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Mort d’un homme

bouloche

Grand poète
Hp 1980, Mort d’un homme
Hôpital psychiatrique

La terre nocturne
Baigné de sueur
Un homme s’y noie
Les mots…

Morts dans ces jardins d’eucalyptus,
Le linge sale aux abords des massifs,
Une main se tend, dans les fourrés,
Un regard, des caresses se volent.

Les mots, c’est au dedans
Qu’ils sont les plus forts,
Ils frappent, ils cognent,
Aveugles aux murs d’asiles
Dans les chambres sourdes.

Un homme y repose,
Sanglote en silence
Un homme venu des villes
Exclu des gares et parkings.

La lune blafarde s’épanche
Sur la toile du lit hérissée
De doigts impatients.
Il gît muet, le regard docile.

On le tourne, on le prend,
On le pourfend par derrière
Entre les jambes en son fondement
La blessure saigne.

Sur son visage bruinent encore
Les sédiments nacrés du crépuscule
Les empreintes brunes de sang
Le gout acre des larmes…

La douleur, les bruits la colère
Sur lui n’ont plus prise,
Le mal absent du ventre
Et du cœur, il meurt.
 
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