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Magellan revisité (1480-1521)

Filiatus

Maître Poète
Loin de la valise en carton
Loin des soucis d'émigration
Loin des petits poils au menton
Des ravissantes midinettes

Plus que le roi Alphonse XIII
Bien plus qu'Amalia Rodriguez
C'est une gloire portugaise
Connu de toute la planète

Je veux parler de Magellan
En français prénommé Fernand
Où "Fernando" en castillan
Le célèbre navigateur

Qui vogua sur toutes les mers
Pour faire le tour de la terre
Durant toute une vie entière
Et qui mourut sous l'équateur

Fernand serait né vers la fin
De mil quatre cent quatre-vingts
Dans un lieu qui est incertain
Situé au nord du Portugal

Ses parents sont des grands bourgeois
Qui le placent à "Lisboa"
Comme page à la cour du roi
Pour ces gens là, c'est capital

À vingt ans Fernand est chargé
En tant que nouvel officier
Rapidement de seconder
Un vieux capitaine au long cours

Cette première expédition
Fait germer en lui la passion
Des lointaines destinations
Vers les pays de ses amours

Tantôt sur la côte africaine
Où tantôt sur la côte indienne
Il traite avec les indigènes
Pour rapporter or ou épices

Mais c'est surtout à Malacca
Où Tamouls, Javanais, Chinois
Vivent en paix dans le détroit
Que ses voyages aboutissent

En mil cinq cent-douze, il remballe
Et dans un trajet sans escale
Il regagne le Portugal
Où durant six mois "c'est la ouate"

Il est blessé en cinq cent-treize
À la jambe, tout près de Fez
Malheureusement, sans prothèse
"Ad vitam æternam", il boîte

Mais cela ne l'empêche pas
D'avoir un projet immédiat
Dont il ne parle pas au roi
Qui n'apprécie pas son commerce

C'est une course autour du monde
Pour prouver à ces têtes blondes
Que la terre est pleinement ronde
Le projet que le marin berce

Pendant deux ans Fernand prépare
En Espagne le grand départ
Et pour se donner de l'espoir
Il s'unit avec Béatrice

Charles-Quint le fait commandeur
Puis enfin lorsque sonne l'heure
On lui fait une haie d'honneur
Et aussi un feu d'artifice

Cinq navires pour trois cents hommes
Soixante par bateau en somme
Celui de Magellan se nomme
Le Trinidad du nom de l'île

Après les Canaries, l'Afrique
La traversée de l'Atlantique
Dans des conditions chaotiques
Les marins touchent le Brésil

Ils passent l'hiver à Rio
Pas sur la plage au sable chaud
Mais sur le pont de leur bateau
Car dangereux est le rivage

Dès le printemps mil cinq cent-vingt
Longeant le rivage argentin
Magellan cherche son chemin
Mais ne trouvant point de passage

Trois équipages se mutinent
Et de peur qu'on ne l'assassine
Il fait tirer les carabines
Et reprend enfin le dessus

Lors, au bout d'un mois ou deux
Trois bateaux, excusez du peu
Parviennent en Terre de Feu
Pour poursuivre vers l'inconnu

Pendant quatre mois ils vont suivre
La route que les cieux leur livrent
Même s'ils n'ont que peu de vivres
Et que s'invite le scorbut

Peu avant que n'éclate un drame
Apercevant l'île de Guam
Le grand navigateur s'exclame :
"Nous avons atteint notre but !"

Poussé par la brise marine
La flotte, en glissant, s'achemine
Vers les paisibles Philippines
Que jadis il fréquentait tant

Mais en chemin il fait escale
Sur une île peu amicale
Où il exige, erreur fatale
De soumettre les habitants

Il s'ensuit une échauffourée
Entre soixante Portugais
Et de nombreux guerriers Malais
Surgissant à chaque seconde

C'est là que le grand Fernando
D'une flèche dans le dos
Quitte la vie un peu trop tôt
Pour valider son tour du monde
 
J'avais commencé ce poème en 2015. En le terminant, je me suis aperçu que les vers n'étaient pas "embrassés", comme je les pratique habituellement. J'ai failli renoncer à poursuivre cette gymnastique. Ouf, c'est fini. Ce style est trop particulier pour exprimer de véritables idées. Toutefois il est recommandé pour les chansons de variété, voire humoristiques.
 
Tous vos portraits devraient être lus dans les écoles pour remplacer les cours d'histoire...
Joindre l'utile à l'agréable, ce serait merveilleux !
Bravo et Merci !
 
Dernière édition:
J'ai bien aimé votre "travail" ou recherche des rimes par quatrain, octosyllabe intéressant, la richesse du texte est des plus croustillants. Le plus dur a été d'insérer les dates en omettant les mille dans certaines strophes, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour en comprendre le sens, quand j'ai enfin compris que la cause était dû à l'octosyllabique des vers qui imposait d'effacer les mille des dates.

Mais, on peut dire qu'il y a de l'ingéniosité dans ce poème sur Magellan.
 
à chaque écrit, je découvre un personnage de l'histoire dont j'ai un peu appris mais pas toujours compris durant mes cours d'histoire....continue ainsi, cher poète. Bravo.
 
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