NEIGE EN PROVENCE
Lorsque tombe la neige sur le marbre des tombes,
Qu'une froide blancheur illumine la nuit,
Qu'un linceul livide recouvre les terres,
La vie se fige s'endigue s'engonce en ce suaire,
S'endort en de nivéale catalepsie,
Frissonnant en l'antre gacial des catacombes.
Lorsqu'aux mâtines de part mes fenêtres embuées,
L'horizon familier s'épure d'inconnu
En une lactescence pâle et chancelante,
Le silence déploie le velours de sa mante
Étouffant l'écho des voix des souffles des nues
En un halo de glace d'opaline éthérée.
Vision féerique d'arborescences nimbées,
De branches emprisonnées en écrin de cristal,
De psychés de diamant pleurant des chéneaux.
Cette couche d'hermine, baldaquin de cristaux
Ne peuvent être souillés de mes pas de vandales,
Laissons donc l'Immaculé...s'immobiliser...
Aux sortirs de cette rêverie pesante
L'obscurité blafarde se fait entendre.
Dès câbles concassés ressortent les bougies.
Chemin impraticable, bloquée en mon logis,
Nulle lumière au lointain, rien à surpendre,
Isolée de tout, la mort semble présente.
Aux lendemains verglas et mistral s'incrustent.
La neige devenue compacte se refuse
A mes jeux de naguère, à mes combats d'enfant.
Elle me murmure les âtres au bois crépitant,
De la chaleur rouge, confuse, diffuse
Mes aïeux veillaient, frustres...mais si Augustes...