fil2fer
Poète libéré
Peintures.
La nature souvent
Peint d'une humeur morose
Et barbouille au levant
Le rose qui l'arrose.
Le monde rétréci
Quand, blanc, noir, en mélanges,
Font le ciel bas, noirci,
Qui avale nos anges.
L'hiver graisse au pinceau
Des flaques de pénombre
Qui gonflent nos ruisseaux
De leur peinture à l'ombre.
Et un nuage gris,
Qui flotte à marée noire,
Nous montre un flanc meurtri
Qui fuit. Vieille passoire !
Dans sa peinture à l'eau
Rien d'un élan d'artiste,
Le gris ronge le beau
Quand la nature est triste.
Le gel fait ses lambeaux
Pend ses couteaux aux arbres
Et lisse ses tombeaux
L'eau en plaque de marbre.
Nos chagrins inventés
Par des pleurs en averses
Viennent désenchanter
Notre hier qui nous berce.
Et des quintes de vent,
A décoiffer les femmes,
Bousculent les enfants...
Et j'ai l'hiver dans l'âme !
---
On m'a pris l'essentiel.
Ces jours-ci, la nature,
A gouaché mon soleil,
Sous sa triste peinture.
Mais la fleur n'est pas loin,
Car l'été n'est pas morte
Dans le coeur de Gauguin.
Alors l'hiver ! Qu'importe !
Des étés en tableaux,
Des peintres en cohorte,
Des ciels bleus, sans rouleau,
L'hiver ? Mais peu m'importe.
J'irai voir ces tableaux
Où des nymphes charnues
Baignent dans un halo
De chaleur continues,
Ce ciel fait d'océan,
Où sur son huile fume
Un cirrus qui épand
Une légère écume.
J'irai sourire aux blés
Parler aux fleurs des plaines
Rire aux moutons gonflés
D'une inutile laine.
J'irai voir aux moissons,
Les grâces végétales
Qui dansent, danseront
En tutus de pétales.
J'irai voir les étés,
Aux beautés éternelles,
Que le peintre a fêtés,
En suivant l'hirondelle.
J'irai m'émerveiller
Au monde fantastique,
Sans soleil à noyer,
Le soir, dans l'atlantique.
Et puis j'irai planter
Mon ombre miniature
Au midi de l'été
Brillant dans ces peintures,
Car je suis sans sommeil
Quand frappent à ma porte,
Ces crayons de soleil.
Alors ! L'hiver ? Qu'importe.
Fil2fer, le 12/12/2011.
La nature souvent
Peint d'une humeur morose
Et barbouille au levant
Le rose qui l'arrose.
Le monde rétréci
Quand, blanc, noir, en mélanges,
Font le ciel bas, noirci,
Qui avale nos anges.
L'hiver graisse au pinceau
Des flaques de pénombre
Qui gonflent nos ruisseaux
De leur peinture à l'ombre.
Et un nuage gris,
Qui flotte à marée noire,
Nous montre un flanc meurtri
Qui fuit. Vieille passoire !
Dans sa peinture à l'eau
Rien d'un élan d'artiste,
Le gris ronge le beau
Quand la nature est triste.
Le gel fait ses lambeaux
Pend ses couteaux aux arbres
Et lisse ses tombeaux
L'eau en plaque de marbre.
Nos chagrins inventés
Par des pleurs en averses
Viennent désenchanter
Notre hier qui nous berce.
Et des quintes de vent,
A décoiffer les femmes,
Bousculent les enfants...
Et j'ai l'hiver dans l'âme !
---
On m'a pris l'essentiel.
Ces jours-ci, la nature,
A gouaché mon soleil,
Sous sa triste peinture.
Mais la fleur n'est pas loin,
Car l'été n'est pas morte
Dans le coeur de Gauguin.
Alors l'hiver ! Qu'importe !
Des étés en tableaux,
Des peintres en cohorte,
Des ciels bleus, sans rouleau,
L'hiver ? Mais peu m'importe.
J'irai voir ces tableaux
Où des nymphes charnues
Baignent dans un halo
De chaleur continues,
Ce ciel fait d'océan,
Où sur son huile fume
Un cirrus qui épand
Une légère écume.
J'irai sourire aux blés
Parler aux fleurs des plaines
Rire aux moutons gonflés
D'une inutile laine.
J'irai voir aux moissons,
Les grâces végétales
Qui dansent, danseront
En tutus de pétales.
J'irai voir les étés,
Aux beautés éternelles,
Que le peintre a fêtés,
En suivant l'hirondelle.
J'irai m'émerveiller
Au monde fantastique,
Sans soleil à noyer,
Le soir, dans l'atlantique.
Et puis j'irai planter
Mon ombre miniature
Au midi de l'été
Brillant dans ces peintures,
Car je suis sans sommeil
Quand frappent à ma porte,
Ces crayons de soleil.
Alors ! L'hiver ? Qu'importe.
Fil2fer, le 12/12/2011.
