Rêveurlunaire
Maître Poète
Donc, un matin, il m'annonçait ses projets et moi, je rigolais bêtement me disant, Pépère, tu ne l'auras pas sur la couenne aujourd'hui ce rameau est petit, il pourra faire le trou tout seul.
Mais je croyais que ce n'était qu'un brin de cet arbre de douze mètres de haut qui était en fait lui-même un bourgeon.
Je rigolais et je retournais me coucher que je sentis une main m'empoigner la queue.
Je me retournais et je vis la doublure d'un maçon portugais un dimanche matin à six heures pelle en main devant sa bétonnière.
Voilà la grave erreur que j'avais commise en restant à côté de lui plutôt que de me sauver en courant à travers les bois ou grimper dans mon hélicoptère et partir. J'avais tout simplement oublié comment il faisait d'habitude et dix minutes plus tard, bêche en patte, c'est moi qui commençais à faire le trou.
Oui, il voulait que je creuse en profondeur pour m'assurer que rien de chimique n'était enterré dans le sol.
Oui, à force d'en mettre partout, il ne se souvient pas de tous les endroits. Puis l'alcool n'arrange pas les choses à sa mémoire, chat chat chat.
Lui, il me regardait en criant, vas-y Pépère encore une pelle, n'oublie pas de creuser profondément et large le trou, c'est pour de la lavande nucléaire et ça fera un arbre de douze mètres de hauteur.
Très vite, la pelle tapait dans quelque chose de dur dans la terre. Je pris la barre de mine et mon moinillon vint s'inquiéter de cette découverte.
Il me disait Pépère, ce n'est pas moi qui ai enterré ça, mais qu'est-ce que c'est ?
Et voilà comment je passais trois jours la pelle et marteau-piqueur en patte à creuser la terre. En fait au début à force de creuser dans le sol était apparu un canon, puis une tour de manœuvre. Je ne vous raconte pas comment il était heureux mon curé, c'était en fait un vieux char allemand datant de la Seconde Guerre mondiale. Je vais, enfin, tu vas l'extraire et le tirer du trou. Quand nous aurons fini de planter le pied de lavande nucléaire, tu me donneras un coup de patte. Nous allons bien le nettoyer et ensuite, je le mettrais au fond du terrain avec des fleurs autour, ça fera une superbe décoration.
Bon après, c'est l'idée d'un curé amateur de rap grégorien et d'armes de destruction massive que voulez-vous, brigadier.
- C'était une idée assez loufoque qu'il ait eue votre maître Pépère.
- Pas plus que la farine de cailloux à un autre moment.
- De la farine de cailloux, comment ça, quel est le rapport avec le char de guerre allemand ?
- Aucun, enfin si le rapport à ses idées loufoques par moment comprenez-vous.
Voilà, un jour, j'arrive sur le terrain et je vis mon soûlard jordanien qui était en train de creuser la terre et récupérait les cailloux.
Sachez qu'à l'époque proche du gourbi l'homme avait fait rentrer un énorme moulin à grain professionnel.
Ne cherche pas plus loin, que je me disais, le moulin, les cailloux, la farine dont il dit en avoir à revendre.
Oui, brigadier Tatouvu, il faisait de la farine de cailloux.
Donc je fis le trou autour de ce char de guerre allemand avant d'envoyer un SMS à Hervé le harnais pour sortir du trou cet engin qui devait peser au moins deux tonnes. Bon ne soyons pas modeste mais réaliste, plus de vingt-trois tonnes.
Donc à peine sorti du trou, il me fit tirer un tuyau d'arrosage gros comme une roue de voiture de sous le hangar. Oui, un tuyau avec une lance spéciale nettoyage de char ou sous-marin.
Oui, il voulait voir de quoi avait l'air cet engin une fois débarrassé de la terre.
Cela me prit au moins une heure les pattes dans l'eau.
Il était heureux mon curé, il poussait un cri de joie toutes les deux seconde cinquante douze centième à cause du décalage horaire entre sa pensée et sa langue à cause de l'alcool.
Il s'écriait alors, mon Dieu qu'il est beau Pépère, monte dessus, je vais faire une dizaine de photos.
Dizaines de photos qui se transformaient en deux mille six cent quatre-vingt-douze photos.
Et ce fut encore Pépère qui du trier après dans ce stock de photos les dix meilleures pour char magazine.
Il était fou de joie mon curé à tel point qu'il partait en courant sous le hangar et revenait avec un poste à galène de mille neuf cent deux.
Écoute, Pépère, avec cet engin et un microsillon, tu me feras un autoradio pour ce char. Oui, j'ai l'intention de le redémarrer pour m'en servir sur le terrain juste pour le plaisir.
