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Mon combat 3

Moi-même

Maître Poète
Mon combat 3


Je ne suis pas foutue de construire un avenir, je sais au moins écrire.
Écrire mon incapacité, mon infériorité, ma lâcheté, mes plaintes répétées.
Écrire ma vie qui dérape, l'avenir qui m'échappe, la mort qui me rattrape.
La douleur parasite qui me ronge l'intérieur, ne me lâche plus ; tenace, coriace, le temps passe, toujours sur mes traces, me menace, jamais ne s'en lasse, tout ça me dépasse, je tombe à la ramasse.
Je tombe au fond du gouffre, je souffre. Si tu savais comme je souffre. J'étouffe, en manque d'air mon souffle cherche difficilement de l'oxygène, si tu savais comme j'ai la haine d'être envahie par tant de peine, de ne jamais pouvoir me sentir sereine.
Mon cœur saigne abondamment, de multiples contusions, sur la table d'opération, il faut trouver une solution, il faut stopper l'hémorragie, il faut lui sauver la vie, il faut faire quelque chose à tout prix !
Ma naissance, une erreur, une chance ? Je fais acte de présence malgré mon absence. Mon esprit ailleurs, à l'écart de la réalité ; esprit torturé, jamais reposé, voudrait juste retrouver la paix. Les yeux dans le vide, humides, pensées morbides, sordides, j'ai la tête à l'envers, projets suicidaires, y a plus rien à faire, tout va de travers, je suis à bout de nerfs.
Pensées qui m'obsèdent, j'ai besoin d'aide, comment je procède ? La montée qui mène à la sortie de secours est raide, je grimpe, jusqu'en haut il faut que j'accède, mais l'échéance plus entraînée me précède, m'avouant déjà vaincue, je cède.
En pleine crise, la souffrance m'a prise sous son emprise, elle me méprise, me maîtrise.
De quoi devenir complètement folle, vraiment ça me désole, je m'isole, y en a ras le bol.
Elle m'attaque, me laisse des marques, patraque, je craque.
Tout autour de moi devient cendres, on me dit que je dois apprendre à me reprendre en main, la vie n'est pas tendre, plus rien ne pourra me surprendre et mon sourire plus rien ne pourra me le rendre.
La vie c'est moche, je m'accroche et puis quelques instants plus tard déjà je décroche, je me rapproche de la fin, lâchement je décroche ce que souvent l'on me reproche, mais pour le moment je suis encore en vie grâce à l'amour de mes proches.
Les rêves au fond du placard, je n'y vois plus rien dans ce brouillard ; arrive le soir, où je m'endors partie pour une nuit de sommeil, en mode veille, loin de la réalité, cette réalité qui m'effraie ; puis arrive le lendemain matin, aussi mal que la veille, réveillée à nouveau dans mon cauchemar quotidien, la tête pleine, ce sang glacé dans mes veines, au fond de moi cette satanée souffrance malsaine, elle a planté sa graine et sans gêne se prend pour la reine.
Face à mes tourments je perds du temps, je perds du sang, le vent commence à se lever doucement, s'annonce puissant, l'océan s'agite violemment, l'orage gronde brutalement ; mon ciel couvert de sombres nuages, la pluie fracassante détruit tout sur son passage, inonde ce qu'était le paisible paysage, dans ce naufrage tant bien que mal je nage, le chaos se propage, je n'atteins malheureusement pas la bouée de sauvetage.
Épuisée, je me laisse me noyer, couler, je me laisse aller au fond, tout au fond, je n'ai plus d'autres options, triste conviction, plus aucune raison de résister, à quoi bon ?
La vie n'est pas rose, la mienne est morose, ça y est j'ai eu ma dose, jamais de pause, j'ai ma tête qui explose, je suppose qu'on ne peut plus rien faire, quelque chose s'y oppose.
Je n'ai plus d'ailes, danger réel, chute accidentelle, contaminée par un poison mortel, je suis condamnée à un destin cruel.
Je baisse les armes, je claque la porte, j'abandonne en quelque sorte, de toute façon je suis déjà morte, eh oui, je ne suis pas forte.
Ma vie est un enfer, les flammes me brûlent la peau, il me faudrait de l'eau, beaucoup d'eau. Les secours ne sont pas arrivés assez tôt, me voilà désormais carbonisée jusqu'aux os.


CynThia
 
Dernière édition:
Quelle tirade !!!
J'ai été happée par ce monologue... habilement déroulé... et parsemé de rimes de bout en bout...
Tu sais que tu as du talent...
 
Une prose bien romantique bien qu'émanant de la souffrance, presque du désespoir... la solitude souvent nous met dans cet état
pouvoir l'exprimer ( et aussi bien ) est un pansement sur l:a plaie qui ne veut pas se refermer...comme l'écrit Glycine, je salue
aussi ton talent !
Amicalement
 
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