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mon . . . bout du monde !

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Casbadji
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Casbadji

Nouveau poète
MON . . . BOUT DU MONDE

Quand on reste dans la grisaille
A rêvasser dos aux murailles
Sans avenir et sans travail
Ca vous torture jusqu'aux entrailles
J'ai même les nerfs à fleur de peau
Quand par poisse; ou manque de pot
On me condamne au long repos
Ou au chômage, c'est l'même topo
J'ai tant rêvé d'être un matelot
Sur un bateau voguant à flot
Etre un marin, brave et réglo
Comme l'exige ce vieux boulot

Mais j'n'ai trouvé qu'indifférence
Auprès de toutes les instances,
Autorités et compétences
A ma détresse et ma souffrance
Car même pour faire le marmiton,
Homme de peine ou bien planton
Il faut avoir un gros piston,
Des relations et des "boutons"
Je vous l'avoue en aparté
Que le chômage m'a tout gâté
Fierté, orgueil, moralité
Ainsi qu'les liens de parenté
Ce n'est pas là, une invention
Mais, c'est qu'chez moi, j'ai ma ration
Biquotidienne de cette potion
Faîte de brimades et vexations
On blesse toujours ma dignité
Quand; sur un ton de cruauté
On ne cesse pas de m'répéter
Que je ne suis qu'un vrai raté
Comme si j'étais, moi le fautif
On me reproche d'être oisif,
D'être un chômeur; mou et passif
Juste un gros tube digestif
Le dos au mur tout lézardé
Je passe mon temps à musarder
A deviser, à bavarder
Sur les moyens de m'évader
Vraiment, je ne sais pas quoi faire
Pour échapper à cet enfer
Où les uns montent de bonnes affaires
Pendant qu'les autres croisent feux et fers
Mes frustrations comme elles abondent,
Alors j'en veux à tout le monde
A la misère, la fille féconde
De l'injustice, cette bête immonde
Et quand vient l'heure de la mangeaille
A la maison; c'est la pagaille
Un vrai boucan d'une rude bataille
Où volent en l'air verres et ferraille
Mais...même si ce n'est pas le rôti,
C'est qu'à la fin, je m'fais tout p'tit
Pour grignoter sans appétit
Quelques fayots ou spaghetti
Ma morne vie, elle se résume
A ma jeunesse qui se consume
Entre le marteau et son enclume
Dans ce royaume de l'amertume
Paraît qu'un monde existe ailleurs
Derrière la mer; bien plus meilleur
L'Eldorado où le bonheur
Est juste au bout...de la sueur
On dit aussi qu' y a des contrées,
Si magnifiques et pleines d'attraits
Pour la jeunesse, sauf que l'entrée
Est interdite à mon portrait
Pourtant je n'ai rien d'un suspect
Ni d'un loubard, malgré l'aspect
Je suis plutôt, jeune homme de paix
Aspirant vivre dans le respect
Mais l'bout du monde a son butoir
C'est mon quartier, ce purgatoire
Juste le mur face au trottoir;
Là où j'm'adosse matin et soir


MERZAK OUABED
Alger, 1996
 
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