sindarella
Nouveau poète
Pensées tourmentées
Vous est-il déjà arrivé d’être si désemparée, si triste, à tel point que votre corps ne parvint pas à le contenir? Vous êtes-vous déjà retrouvé seul, au sol, replié sur vous-même, le désarroi pour seul allié? Verser toutes les larmes de son corps sans que cela ne paraissent jamais suffisant, observer le monde de ce même regard faussé par le chagrin, inonder son existence sous des eaux si mélancoliques que la mort même ne saurait affaiblir ou déshydrater, ce sentiment si puissant qu’il peut déchirer les âmes les plus vertueuses et les réduire à néant. La mort, elle-même s’ incline devant cet immuable angoisse, nous laissant porter cet éternel fardeau, remplissant nos poumons de crainte, d’amertume, de mélancolie et ne laissant aucune place au simple souffle de la vie. Certes, nous sommes en vie, mais notre âme, elle, semble s’être déjà résigner à ne pas lutter, à s’abandonner à cet implacable vérité.
Vous est-il déjà venu à l’esprit que toutes choses n’avaient que pour finalité de demeurer impassibles, afin de ne jamais nous secourir dans notre profond désarroi ?
Demeurer seul des heures durant, torturant notre être de complaintes incessantes, asservir nos plus infimes bonheurs à cet état de répulsion, s’isoler du monde, agir machinalement sans jugement, ni valeurs, demeurer impassible jours après jours, secondes après secondes, jusqu’à ce que plus rien ne semble avoir de sens. Vivre, mais en en ignorant l’essence même.
Rester les yeux ouverts, le cœur battant, ne vivant qu’à travers l’observation d’autrui, errer perpétuellement, comme si notre raison d’être était d’en ignorer la cause.
On sourit, on rit de milles éclats, puis quand les lumières s’éteignent, l’inertie reprend ses droits, tout se fige, se décroît. Puis, quelques songes éparses font leur apparition, signes ultimes de l’espoir qui périt, peu à peu, en notre for intérieur. Ces songes exhumés, si traitres, nous font choir de si haut que la vision réaliste de cette ancienne utopie, n’a pour unique objet la sépulture de nos désirs.
Un esprit perdu entre 2 réalités, celle qui nous murmure et nous torture, et celle que l’on observe, en étranger. Cette dernière semble d’autant plus abjecte que la première, car bien qu’extérieure à notre propre mal-être, elle nous expose, sans artifices, l’indéniable apathie qui nous sépare du reste du monde.
Pourquoi ces mots sont-ils emplis de tristesse, de mélancolie, de détresse me direz-vous?
Je ne saurais le dire, l’encre s’écoule sur le papier, comme les larmes sur la peau en de funestes jours.
On porte le deuil de tous nos sentiments, du bonheur exaltant, alourdissant nos traits du poids de nos malheurs. Le supplice d’une âme incessamment troublée ayant subi l’affliction d’un dar meurtrier, dont le nom et la flegme ne cessent de tourmenter.
Les tourments de la pluie ajoutent un plus grand malheur à celui de mon cœur, les eaux s’écoulent sur mon être asséché tandis que tombe la dernière perle d’énergie de mon corps brisé.
Cet océan misérable de source divine se déverse irrésistiblement dans celui antérieurement versé et qui ne cesse de couler depuis la fente de mes yeux jusqu’aux terres inondées que j’ai foulées de mes pieds.
***FIN***