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Nous marchons, appuyées contre la cathédrale de la lune

rivière

Maître Poète
Nous marchons, appuyées contre la cathédrale de la lune

Le Loir aspire le sang du soir,
les bocages se drapent
dans de grands voiles noirs,

les rossignols ne nous bercent plus de leurs chants mélodieux,
nous marchons lentement,
main dans la main,

appuyées contre la cathédrale de la lune,
le vent soulève parfois nos longues chevelures d’ébène,
et les mêlent.

Ô ma Douce, ma Maîtresse,
sens-tu la profondeur de mon amour
quand je te récite des strophes d’or saphiques,

et que je te distille d’énervantes caresses ?
J’aime le soleil de tes émois,
la splendeur de tes seins pigeonnants, fiers et lourds,

qui bougent à chacun de tes mouvements,
les flambeaux printaniers des chênes se balancent,
les mousses dorment dans les chemins creux,

l’haleine des cieux ne trouble pas notre marche.
Je te quitte parfois
pour cueillir des violettes et des lys

que je t’offre à genoux,
ô ma Fée, mon Impératrice de douceur,
toi qui bénis dessus le balcon des étoiles,

les lucioles et la sève des langueurs.
Nous approchons maintenant de notre chambre,
ce soir, comme auparavant,

je te posséderai,
je veux redécouvrir l’hermine de ton pertuis,
entendre tes râles d’amour déchirer

la soie des ténèbres jusqu’à l’aurore,
afin que tu reposes, lascive et tendre,
dans la crique de mes bras !

Sophie Rivière
 
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