
Et la vie fout le camp,
A grand pas, approche le néant !
Peut-on encore aimer,
Se mettre à charmer,
Avoir un nouvel esprit,
Boire à nouveau l'eau de vie
Offrir son cœur à qui on a envie,
Ou rester dans les draps de glace
Devenus son unique palace,
Au pays des rêves perdus
D'un amour soudain révolu.
Peut-on encore aimer,
Se mettre à divaguer
Quand au fil du temps, on a perdu
Les traits d’une jeunesse déchue,
Être toujours le troubadour
Aux mots soyeux comme du velours,
Ecrire chaque jour des mots d'amour,
De ses rimes, semer le bonheur,
Décrire les jolies fleurs,
Alors qu'il a perdu son sourire,
Ses envies, ses désirs
Peut-on encore aimer,
Se mettre à délirer,
Échanger ce délice de pureté,
Ce baiser au goût sucré,
Toujours se sentir enveloppé
Quand il devient excité
Et ce sourire qui vient embellir,
De ses subtils parfums, dire
Tel que tu es, je t'aime,
Seul compte pour moi
La beauté de ton âme,
Faire de sa passion
Sa dernière station,
L'amour dans un infini démesuré
Qui fait pleurer et rêver,
Entendre les corps toujours chanter
Malgré notre âge avancé.
Doit-on rester poète aux tristes rimes,
Le bilan d’une vie qu’on grime,
Les pages blanches remplies de souvenirs
D'étés enchanteurs,
D'hivers vides de bonheur.