angell27
Nouveau poète
L’obscurité frôle mon pâle visage
Quatre heures, ce matin, il faut me lever
Une journée de travail va commencer
Je vais pouvoir retracer le paysage.
La récolte des fruits frais et mûrs m’attend
J’enfile mes longs bas ternes d’un air las
Passe la tête dans ma robe lilas
Puis je ficelle mes blancs sous-vêtements
Il me reste mon tablier à nouer
La coiffe de mes cheveux à redresser
Prendre ma clé et mon lourd panier d’osier
Boire mon lait chaud apporté du fermier
La porte se referme sur moi, je pars
Pour de multiples kilomètres épuisants
Regardant le domaine de mon tyran
Regardant le haut château du roi fuyard
Oui c’est la forteresse de ce père Louis
Qui vit grâce à nos récoltes miséreuses
Exploitant l’or de nos mains laborieuses
Conspuant sa progéniture évanouie.
Le seigneur passe, me réclame disette
Mauvais temps m’ont empêché de l’acquérir
Au galop ! Son cheval se met à courir
M’éclaboussant mon visage de soubrette.
Je continue ma cueillette sans rien dire
Je ne veux pas finir sur la grand-place
Exposée aux yeux curieux des gens qui passent
Non, je préfère me taire et le maudire
Certes une vie de labeurs ne s’envie pas
Mais j’ai la fierté d’avoir sué de mes mains
D’avoir une utilité sans lendemain
Au fond, cette existence n’est pas mon choix.