Hors concours
Plaisirs champêtres...
A l'ombre d'un vieil arbre centenaire tourmenté par le vent,
Elle suivait une course étrange; le saute-moutons des nuages...
Le tronc noueux de son ami portait encor trace d'un moment,
Celui d'un amour merveilleux au berceau de verts pâturages ;
Deux lettres d'or presque effacées, inscrites à l'encre du cœur.
Il était beau ce jouvenceau mais elle n'était pas mal non plus.
Chevelure couleur des blés mûrs aux jours de grande chaleur,
La prairie avait été le témoin d'ébats et de plaisirs défendus...
Il avait déposé sur ses lèvres un doux baiser tel coquelicot,
Avait caressé la courbe de sa jeune anatomie toujours vierge
Avec un brin d'herbe fraîche...elle lui avait dit... « pas si tôt...»
Au couchant, la charrette abandonnée vacillait tel un cierge...
Les foins fraîchement coupés embaumaient la terre et les talus.
L'étincelle de ce premier amour mit feu à son corps, à son âme.
Elle crut entendre siffler l'hymne à la joie, celui de l'éden perdu...
En gerbes, l'ombre se profilait aux ruines d'un trésor de femme.
L'air rêveur elle se tenait là, un gros bouquet de fleurs à la main...
Amour pareil au vent, une mélodie passée...Un semblant d'orage
Menaçait le ciel qui l'entêtait...revenir en arrière serait-il vain ?
Son ami l'arbre lui susurra de vivre en ondulant son feuillage.
*
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