PEUT-ON JUGER LE DIABLE
Aux antipodes de mes convictionsOù le blanc et le noir s’interpellent
Où le jour et la nuit s’entrelacent
Où le bien se gouverne de raison
Où le mal se pâme et se cisèle
Sous un masque opaque et fugace,
Peut-on assigner, juger, condamner
Le côté pile, le côté face ?
Peut-on abjurer et se départir
Des confusions profondes et perpétuées
En cette alcôve de feu et de glace
Où le souffle s’égraine à en mourir ?
Peut-on se fourvoyer dans le néant,
Peut-on s’égarer dans la croyance,
Peut-on se leurrer du diable, de dieu,
Peut-on mystifier aux ailes du temps
L’incertitude, l’inconséquence,
Les évidences et les désaveux ?
Peut-on poursuivre dieu ou le diable,
Peut-on leur intenter un procès
En la chaire glacée d’un tribunal
Érigé en le sang insatiable
De blessures, de mépris et de plaies
En fadeur blafarde et déloyale ?
Le blanc et le noir, le jour et la nuit,
Le bien et le mal, le dieu et le diable
Convergent vers un unique horizon,
Sont-ils jumeaux, siamois ou bien sosies ?
L’éclairage les diffère en variable,
La relativité en diapason.