Mon âme s'endort...
La sentence tombe, tranchante telle une faux,
Ma mort vient d'être programmée, je défaille...
Le cachot est froid, j'entends couler de l'eau...
Mon corps se dérobe, je m''affaisse sur la paille...
Le ciel pleure, et moi je reste immobile, figée.
Serait-ce possible ? ne plus voir se lever le jour...
Mais qu'ai-je donc fais pour être condamnée ?
Je défends la foi, on m’ôte la vie pour toujours...
Au nom de quoi vont-ils me jeter dans l'arène ?
Moi, Fabiola la romaine je supplie le très haut
De venir briser le fer pesant de mes chaînes,
Seigneur, pour cette mort, il est bien trop tôt !
La nuit est longue, dans ma tête tout s'embrouille,
Ma vie je la revois à l'envers, je parle à ma mère,
A travers moi, c'est tout un peuple qu'on souille,
Les lions, de ma chair, n'auront que festin amer...
Et je prie, je prie pour ne pas entendre les cris
Des condamnés jetés dans l'enclave des fauves,
Pour ne pas entendre les hurlements, je prie...
Dieu de miséricorde, laisse-moi la vie sauve !
Le soleil pointe son nez à travers les barreaux,
J'entends la lourde porte de l'enfer qui s'ouvre,
J'imagine déjà mon corps qui part en lambeaux,
La foule romaine en délire...Ma tête je couvre...
Puisque je dois mourir, allons vers le supplice !
Comme j'ai peur seigneur, je t'en prie aide-moi,
On m'attache au poteau de bois, mon âme glisse
Vers les prairies enchantées délestant ma croix..
Les lions rôdent, l'arène s'emplit de clameurs.
Tout à coup le silence s'installe, pas un souffle.
Les fauves à mes pieds se couchent protecteurs,
Ils viennent de me sauver la vie, de joie, j'étouffe...
L'empereur acquiesce, je suis libre de repartir,
Je sens mes forces qui m'abandonnent, je pleure,
Pleure pour ceux, hélas ! Ceux qui vont mourir...
Les yeux levés au ciel, je dis merci au créateur...
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