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erable

Nouveau poète
Le ciment et la lassitude leur donnaient des gestes rigides de p ierre Ils construisaient un port — ils construisaient un pont Ils astiquaient des locomotives — ils creusaient la terre. Ils étaient fatigués. Et fatigués aussi la terre et le port et le pont des embûches qu'ils dressaient aux hommes avec les lourdes traverses qui courbaturaient les épaules avec les marteaux qui projetaient sur la chair des surprises rouges avec les chutes camouflés dans la certitude — Matière rusée — terre cabrée comme une bête libre qu'on met en cage. C était le soir — les hommes parlaient de leurs habitudes juteuses d'absence. Et Alzin, coiffeur pour dames, dit : Maintenant les bateaux enceints d'appels viendront. Il y aura l'instant catégorique de l'échelle qui remonte puis la mer qui se dépeuple entre les quais et le bateau qui s'éloigne et mes yeux qui se noieront dans le lac tanné de mon âme Moi qui ai l'habitude de rendre plus belles les femmes J'ai construit un port. Ils rentraient le soir — Le ciment — la solitude et la lassitude leur donnaient des gestes rigides de pierre. Ils construisaient un pont. Et le pont était couché sur l'eau — simple et trapu solide comme un pas de géant. Il était comme un lutteur qui a fait toucher terre à l eau. C était le soir — les hommes ressassaient leurs habitudes anciennes et Jean le typographe dit : J'ai construit un pont — il est musclé de la moelle de mes muscles il s'en va d'un pas assuré au-dessus du fleuve vers une fertile floraison de routes qui amènent — croisent et renouvellent des vies au delà du fleuve. Et j'ai regardé ce pont qui unit deux rives et je suis fatigué ce pont ne m'unit à rien. Les prés au delà du fleuve ignoreront ma promenade le poids amical de mon corps sur eux moi qui sais donner aux velins leur meilleure pâture j'ai construit un pont. Et Pardoen qui dispose dans les lins et dans les laines des géométries harmonieuses Dit : Tous les jours elles me reviennent blanches grises et sales. Les routes — les campagnes et les gares déposent sur elles le baiser poussiéreux de leur vie. On m'a donné des chiffons de fils de laine. On m'a donné des boîtes doubles avec de l'huile et du pétrole dedans — Ma spatule sous la mousse des routes découvre la virginité rouge des rayons — L'huile lisse le miroir noir des tenders. J'écoute courir le sang blanc et bouillant dans le ventre long et vigoureux. et la locomotive gémit de cette ardeur. Locomotive chaude que j'ai parée pour de nouvelles noces avec les routes prête à troubler l'égoïste méditation des verdures chargée de présents et de mauvaises nouvelles et d'hommes abandonnés — et d'autres qu'on attend et de rencontres et de soucis et de morceaux de mes prunelles figés dans les rayons des roues. Va la vie — et son désarroi — et mon désarroi et son inadaptation à mon inadaptation et mes draps de laine qui voulaient corriger les corps. Et Chastel le Cantalou — cultivateur de son métier qui est médecin de ses brebis — et ingénieur de ses champs dit : Moi, l'homme de la terre, je travaille à la terre — j'ai arraché dans les champs d'ici les pommes de terre — la terre s'agrippait — laissait la poussière de sa chair entr'elles. La terre est dure — elle ne donne pas. Et le cultivateur d'ici regardait mes mains et mes ampoules ..et approuvait il me regardait travailler — et comprenait que j'étais de la terre et m'approuvait. Mais je suis l'étranger dans sa cuisine et près de sa femme Et son chien ne me connaît pas. Là-bas... chez moi un chien court au bout du sentier humer l'air et cherche mon odeur. Ils se réunissaient le soir Pardoen qui dessine les tissus — et Alzin le coiffeur pour dames et Chastel le cultivateur — et Jean le typographe. Ils mangeaient lentement leur soupe de carottes et de patates. Le silence pesait de ses comparaisons puis ils éveillaient la vie qui continuait sourdement dans leurs mémoires. Un poème terne entrelaçait la campagne — les villes — les maisons les lits peuples qui sentent bon la lessive et leur détresse d'hommes sans liberté. Le ciel grisonnant était comme un grand oeillet pâle accroché à la boutonnière de la vie. 21 avril 1942. Jean Garamond©
 
Comme tu le fais bien remarqué, il y a eu des hommes qui ont travaillaient très dûre leur métiers les a usés par de dûrs travaux !
C'est vrai que certains êtres humains ne se rendent même pas compte de tous cela !
Merci pour eux ma douce Sylvia, de leur avoir fait hommage !
Grosses bises de ta Patou
 
Je vois que tu es très connu ici ma belle
tu as bcp de succes
gros bissous

Janna
 
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