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Nathanaël

mithrandir93

Nouveau poète
Nathanaël est perdu dans ses pensées,
Il ne parle pas, ne souris pas, ne pleure pas.
Ses sujets le harcèlent de questions auxquelles il ne répondra pas
Et s’inquiète pour lui, comme d’un condamné.

Ils lui amènent les plus belles femmes du pays,
Qui le courtisent comme personne ne le ferait,
Mais il ne lève les yeux sur aucun des corps de fées
Et, comme la pierre, scrute l’horizon de ses yeux gris.

Un nouvel essai de ses manants se fit,
Devant lui se dressa tout l’or et tous les joyaux de son royaume,
Hélas, Nathanaël, sous les regards soucieux, ne réagit,
Et, comme précédemment, fixe les maisons de chaume.

Ainsi, les meilleurs guerriers, les plus beaux hommes,
Les plus grands animaux, et les pitances les plus fournies,
Défilèrent, comme poussière, sous ses yeux sans vie,
Laissant aux portes du palais des richesses dignes de Rome.

Lorsque l’un de ses sujets pris le courage
De demander, comme il fut sage,
Ce que son bon roi désirait comme biens,
Ce dernier lui répondit d’une voix à peine audible : “ Rien ”.

“ Rien ”, un rien d’une telle tristesse, d’une telle détresse,
Endeuilla le peuple, et le plongea dans une grande incompréhension,
Le roi, alors, pour expliquer son chagrin et baisser les tentions,
Fit un discours qui manquait gravement d’allégresse :

« Je n’attend rien de l’homme, mortel,
Et rien de ce qui existe sur cette terre ne me rendras ma joie,
Car je demande vérité, sagesse et foi,
Ce que l’homme a perdu dans la bêtise éternelle. »

Sur ce discours, le roi, de sa grande cape vermeille
Tira une superbe dague qui reflétait le soleil,
Et se poignarda devant la foule hébétée.
Ainsi finit Nathanaël, Roi incompris et blessé.
 
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