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Plaine.

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Abyssia
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Abyssia

Nouveau poète
La plaine enneigée s'ouvre sous mon regard émerveillé,
Pure, unie, pas même abîmée par le pas alerte d'un rongeur,
Vaste linceul prêt à se refermer sur mon corps inanimé,
Immobile et submergé par une indicible mais sourde peur.
Je ne peux imaginer la terreur de ce lieu magique,
Ni les horreurs recouvertes par ce manteau blanc.
C'est à peine si l'on devine la forme tragique
De quelques buttes abandonnées au vent.
Ce dernier siffle dans mes oreilles meurtries par le froid,
Joue avec ma chevelure libertine, l'emmêle.
Je laisse derrière moi une petite série de pas.
Je referme mes doigts pour ne pas qu'ils gèlent.

Il y a comme un sentiment familier dans l'air,
Comme si une horde de souvenirs surgissait
Pour me hurler que je devais me taire,
Même si je n'avais encore osé parler,
Trop éblouie par l'innocence du lieu.
Je me penche pour saisir un peu cette neige si étrange,
Et me surprend à murmurer un vœu :
Celui de revoir ton visage, mon ange.
Le contact avec cette poudre est brûlant,
Je retire mes mains en poussant un cri.
Et c'est comme cela que finalement je comprends
Tout ce que cette plaine désolée signifie.

Je vois sous l'épaisse couche blanchâtre
Ces débris, humains ou non, d'un passé refoulé,
Ces fantômes du passé aux mines de plâtre,
Ces brides anciennes que je voulais oublier.
Seul ton vif souvenir me permet de garder pied,
De ne pas sombrer dans cette folie qui me tend les bras.
Je voudrais tellement pouvoir me réveiller,
Sortir de ce rêve trop éprouvant pour moi.
Mais je me suis enfoncée trop loin dans les ténèbres,
Elles vont finir par avoir le dessus.
Le jour décline à l'horizon, Elles célèbrent
Ma perte, mon déclin, Elles seront repues.

Perdue au milieu de cette plaine de souvenirs,
J'ai tout juste la force de te demander
De ne pas m'oublier mais de rire
Comme si rien ne s'était jamais passé.
Promesse contradictoire, que m'importe,
Je sais que je disparaitrais un jour ou l'autre
De ta mémoire, et tu ouvriras à nouveau la porte
De cet organe, que je ne possédais plus entre autre.
 
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