Filiatus
Maître Poète
Était-il Arabe ou Indien
Colombien ou Pakistanais
Anglais ou Nord-Américain
Sud-Américain ou Français ?
Était-il hindou ou bouddhiste
Juif, catholique ou anglican
Musulman ou évangéliste
Ou simplement non pratiquant ?
Avant peu, vous l'allez savoir
Car pour lui en sa dernière heure
Son passé a fui sa mémoire
Par la faute d'Alzheimer
Du nom de Chaloub, dit Sharif
Michel Dimitri, dit Omar
N'est pas musulman, n'est pas juif
Mais un chrétien un peu à-part
Fils de catholiques melkites
Originaires du Liban
À Alexandrie ils habitent
Ville d'Alexandre le Grand
Le père Joseph est marchand
Négociant dans les bois précieux
Avec sa femme et deux enfants
Il traverse des jours heureux
Dans un collège britannique
Omar et sa sœur étudient
Mathématiques et physique
Et les langues d'autres pays
Omar apprécie le théâtre
Et suit des cours assidûment
Lors, mil neuf cent cinquante-quatre
Marque dans sa vie un tournant
Comme il a du talent et comme
Il a des cordes à son arc
Et comme il est assez bel homme
Un cinéaste le remarque
Une grande actrice égyptienne
Tiens le premier rôle avec lui
Un an après Omar fait sienne
La comédienne à la mairie
Mais pour épouser cette dame
Le play-boy se doit cependant
De se convertir à l'islam
Comme il est dit dans le Coran
Alors sans tambour ni trompette
Le film rencontre un tel succès
Que l'an suivant, sur la Croisette
À Cannes il est présenté
Les médias sont si enthousiastes
Qu'il tourne le film "Les eaux noires"
Avec le même cinéaste
Ce qui fait d'Omar une star
En mil neuf cent soixante-deux
Le film "Lawrence d'Arabie"
Lui ouvre la porte des cieux
Dans son rôle du prince Ali
Il décroche une récompense
Un Golden Globe avec Peter
O'Toole pour sa performance
Et son destin très prometteur
Le cinéaste David Lean
Associe Omar de nouveau
Avec Géraldine Chaplin
Dans son film "Docteur Jivago"
Cette fois-ci Omar décroche
Le Golden du meilleur acteur
Et avec ses contrats en poche
À Hollywood, il prend demeure
Dès lors, il tourne sans relâche
Environ un film tous les ans
Il interprète avec panache
Che Guevara et Gengis Khan
Toutes les femmes se l'arrachent
Dalida, Deneuve ou Streisand
Qui en pincent pour sa moustache
Et son léger accent d'orient
Mais d'avoir joué un juif errant
En Égypte ou règne Nasser
Il est exclu cinq ans durant
C'est la traversée du désert
Il divorce d'avec sa femme
Ses films sont de moins en moins bons
Est-ce dû à ses états d'âme
Ou bien est-ce une autre raison ?
Omar à la passion du jeu
Et du bridge en particulier
Mais ce qui est plus dangereux
C'est sa passion pour le tiercé
"Et vint le jour de la vengeance"
"Le rendez-vous", "Les cavaliers"
N'obtiennent pas de récompenses
Autant de films à oublier
Au festival de la Mostra
Toute l'Italie qui l'adore
Pour sa carrière, en deux mil trois
Offrent à Omar le Lion d'or
"Monsieur Ibrahim et les fleurs
Du Coran" lui valent encore
Le César du meilleur acteur
Mais d'autres passions le dévorent
Au casino il s'est ruiné
Ses chevaux n'ont plus de fourrage
Et pour jouer les jeunes premiers
Omar n'a plus tout-à-fait l'âge
D'ailleurs est-ce prémonitoire
Quand il joue pour nous attendrir
Un peintre qui perd la mémoire
Dans "J'ai oublié de te dire" ?
L'année suivante les docteurs
Diagnostiquent à l'unisson
La maladie d'Alzheimer
Chez le malheureux pharaon
En deux mil quinze, en son pays
Tel le phare de sa jeunesse
Omar s'éteint pour une nuit
Éternelle auprès de Ramsès
Colombien ou Pakistanais
Anglais ou Nord-Américain
Sud-Américain ou Français ?
