu de leur ardeur.
Rien n’a pu ébranler leurs profonds sentiments
Aussi durs que le roc, puissants comme l’acier,
Ils tinrent toujours bons dans les déchirements
D’un injuste destin, quasiment outrancier.
Quand je vois aujourd’hui la nouvelle jeunesse
Qui n’a plus de repères et qui se conduit mal,
En suivant ses caprices afin d’avoir l’ivresse
Elle ne fait qu’agir comme un simple animal
Car, sans les sentiments, sans le respect d’autrui,
Dès lors l’amour devient de la prostitution,
Chercher le seul plaisir pour qu’il soit assouvi
Est un acte bestial, non une communion
De deux âmes unies, vibrant d’un même élan
Qui se donnent entières et sans parcimonie
Bâtissant l’avenir, non pas sur un volcan,
Mais sur un sol en paix où règne l’harmonie.
En cette fin de siècle toute beauté se perd,
Les esprits embués vivent dans la noirceur,
Nos plus belles valeurs sombrent dans une mer
Grouillante de vermine où s’exhale l’horreur.
Pour nos amants, c’est vrai, ce fut exceptionnel
Je dois en convenir ces cas sont rarissimes,
Pour qu’il en soit ainsi, la main de l’Eternel
A marqué de son sceau le front de ses victimes
Afin de les mener jusqu’à la sainteté
Et qu’ils aient dans les cieux un éternel bonheur.
Endurant leur martyre, ils ont bien mérité
D’être unis pour toujours sans craindre le malheur.
Peut-être qu’un beau jour nous les rencontrerons
Dans un autre univers, plus calme, moins chagrin ;
Oui mais, dans le présent, envers eux nous aurons
Un infini respect sous nôtre air anodin.
 
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