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nouvelle du passé

LLUMIERELIVE

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NOUVELLE DU PASSE


Oh mon cher époux ! Me voilà fort aise…Depuis ma délivrance vous ne m’avez guère visitée et je ne songeais sur votre présence que pour les temps de mes relevailles. Je vous reste bien grée de vos accortises en l’égard de notre cher nouveau né. Ah ! Faut-il que j’ai la tête à l’évent, j’omettais de rester votre obligée pour ce délicieux camée que l’on me fit don de votre part…
Mais assoyez vous sur la causeuse, je vais mander quelques collations…


Merci Séraphine, servez moi un soupçon de ce bon vin, avec un morceau de sucre Candi, je m’en irai peut-être y tremper un canard…Vous pouvez disposer ma bonne, à demain.

Goûtez donc mon cher époux, moi je ne me nourris que de laitage et de fruitage ainsi que me l’a ordonné notre bon docteur. Prenez de ces ravissantes croustilles…
Il me faut vous rendre connaissance, je délaisserai de ces langages affétés, sans vous cachotter.
De vous dire avoir mis un certain temps à réaliser de mes longueries où j’ai quelque peu compassé…Mais n’ayez crainte mon cher époux, vous ne trouverez nulle acrimonie en mes paroles et je ne cesserai de déparler sans usage désultoire. Mais, ne semblez pas ébaudi en mes propos, je ne veux à aucun point vous contrister.
Lorsque l’on vint me quérir au couvent en me révélant vos vœux d’épousailles, je pensais que vous éprouviez quelques penchants à mon encontre et je me crus en sauveté.
Las ! Cette jeune ingénue que je fus ne vit que bien trop la mésavenance de cette union…Ah ! Cette parentèle aristocratique gouvernée pour l’arrangement de leurs affaires !
Le soir même de nos noces, alors que les agapes ne fussent achevées, vous me fîtes reconduire en mes appartements, en l’obligeance de m’accorder quelque repos.
La souvenance de votre gouvernante m’ôtant et emportant ma robe de mariée, me laissant revêtir seule ces atournements que j’aimais à broder lorsque je fus au couvent, que j’avais adonisés de si tendres affiquets…
Et le cœur en émoi, n’osant entrer en ces draps inconnus, de voir le jour peu à peu paraître…Il me fut impossible de m’assommeiller.
Et de se croiser au temps de vos soupers sans que vous ne posâtes sur moi la moindre compassion. Je vous entendais rire à vos amis « Oh, ma femme n’est guère difficulteuse ! »
L’oie blanche que je fus de comprendre combien vous jouiez sur mon ingénuité…


Et de vous entrevoir dans les corridors trousser, affourcher vos salissons de servantes alors que vous boudiez la chambre de votre jeune et respectable épouse.
Certes, cet état me rendit languide, toute marrie et guère amusable.
Le château de la Saubrière ne me semblait que crapaudière où vous ne faisiez que de me mésuser.
Je ne pouvais plus encore passer ma vie à bibeloter, à me brelauder…Que je me confisse dans la solitude m’aurait entrainée vers quelque affligement fatal .Et cette souffrance de pernacité fiévreuse de me tendre en sentimentalité de haine et de vengeance.
Puis le temps a mis quelque allégeance à mes douleurs alors que vous gourmandiez ma dote en véritable dissipateur…
J’avais d’agréables causeries sans nul éclabaudage avec ce bon Abbé de la Rochecombes.
De cette honorable accointance, il m’invita à m’épancher en amusoire vers la littérature, et j’ai mis quelques dilections à proser, à écrire romanceries et rimailles…Oui certes, en gâte papier…
Mais je confidentais de très près avec ce fidèle ami, et lui de me patrociner, de m’être si affidé…Nous usions de conversations les plus régalantes.
Face à vos forfaitures et doubleries constantes, l’idée de me revancher…Mais ne vous mettez pas à verbiager, très cher époux ! Pour votre gouverne je n’ai encore achevé !
Reprenez donc un verre de ce délicieux breuvage, gorgé du soleil de votre beau domaine…
Lorsque je me fus retrouvée grosse, alors que vous ne m’aviez jamais honorée, je ne voulu être source de bavarderies.
Alors notre bon Abbé, Alexandre Marie de la Rochecombes, vous mena sans difficulté à quelque beuverie.
Nous vous dévêtissames et vous couchâmes dans ce lit qui se vouait d’être conjugal. Vous ronflâtes comme un cochon et au tard matin vous vous éveillâtes à mes côtés…Avec nulle réminiscence…
Et oui, mon cher et tendre comte Xavier Edouard de la Saubrière, la farce est jouée pour vous !
Ce doux nectar était empoisonné…par les bons soins de ce si gentil Abbé, mon amant et père de ce bel enfant.
Mais vous êtes pâle, vous convulsez, vous succombez !


Enfin veuve ! Me voilà libérée de toute emprise. Combien a-il été charmant de me confesser !
Mes lendemains s’annoncent des plus ravissants!



*********



Ces faits, rapportés par ma mère qui les détenait de sa mère, qui elle-même les détenait de sa mère… retracent une page de vie de mon ailleule, la comtesse Amélie Honorine de la Saubrière.

Ne vous méprenez pas...cette nouvelle n'est que pure fiction
 
Dame..Mumu comme pour Guy .
.je m'esclafate de vos griffes si bien prosées..
Fiction.?
.Une situation à la fois sérieuse et grotesque ..
Que bon nombre de nos ailleules ont du surmonter
Ah ! Les hommes et leur droit de cuissage..!
Mon Grand- Pére culbutait ses servantes sur des tonneaux de biére
..en gros bourgeois qu'il était..!!
c'était entre... 1890 -1920..
la belle ouvrage que vous nous fîtes là..

J'apprécie beaucoup le Vieux Français..
C'est que vous le mainpulates aisé ..
Bravo Dame Mumu

Damoiselle Jojo
 
Joli texte, bien dans l'écriture du temps passé
les sentiments restent les mêmes... Amitiés
 
Magnifique madame la comtesse......Un bien joli conte que cette histoire là et fort bien conter......
Bisous mon amie vous compter pour moi.....
 
Eh bien tu es la reine de la fiction et je te décerne la médaille de la noble et talentueuse poétesse.....Ce fut un régal de te lire....Bisous...Lys
 
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