Mais attendez la suite, vous n'en reviendrez pas.
La suite demain.

Mais je croyais que ce n'était qu'un brin de cet arbre de douze mètres de haut qui était en fait lui-même un bourgeon.
Je rigolais et je retournais me coucher que je sentis une main m'empoigner la queue.
Je me retournais et je vis la doublure d'un maçon portugais un dimanche matin à six heures pelle en main devant sa bétonnière.
Voilà la grave erreur que j'avais commise en restant à côté de lui plutôt que de me sauver en courant à travers les bois ou grimper dans mon hélicoptère et partir. J'avais tout simplement oublié comment il faisait d'habitude et dix minutes plus tard, bêche en patte, c'est moi qui commençais à faire le trou.
Oui, il voulait que je creuse en profondeur pour m'assurer que rien de chimique n'était enterré dans le sol.
Oui, à force d'en mettre partout, il ne se souvient pas de tous les endroits. Puis l'alcool n'arrange pas les choses à sa mémoire, chat chat chat.
Lui, il me regardait en criant, vas-y Pépère encore une pelle, n'oublie pas de creuser profondément et large le trou, c'est pour de la lavande nucléaire et ça fera un arbre de douze mètres de hauteur.
Très vite, la pelle tapait dans quelque chose de dur dans la terre. Je pris la barre de mine et mon moinillon vint s'inquiéter de cette découverte.
Il me disait Pépère, ce n'est pas moi qui ai enterré ça, mais qu'est-ce que c'est ?
Et voilà comment je passais trois jours la pelle et marteau-piqueur en patte à creuser la terre. En fait au début à force de creuser dans le sol était apparu un canon, puis une tour de manœuvre. Je ne vous raconte pas comment il était heureux mon curé, c'était en fait un vieux char allemand datant de la Seconde Guerre mondiale. Je vais, enfin, tu vas l'extraire et le tirer du trou. Quand nous aurons fini de planter le pied de lavande nucléaire, tu me donneras un coup de patte. Nous allons bien le nettoyer et ensuite, je le mettrais au fond du terrain avec des fleurs autour, ça fera une superbe décoration.
Bon après, c'est l'idée d'un curé amateur de rap grégorien et d'armes de destruction massive que voulez-vous, brigadier.
- C'était une idée assez loufoque qu'il ait eue votre maître Pépère.
- Pas plus que la farine de cailloux à un autre moment.
- De la farine de cailloux, comment ça, quel est le rapport avec le char de guerre allemand ?
- Aucun, enfin si le rapport à ses idées loufoques par moment comprenez-vous.
Voilà, un jour, j'arrive sur le terrain et je vis mon soûlard jordanien qui était en train de creuser la terre et récupérait les cailloux.
Sachez qu'à l'époque proche du gourbi l'homme avait fait rentrer un énorme moulin à grain professionnel.
Ne cherche pas plus loin, que je me disais, le moulin, les cailloux, la farine dont il dit en avoir à revendre.
Oui, brigadier Tatouvu, il faisait de la farine de cailloux.
Donc je fis le trou autour de ce char de guerre allemand avant d'envoyer un SMS à Hervé le harnais pour sortir du trou cet engin qui devait peser au moins deux tonnes. Bon ne soyons pas modeste mais réaliste, plus de vingt-trois tonnes.
Donc à peine sorti du trou, il me fit tirer un tuyau d'arrosage gros comme une roue de voiture de sous le hangar. Oui, un tuyau avec une lance spéciale nettoyage de char ou sous-marin.
Oui, il voulait voir de quoi avait l'air cet engin une fois débarrassé de la terre.
Cela me prit au moins une heure les pattes dans l'eau.
Il était heureux mon curé, il poussait un cri de joie toutes les deux seconde cinquante douze centième à cause du décalage horaire entre sa pensée et sa langue à cause de l'alcool.
Il s'écriait alors, mon Dieu qu'il est beau Pépère, monte dessus, je vais faire une dizaine de photos.
Dizaines de photos qui se transformaient en deux mille six cent quatre-vingt-douze photos.
Et ce fut encore Pépère qui du trier après dans ce stock de photos les dix meilleures pour char magazine.
Il était fou de joie mon curé à tel point qu'il partait en courant sous le hangar et revenait avec un poste à galène de mille neuf cent deux.
Écoute, Pépère, avec cet engin et un microsillon, tu me feras un autoradio pour ce char. Oui, j'ai l'intention de le redémarrer pour m'en servir sur le terrain juste pour le plaisir.
Mais attendez la suite, vous n'en reviendrez pas.
La suite demain.
