Oh ! Combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans se morne horizon se sont évanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle océan à jamais enfouis ! Combien de patrons mort avec leurs équipages ? L'ouragan de leurs vie à prit toute les pages Et d'un souffle, il à tout dispersé sur les flots. On demande : "Ou sont-ils ?" "Sont-ils rois dans quelque île ?" "Nous ont-il délaissé pour un bord plus fertile ?" Puis votre souvenir même est enseveli Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire, [...] Victor HUGO, juin 1836.