Était-il hindou ou bouddhiste
Juif, catholique ou anglican
Musulman ou évangéliste
Ou simplement non pratiquant ?
Avant peu, vous l'allez savoir
Car pour lui en sa dernière heure
Son passé a fui sa mémoire
Par la faute d'Alzheimer
Du nom de Chaloub, dit Sharif
Michel Dimitri, dit Omar
N'est pas musulman, n'est pas juif
Mais un chrétien un peu à-part
Fils de catholiques melkites
Originaires du Liban
À Alexandrie ils habitent
Ville d'Alexandre le Grand
Le père Joseph est marchand
Négociant dans les bois précieux
Avec sa femme et deux enfants
Il traverse des jours heureux
Dans un collège britannique
Omar et sa sœur étudient
Mathématiques et physique
Et les langues d'autres pays
Omar apprécie le théâtre
Et suit des cours assidûment
Lors, mil neuf cent cinquante-quatre
Marque dans sa vie un tournant
Comme il a du talent et comme
Il a des cordes à son arc
Et comme il est assez bel homme
Un cinéaste le remarque
Une grande actrice égyptienne
Tiens le premier rôle avec lui
Un an après Omar fait sienne
La comédienne à la mairie
Mais pour épouser cette dame
Le play-boy se doit cependant
De se convertir à l'islam
Comme il est dit dans le Coran
Alors sans tambour ni trompette
Le film rencontre un tel succès
Que l'an suivant, sur la Croisette
À Cannes il est présenté
Les médias sont si enthousiastes
Qu'il tourne le film "Les eaux noires"
Avec le même cinéaste
Ce qui fait d'Omar une star
En mil neuf cent soixante-deux
Le film "Lawrence d'Arabie"
Lui ouvre la porte des cieux
Dans son rôle du prince Ali
Il décroche une récompense
Un Golden Globe avec Peter
O'Toole pour sa performance
Et son destin très prometteur
Le cinéaste David Lean
Associe Omar de nouveau
Avec Géraldine Chaplin
Dans son film "Docteur Jivago"
Cette fois-ci Omar décroche
Le Golden du meilleur acteur
Et avec ses contrats en poche
À Hollywood, il prend demeure
Dès lors, il tourne sans relâche
Environ un film tous les ans
Il interprète avec panache
Che Guevara et Gengis Khan
Toutes les femmes se l'arrachent
Dalida, Deneuve ou Streisand
Qui en pincent pour sa moustache
Et son léger accent d'orient
Mais d'avoir joué un juif errant
En Égypte ou règne Nasser
Il est exclu cinq ans durant
C'est la traversée du désert
Il divorce d'avec sa femme
Ses films sont de moins en moins bons
Est-ce dû à ses états d'âme
Ou bien est-ce une autre raison ?
Omar à la passion du jeu
Et du bridge en particulier
Mais ce qui est plus dangereux
C'est sa passion pour le tiercé
"Et vint le jour de la vengeance"
"Le rendez-vous", "Les cavaliers"
N'obtiennent pas de récompenses
Autant de films à oublier
Au festival de la Mostra
Toute l'Italie qui l'adore
Pour sa carrière, en deux mil trois
Offrent à Omar le Lion d'or
"Monsieur Ibrahim et les fleurs
Du Coran" lui valent encore
Le César du meilleur acteur
Mais d'autres passions le dévorent
Au casino il s'est ruiné
Ses chevaux n'ont plus de fourrage
Et pour jouer les jeunes premiers
Omar n'a plus tout-à-fait l'âge
D'ailleurs est-ce prémonitoire
Quand il joue pour nous attendrir
Un peintre qui perd la mémoire
Dans "J'ai oublié de te dire" ?
L'année suivante les docteurs
Diagnostiquent à l'unisson
La maladie d'Alzheimer
Chez le malheureux pharaon
En deux mil quinze, en son pays
Tel le phare de sa jeunesse
Omar s'éteint pour une nuit
Éternelle auprès de Ramsès