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Minuit tous les maux sont gris

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion EmyLily
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EmyLily

Nouveau poète
La nuit est tombée, l’appartement a revêtu son habit noir.
Il est temps ! Maux anciens jaillissent de ma mémoire.
Les souvenirs me bousculent, les regrets me stimulent.
Des mots s’esquissent. Quelques beaux vers que j’assume.
Alors mes mains tremblantes prennent contrôle de ma plume
Tandis que mon cœur se laisse aller aux premières confidences.
Peut-être bien tardivement, émergent de tout ce grand silence
Mon âme de poète ressurgit dans cette obscurité clémente
Sur cette feuille blanche, mes pensées s’entrechoquent, se poétisent
Et sous mes yeux ébahis ce poème pour toi se concrétise.

Faits divers contemporain, histoire de deux gamins
Ayant le même père pour seul point commun.
Un même nom, même racine pour deux visages distincts
Deux prénoms gravés malgré tout sur un même parchemin
Tu naîtras d’une première union, et moi de seconde main
Tu grandiras seul loin de notre père, et moi loin de toi mon frère
Quelques années nous séparent ! Chacun son destin, son univers
Trop jeune pour comprendre, je clamais ton retour dans mes prières
Acte volontaire malsain d’adultes médisants, malveillants à nos égards
Laissant pourtant des traces à vie dans nos cœurs bien noirs


Peu de souvenirs dans ma mémoire fatiguée
De ce temps à te chercher sans jamais te trouver
Défaites en déceptions, mes armes baissées, les larmes coulaient.
Alors, je me contentais des vacances d’été à courir, jouer et se marrer
Dans le jardin verdoyant de rire, d’amour et de joie, de notre Pépé
Septembre approchait, l’attente du prochain été, je patientais
Puis tu as grandi, tu ne venais plus en vacances dans le Loiret
J’y étais toujours pourtant et toujours déçue et triste, je t’espérais
Mais il a fallu qu’à mon tour, je grandisse et me fasse à leur pensée
De cette raison imposée, c’est à Mémé que je prenais des nouvelles
Larmes, désillusions, un manque mais pire fut l’absence trop cruelle
C’est dans la poésie que je me suis réfugiée, mes bouffées d’oxygène.

Souvenir d’un diner dont la froideur rend encore mon sang violet
J’ai compris ce soir-là la cause réelle de ton absence, celle qui t’ignorait
Et j’eue le sentiment, à cause de ma mère, de te perdre à tout jamais
Puis, vint quelques courriers que l’on a échangé où je t’ai blessé
Mauvaise version, manipulation, mots soufflés par mes aînés
Fautive malgré tout, sincère regret, mes excuses après bien des années
Mais tu vois, le pire dans tout ça, c’est ma culpabilité
Cette mauvaise impression de t’avoir volé le père qui t’a manqué
Celui qui aurait pu sécher tes larmes d’enfants, celui qui t’aurait écouté
Celui pour qui tu aurais tant compté et qui t’aurais vraiment aimé …
Trop de culpabilité en moi, si tu savais… Honte à ceux qui m’ont élevé
De tout ce mal entre autre que cette histoire nous a infligé

Mais j’étais trop jeune et déjà bien d’autres souffrances
Il fallait que je garde mon énergie à d’autres batailles, mes errances
Comme pour survivre, j’écrivais bien des poèmes dans mes urgences
Sentant l’odeur de la mort me rodant autour, dans bien des pleurs
D’espoir en désespoir, je tentais de survivre à bien des malheurs
Qu’enfant on doit garder bien au chaud, au plus profond de son cœur
Sans que personne ne puisse trouver la clef de ce triste jardin secret
Bien que ces secrets auraient pu être, auprès d’un frère, avoués …
Mais il en sera rien, au fond de moi, ton absence restait à combler
Sais-tu que toute ma vie, parmi nous, comme un frère, je te dénombrais ?
Sais-tu que tout bas, je t’espérais et que je t’ai toujours aimé ?
Sais-tu à quel point j’aurai aimé grandir à tes côtés ? …. Trop de regrets …

A 30 ans, je suis femme et mère, créatrice de mon univers,
Un monde d’amour et de poésie, ou il reste, après mes guerres
Une absence qui s’abime dans mon cœur, le besoin de toi mon frère
Je ne blablaterai sur les méfaits et les erreurs de mes parents
Même si j’en pense pas moins, je leur réserve mes foudres d’enfant
Et bien que j’aie souffert, je préfère regarder en avant
Mais je n’oublie rien, complice mes vieux, je leur dédie mon amertume
Lorsque je ressors ma plume pour écrire lorsque mon cœur s’enrhume
Parce qu’ils ont su plongé ma vie dans cette épaisse brume…
Plus jeune, j’ai péri et il m’a fallu du temps pour grandir, méditer
Je me suis reconstruite et je suis prête à une histoire de fraternité
J’ai 30 ans, et plus vraiment de temps à perdre dans des batailles insensées.


Histoire d’un frère et d’une sœur, bien plus qu’un conte actuel
Deux adultes différents, deux histoires en parallèle
Même sang pour une même fratrie avec le même paternel
Voici ce qu’on peut retenir de ce lien-ci. Simple conclusion.
Je reviens à toi avec toute ma raison, sans pression
Je veux apprendre à t’aimer mon frère sans mensonge sans illusion
Et bien que j’aie peur du rejet ou bien du ridicule, j’ai osé t’écrire
Te faire entrer dans mon esprit, mon cœur et ma bulle pour te dire
Toute ton importance même si je sais que la vraie difficulté, notre avenir
Qu’il va falloir bâtir de notre propre gré sans aucun regret
Dans l’amour, la joie, le respect et bien sur la paix
Pour que nos deux prénoms soient enfin gravés au mot fraternité.
 
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